Rencontre avec Ingrid Bernard

Rencontre avec Ingrid Bernard

Diplômée 2014 de l'École de droit
  • Ingrid BernardIngrid Bernard

"J'ai intégré Sciences Po dès le collège universitaire, campus ibéro-américain de Poitiers, afin d'étudier dans une forte ambiance internationale et de bénéficier d'une formation pluridisciplinaire dispensée en plusieurs langues. Pendant le premier cycle, je n'avais pas de projet professionnel précis, si ce n'est que j'étais guidée par l'intuition de me diriger vers le monde de l'industrie et de travailler dans un contexte international. C'est pourquoi j'ai opté pour une troisième année en Argentine en école de commerce.

Puis, c'est au cours du master Droit Économique que je me suis prise de passion pour le droit social et ai démultiplié les stages dans le domaine. J'étais attirée par l'évidente dimension politique de la discipline, séduite par son caractère friable, dichotomique, malléable au gré des évolutions des paradigmes économiques et sociaux. Je m'intéressais à son rapport avec le monde économique.

Pour enrichir cette approche et les expériences pratiques, j'ai complété le cursus de l'École de droit par le Master 2 Développement des Ressources Humaines et Droit Social de la Sorbonne en apprentissage. Ensuite, j'ai choisi d'occuper un premier poste de chargée de relations sociales, au contact quotidien avec les syndicats, pendant 2 ans, chez Goodyear Dunlop.

Puis, j'ai rejoint le Groupe Schneider Electric, notamment pour être au cœur des enjeux de la transformation numérique et en particulier participer aux mutations du travail sous l'impulsion de "l'industrie 4.0". J'y ai d'abord travaillé comme juriste droit social, avant d'évoluer récemment vers le métier de responsable ressources humaines sur une usine labellisée "vitrine industrie du futur".

Les enjeux RH y sont nombreux et encore peu explorés : la digitalisation de l'usine nécessite d'accompagner les équipes vers du "tout numérique", d'anticiper l'évolution imminente des métiers, de rénover les outils de la formation pour développer les compétences plus rapidement… La gestion du changement se traduit par un support quotidien aux opérationnels pour renforcer la culture du lean et déployer les nouveaux procédés industriels au service de business models toujours plus centrés sur le client. Le tout s'articulant avec, en arrière-fond, un droit social décalé sur de nombreux aspects.

Au quotidien, il y a deux défis majeurs. Un premier défi est d'ordre pratique : il faut se mettre au service des activités de production et de ses acteurs de la manière la plus optimale possible, en veillant à minimiser les coûts d'opportunité sur l'activité, tout en apportant des solutions de qualité. Le second défi est d'ordre plus conceptuel : il consiste à s'astreindre à se réinventer en permanence, en mettant en place de nouveaux outils, de nouvelles méthodes pour cultiver, auprès des équipes, l'impulsion du changement pour qu'elles continuent à transformer l'usine et l'adapter aux nouveaux enjeux industriels et numériques.

L'École de droit m'a donné toutes les clés pour construire mon projet professionnel, vivre des expériences professionnelles déjà plutôt variées et croire aux opportunités de l’avenir (devenir responsable de fabrication, à terme, chez Schneider Electric constitue un de mes projets que la formation dispensée à l’Ecole de Droit, qui nous apporte une réelle hauteur de vue et d’utiles soft skills - rend réaliste). Elle nous dote d'un esprit critique particulièrement utile dans la vie professionnelle et offre des opportunités uniques dont il faut se saisir. C'est très certainement le semestre passé à l'École de droit de Harvard qui m'a nourrit d'une impulsion nouvelle et de convictions d'action plus fortes grâce aux nombreuses rencontres avec les étudiants en LLM sur place : ces derniers m'ont fortement marqués par leur volonté d'œuvrer pour transformer le monde et de mettre le droit au service de leur projet. Cela a contribué à me forger une nouvelle idée du droit. Depuis, ma vision du droit social a continument évolué, jusqu'à, aujourd'hui, faire le choix de délaisser complètement la casquette du juriste droit social pour exercer une prise plus forte sur ses manifestations pratiques dans le monde réel, en faisant le pari de contribuer, à mon niveau, à la résorption des décalages entre le texte de loi et ses effets sur l'activité économique et les collectifs de travail.

Je ne peux que conseiller aux étudiants de profiter de leur cursus à l'Ecole de Droit pour démultiplier les expériences professionnelles et les séjours à l'étranger et pour appréhender les sujets d'actualité en interaction avec le droit (ex. intelligence artificielle, analytics, automatisation et digitalisation, transformation des business models, cybersécurité…). Je les invite à se nourrir de l'état d'esprit révolutionnaire de l'Ecole de Droit et de son corps professoral, pour oser prendre des risques afin d'explorer des chemins divers. Enfin, j'invite les étudiants à suivre les précieux conseils de l'équipe pédagogique."

Ingrid Bernard, diplômée 2014 du master Droit Économique spécialité Entreprises, Marchés, Régulations (EMR)

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