Antoine Perrier

Antoine Perrier

reçoit le troisième prix de thèse 2020 du Groupement d'Intérêt Scientifique Moyen-Orient et Mondes Musulmans (GIS-MOMM)
  • Antoine Perrier, troisième prix de thèse 2020 du GIS-MOMMAntoine Perrier, troisième prix de thèse 2020 du GIS-MOMM

pour sa thèse en histoire intitulée « La liberté des protégés. Souverains, ministres et serviteurs des monarchies marocaine et tunisienne sous protectorat français (1881-1956) », soutenue en juin 2019 et menée sous la direction de Paul-André Rosental et M’hamed Oualdi, Professeurs des universités à Sciences Po.

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Antoine Perrier a obtenu un poste de membre à la Casa de Velázquez pour l'année 2020-2021, après avoir enseigné à Sorbonne Université comme ATER. Il est également chercheur associé au Centre d’histoire de Sciences Po et au Centre Jacques Berque (CNRS, Rabat)

Résumé de la thèse :

Les monarchies beylicale et chérifienne sont maintenues par la France lorsqu’elle installe son protectorat en Tunisie (1881) et au Maroc (1912). Ce travail reconstitue l’histoire de leurs institutions politiques et de leurs fonctionnaires confrontés à l’installation d’administrations coloniales. Il entend expliquer comment les monarchies ont réagi à la présence coloniale en s’appuyant sur l’association de deux corpus. Le premier, classique, regroupe les sources coloniales et la documentation juridique pour saisir le protectorat comme objet de droit administratif. Le second, plus inédit, est composé d’archives en langue arabe produites par les souverains, ministres et serviteurs des deux pays. La combinaison des sources permet de comprendre comment deux monarchies polycentriques se sont recomposées face à la domination coloniale. Ce travail montre ainsi que les acteurs marocains et tunisiens ont été les principaux auteurs d’une réforme de la monarchie refusée par les autorités coloniales. Son hypothèse principale est que le caractère mosaïque des monarchies a permis la survie de services publics autonomes sans lesquels les deux pays étaient ingouvernables. Forts de ce rapport de force, les monarques et serviteurs marocains et tunisiens ont pu s’opposer à l’autorité coloniale avec une intensité progressive jusqu’aux indépendances. Ce travail contribue à repenser les limites de « l’État » en contexte nord-africain en mettant en lumière des administrations jusqu’alors ignorées des sources coloniales. Il nourrit également l’histoire comparée d’une monarchie sortie triomphante de la colonisation au Maroc et d’une autre disparue en Tunisie dès la première année de l’indépendance.

 

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[ Juillet 2020 ]

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