Séminaire TransNum

Séminaire TransNum

Journée doctorantes, doctorants - 8 juillet 2020 de 14 à 17h
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Pour la deuxième année, TransNum propose aux doctorants de Sciences Po travaillant sur le numérique de venir présenter et discuter leurs travaux avec d'autres chercheurs et doctorants spécialistes des questions numériques.

Compte-tenu des mesures de distanciation physique toujours en vigueur à Sciences Po, la présentation se fera en ligne sur la plate-forme Zoom.

Résumés des interventions

« T’as vérifié la source ? » La vigilance du public face aux fake news à l’ère du numérique (Manon BERRICHE, médialab)

« Si le phénomène de la désinformation ne cesse de soulever des inquiétudes, dans le débat public, la majorité des études scientifiques montrent que ces craintes sont exagérées. À vrai dire, cela n’est pas sans surprise si l’on met ces récents résultats empiriques en perspective avec les recherches menées en sociologie des médias et de la communication, depuis les années 1940, sur la réception de contenus informationnels, et, plus récemment, en psychologie, sur les mécanismes cognitifs permettant aux individus d’évaluer la qualité épistémique des informations qui leur sont communiquées. Loin d’être absorbées passivement, les informations sont filtrées et réinterprétées par les gens pour devenir ensuite l’objet de discussions, débats ou bavardages auprès des membres de leur réseau relationnel. Seulement voilà. Malgré sa remise en cause, l’idée d’une influence directe et forte des médias sur les individus semble être de nouveau à la page, aujourd’hui, face au déluge d’infoxs qui déferlent de toute part sur les réseaux sociaux, dépourvus de gatekeepers pour leur faire barrage. La reconfiguration de l’espace public engendrée par le numérique aurait complètement dérégulé le marché de l’information, et les internautes, désormais seuls, en proie à leurs biais cognitifs, se feraient piéger par le moindre contenu douteux passant sur leur fil d’actualité. Toutefois, si le développement du numérique a indéniablement bouleversé l’écosystème médiatique, il facilite dans le même temps l’accès de tous à l’information et démultiplie pour les internautes les possibilités de vérification. Ainsi, au lieu de partir de l’hypothèse d’une réception mécanique et crédule des fausses informations par le grand public, cette thèse propose de s’intéresser aux capacités critiques des individus et d’étudier comment ceux-ci peuvent activer des formes de vigilance selon les contextes de communication et les situations de la vie sociale dans lesquels ils se trouvent. »

Parcoursup, l’étudiant, l’ONISEP : Quelles conceptions de l’orientation ? (Marion VALARCHER, OSC)

« Les sites internet sont devenus un passage obligé des pratiques d’orientation des lycéen·nes à tel point que lorsqu’ils et elles disent s’être « renseigné » sur une formation, cela veut presque toujours dire qu’ils l’ont fait via internet. Cela étant dit, les informations qui peuvent être recueillies sur internet sont de natures très différentes et traduisent parfois des conceptions opposées de l’orientation : l’orientation peut parfois être appréhendée comme un ensemble de pratiques très techniques et le site regroupe ainsi un ensemble de conseils pratiques pour écrire une lettre de motivation ou monter un dossier de candidature par exemple. Au contraire, la période d’orientation post-bac peut être présentée comme un moment d’introspection tourné vers la recherche d’un épanouissement personnel. Une recherche en cours a permis d’identifier les trois sites les plus visités par les lycéen·nes lors de leurs recherches en ligne liées à l’orientation : parcoursup.frletudiant.fr et onisep.fr. La présente communication se propose d’identifier les différentes conceptions de l’orientation que véhiculent les trois sites et de mettre ces conceptions en regard avec leurs caractéristiques institutionnelles. Dans une première partie, la communication proposera de définir les statuts de ces différents sites internet et d’éclairer les liens institutionnels qu’ils entretiennent à partir d’une analyse des réseaux de liens des sites. On précisera aussi les caractéristiques sociales des lycéen·nes qui les visitent davantage. L’analyse des structures des sites et en particulier l’étude hypertextuelle de leurs arborescences permettra, dans un deuxième temps, de mettre à jour divers types de préoccupations autour de l’orientation et leur articulation pour chacun des sites. Enfin, l’analyse textuelle de certaines pages particulièrement visitées ⎼ et dont on explicitera le choix ⎼ combinée à une analyse sociologique de contenu permettra de mettre en évidence trois logiques d’orientation concurrentes et qui sont très liées aux caractéristiques institutionnelles des sites. »

Comment aborder les objets connectés sous l’angle de la théorie politique ? (Charles CORVAL, CEVIPOF)

« Internet of things, objets connectés, objets communicants, voire objets intelligents, autant d’expressions censées désigner le déploiement d’un ensemble de technologies de communications automatisées et agissantes. Face à ces perspectives, les sciences humaines et sociales ont favorisé deux approches générales : d’un point de vue descriptif, elles ont essayé de tracer les sociabilités et les formes de gouvernance qui se sont progressivement mises en place autour du « numérique » ; d’un point de vue normatif, les diverses disciplines ont essayé d’établir les risques tant juridiques que psycho-sociaux du développement de ces technologies. L’hypothèse de ce travail est que les objets connectés manifestent un enjeu spécifique par rapport aux autres technologies de l’information. L’idée d’objets connectés radicalise la promesse de l’interconnexion : il ne s’agit plus d’offrir une communication toujours plus directe entre les hommes, mais d’imaginer un monde où l’ensemble des choses seraient reliées les unes aux autres. Une telle idée offre à la théorie politique un questionnement non plus seulement sur la distribution des objets – thème classique de la justice sociale – mais concerne l’influence de leurs qualités sur la vie politique. En prenant au sérieux cette question, l’hypothèse de travail est de réfléchir aux attentes qu’une démocratie peut avoir vis-à-vis de ses objets, cela dans un contexte où trois défis nouveaux se posent à l’économie classique : l’apparition de revendications post-matérialistes, un enchaînement toujours plus insoutenable de crises économiques, et l’horizon d’une catastrophe écologique. En abordant ces enjeux par le prisme des objets et d’un idéal d’interconnexion, la conception d’une norme de responsabilité des êtres humains envers des objets, dont les possibles semblent toujours plus vastes, paraît pouvoir fonder une théorie de la justice. »

La formation d'un marché de la prescription durable sur les réseaux sociaux numériques (Marion MICHEL, CSO)

« La thèse, en sociologie, s'intéresse à la façon dont les entrepreneurs individuels, appelés "influenceurs réseaux" sont recrutés par des organisations - institutionnelles, marchandes, militantes- pour orienter les comportements des individus vers des pratiques durables sur les réseaux sociaux numériques comme Instagram, Youtube, Facebook ou les blogs en créant du contenu (textuel, imagé), en prescrivant des pratiques et des produits à leurs abonnés. »

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