Folashadé Soule-Kohndou

Folashadé Soule-Kohndou

Portrait d'une enseignante internationale
  • Folashadé SOULE–KOHNDOUFolashadé SOULE–KOHNDOU

Quel a été votre parcours personnel et académique ?

Je suis née aux Pays-Bas, d’un père Béninois et d’une mère Néerlandaise originaire du Surinam. J’ai fréquenté le système scolaire primaire néerlandais, puis le secondaire francophone au Bénin, en suivant mes parents dans leurs différentes affectations professionnelles internationales. J’ai passé mon Baccalauréat en France et obtenu une licence de droit à l’Université Paris Ouest Nanterre-La Défense. A l’issue de ces études juridiques, je souhaitais poursuivre ma formation en lui donnant une dimension d’ouverture et de pluridisciplinarité : j’ai donc opté en septembre 2008 pour le Master Recherche Science Politique, mention Relations internationales, à Sciences Po.

J’y ai immédiatement trouvé l’environnement intellectuel que je cherchais. A ce moment-là, le concept d’émergence, initialement réservé aux milieux financiers et commerciaux, faisait progressivement l’objet d’analyses dans la discipline des relations internationales. Dans le cadre de mon mémoire de recherche, je me suis intéressée plus particulièrement à une puissance dont on parlait peu, l’Afrique du Sud, et aux processus et outils que ce pays a mobilisé afin de se construire une identité de « puissance » émergente, qui passe entre autres par une stratégie de diplomatie de club, avec l’Inde, la Chine, la Russie et le Brésil.

Poursuivant ces travaux par une thèse dirigée par le Professeur Badie, j’ai effectué des séjours de recherche de terrain au Brésil, en Afrique du Sud et en Inde, ainsi qu’à l’ONU à New-York, et un séjour de recherche scientifique à l’Université d’Oxford. J’ai soutenu ma thèse en mai 2014. J’ai ensuite rejoint la London School of Economics (LSE) dans le cadre d’un contrat post-doctoral.

Comment décririez-vous votre expérience d’enseignement

J’ai commencé à enseigner à Sciences Po pendant que je préparais ma thèse de doctorat : dans un premier temps au sein de l’École des affaires internationales (PSIA), comme tutrice et assistante d’enseignement puis, pour les élèves de 2ème année du Collège universitaire à Paris, comme maître de conférences associée au cours magistral “Espace mondial” du Professeur Badie. J’ai particulièrement apprécié l’organisation très structurée de ce module, qui nous donnait l’occasion d’échanger régulièrement entre enseignants autour du Professeur Badie, avec les délégués étudiants et avec l’Atelier de Cartographie de Sciences Po.

Au prochain semestre, je donnerai sur le campus de Reims un cours magistral en anglais, pour les étudiants du programme Europe-Afrique. Il portera sur l’Afrique dans les relations internationales et entend transmettre aux étudiants, à travers des études de cas, les différentes pratiques de politique étrangère utilisées par les acteurs africains dans le système international (négociations multilatérales, résolution de conflits, relations avec les BRICs etc..)

Ce semestre, j’enseigne aux niveaux licence et master à l’Institut Catholique de Paris, à l’Université de Lille II et à l’Université Paris XIII.

Il s’agit d’expériences d’enseignement très différentes et qui correspondent à mon goût de me confronter à des publics divers et de répondre à des besoins spécifiques. Dans l’ensemble, je retire de cette expérience le partage des connaissances et l’apprentissage mutuel qui me nourrit et m’enrichit. Avec, pour Sciences Po, une dimension personnelle particulière, car y enseigner est pour moi une manière de redonner un peu de ce que j’ai reçu.

Comment décririez-vous les étudiants de Sciences Po ?

Les étudiants de Sciences Po se révèlent particulièrement cultivés, participatifs et curieux, même si leur niveau s’avère parfois hétérogène. La présence d’élèves internationaux, qui constitue un apport très riche dans ma discipline, nécessite une prise en charge additionnelle qu’il ne faut pas négliger.

J’ai à cœur de donner à tous des outils pour qu’ils puissent mobiliser efficacement leurs connaissances et mener une analyse pluridisciplinaire.

Quelles sont vos méthodes pédagogiques ?

Je tiens particulièrement à développer leur esprit critique et leur demande systématiquement de réagir de façon constructive après les exposés de leurs camarades. Cela les oblige d’abord à affûter leur jugement, mais aussi à accepter et à recevoir la contradiction. Il me semble qu’il est particulièrement fécond de faire évaluer et analyser les travaux des étudiants par leurs pairs : cette démarche, qui nécessite au début un accompagnement, est appréciée des étudiants, qui se plient volontiers à un jeu qui les place en situation d’acteurs.

Par ailleurs, j’attends de mes élèves qu’ils ne se cantonnent pas à une attitude d’étude de «surface» qui consisterait à se contenter de restituer ce que j’ai pu leur transmettre : je leur demande, pour chaque exercice, d’aller au-delà de ce qui a été vu en cours, et de mobiliser d’autres sources.

Comment la recherche irrigue-t-elle votre enseignement ?

Ma démarche de recherche repose principalement sur l’empirisme, méthode que je mets à profit dans mes enseignements.

Les relations internationales sont une discipline en mouvement perpétuel et l’actualité vient constamment l’interroger et l’enrichir, ce qui la rend particulièrement vivante. Les étudiants sont généralement demandeurs d’éclairages sur l’actualité et mon rôle d’enseignante est de leur apprendre à adopter la démarche scientifique, analytique et pluridisciplinaire, qui leur permettra de se construire leur propre analyse et jugement.

Paris, novembre 2015

Biographie

Folashadé Soule-Kohndou est chercheuse post-doctorante  au département des Relations Internationales de la London School of Economics (LSE) (dir. Pr. Chris Alden) et chercheuse associée  au Global Economic Governance programme de l'Université d'Oxford.

Docteure en science politique, mention relations internationales de l'IEP de Paris, Elle a soutenu sa thèse en 2014 sur le thème "Les "clubs" de puissances "émergentes", fonctions objectives et usages stratégiques : le cas du forum de dialogue IBAS (Inde-Brésil-Afrique du Sud)", sous la direction de Bertrand Badie, Professeur à Sciences Po.

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