"Il ne faut donc pas hésiter à créer ses propres projets"

"Il ne faut donc pas hésiter à créer ses propres projets"

Hugo Ruggieri, diplômé de l'École de droit
  • Hugo Ruggieri Hugo Ruggieri

"J'ai intégré Sciences Po dès le Collège Universitaire, campus de Paris, pour bénéficier d'une formation pluridisciplinaire et ouverte. À l'époque, je n'avais aucun projet professionnel concret, et j'étais attiré par le projet de cursus en deux étapes (bachelor général, master spécialisant) et l'environnement associatif foisonnant de Sciences Po.

Passionné depuis toujours par les nouvelles technologies et le numérique, j'ai créé dès la fin de ma première année l'association Espace Numérique, toujours active aujourd'hui. C'est dans le cadre de nos activités que j'ai découvert le droit du numérique et de la propriété intellectuelle, que je me suis pris d'une nouvelle passion pour ces domaines, et, après une année à la faculté de droit de Seoul National University, que j'ai intégré le Master Droit économique, dans le but de rejoindre après une année de césure la spécialité Droit de l'Innovation.

Durant tout mon parcours, j'ai continué à m'investir autant que je le pouvais dans la vie étudiante de Sciences Po, notamment en faisant partie du BDE 2011-2012, en intégrant l'association du M2 "Sciences Pi" ou encore en créant un think tank sur la régulation et l'éthique du transhumanisme à partir de la Clinique de l'École de Droit. J'ai complété cette formation par un M2 en droit du commerce électronique et de l'économie numérique à l'Université Panthéon-Sorbonne, tout en passant le barreau.

J'ai cependant choisi de ne pas prêter serment tout de suite, puisque j'ai intégré la startup de legaltech Doctrine.fr en tant que responsable juridique et délégué à la protection des données personnelles. Doctrine.fr est un moteur de recherche et d'information juridique : nous proposons non seulement un moteur de recherche dopé à l'intelligence artificielle, mais aussi des fonctionnalités avancées de veille juridique et de panorama du contentieux. J'ai rencontré les dirigeants de la société alors que je cherchais une collaboration libérale : je ne pensais pas intégrer une entreprise dès mon premier emploi, mais le projet et la vision d'ouverture et de transparence de la justice par l'open data m'ont convaincu.

Je gère les problématiques juridiques internes comme externes, et le travail est donc très varié et toujours stimulant. En interne, il s'agit principalement de revoir les contrats, d'aider à la conception du produit et d'assurer la conformité avec nos obligations (en particulier, en tant que délégué à la protection des données personnelles, avec le RGPD). Je gère également nos relations précontentieuses et contentieuses, surtout en ce qui concerne l'accès à la donnée juridique. Enfin, en tant que membre de la direction juridique et affaires publiques, je travaille avec notre directrice et mon collègue responsable affaires publiques afin d'établir des relations avec les institutions et les autres acteurs du secteur.

Le principal défi est de réussir à définir des priorités strictes dans l'ensemble de ces tâches et d'être sur une multitude de fronts à la fois. J'ai en revanche la chance de travailler dans une société qui comprend l'importance de la direction juridique, et qui ne la considère pas uniquement comme une fonction support : nous bénéficions du plein soutien de nos dirigeants et de l'ensemble de nos collègues, et sommes pleinement intégrés aux décisions stratégiques, ce qui facilite grandement le travail en interne.

Je continue en parallèle à tenter de réfléchir le droit du numérique, au travers de plusieurs projets. J'ai ainsi créé avec deux anciens camarades de la spécialité Droit de l'Innovation un site d'actualités techno-juridiques, sur lequel nous publions de la doctrine et une newsletter hebdomadaire : aeonlaw.eu. Je travaille aussi, au travers des initiatives Galatea et ThinkH+, à la réflexion sur le droit et l'éthique de l'intelligence artificielle et du transhumanisme.

Si je ne devais donner qu'un seul conseil à des étudiants aujourd'hui intéressés par le droit du numérique, ce serait justement de s'investir dès maintenant et autant que possible dans des initiatives collectives de réflexion sur ces sujets d'actualité. Cette matière technique requiert un partage de connaissances interdisciplinaire - on ne peut réfléchir le droit du numérique sans échanges entre sciences humaines et sciences dures - mais aussi intergénérationnel. Des réseaux de réflexion et des cliniques juridiques naissent désormais partout, et il est essentiel de les développer et de favoriser les travaux communs. Il ne faut donc pas hésiter à créer ses propres projets ou à rejoindre des initiatives existantes - les associations dont je fais partie sont d'ailleurs toujours en recherche de nouveaux membres !"

Hugo Ruggieri est diplômé 2016 du master Droit Economique spécialité Droit de l'Innovation (DI).

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