Faire l’expérience de la comparaison en Droit ? Éprouver l'universel, éprouver le particulier, éprouver l'altérité, éprouver l'ipséité (... ou non)

Journée d’étude internationale sur la méthodologie comparative

Conférence publique OPT-IN

Le projet OPT-IN (Nuevo programa de posgrado para la formación de OPeradores Transnacionales e INterculturales para la defensa de la naturaleza y la construcción de la paz en la Comunidad Andina) réunit des universités italiennes (Bologne, Sienne), espagnole (Castilla-la-Mancha [Tolède]), colombiennes (Universidad Libre, Universidad de Rosario), équatoriannes (Facultad latinoamericana de ciencias sociales, Universidad andina Simon Bolivar) et française (Ecole de droit de Sciences Po). Il vise, à partir d’une coopération académique multilaterale, à bâtir des formations universitaires destinées à la formation de juristes aptes à faire face aux défis que posent les évolutions constitutionnelles et politiques récentes des ordres juridiques latino-américains. Ce “nouveau constitutionnalisme” est fondé sur l’ambition de renouveler les formes de participation politique, tout en portant un projet de société intégrateur, pluraliste et multiculturel. Visant à réintégrer au niveau politique global ce que Boaventura de Sousa Santos définit comme l’“épistémologie du sud”, il déjoue nombre des cadres conceptuels occidentaux, ainsi que l’illustrent l’affirmation, à través les notions de “bien vivre” (sumak kawsay) ou de d’un projet de vie bonne réconliant les individus, les communautés et, au-delà, l’homme et la nature (Pacha Mama).

Pour tenter d’affronter le besoin de nouvelle imagination politique, juridique et sociale qui se fait ainsi jour, le projet OPT-IN fait l'hypothèse exigeante de l'interculturalité et entend, à travers une intense coopération entre universitaires européens et latino-américains, se doter des moyens de former des opérateurs juridiques transnationaux et interculturels. Ce présupposé n'a rien d'évident, et pourrait tout autant s'avérer solidaire d'une ambition généreuse, source d'enrichissements mutuels fructueux, que procéder d'une forme de saut de la foi ou d'une illusion mystificatrice autorisant, sous les dehors généreux du dialogue des cultures, l'arraisonnement de l'altérité par l'analyse juridique rationalisante occidentale que peut dénoncer Roberto Unger.

Cette journée d'étude entend offrir un forum ouvert afin que (non pas les mais un échantillon de) différents points de vue puissent non seulement s'exprimer, mais encore s’“éprouver” les uns les autres, selon un terme utilisé par Kenta Ohji et Mikhaïl Xifaras. La tentative est donc, davantage que celle d'un journée d'étude classique, de réaliser une forme de Denkenexperiment. Chaque intervenant peut exprimer et partager au sujet de la comparaison juridique une thèse, une foi, un refus, un scepticisme, une méthodologie, un résultat, un échec, une gêne, une hostilité, une sympathie, une théorie abstraite, un exemple concret, etc. de son choix. Il s’agit donc d'autoriser l'échange et – si possible, car tel est l'un des sujets d'incertitude – la compréhension ou, pour le dire dans d'autres termes, d'« éprouver » l’altérité dans un double sens: (1) tester sa propre position à la lumière de celle d'autrui, informée par d'autres présupposés, d'autres formations, d’autres parcours, d'autres arrière-plan théoriques et pratiques, etc. (2) comprendre, saisir, ressentir, accéder à la position d'autrui.

Présentation de la journée d'étude :

  • Guillaume Tusseau, Professeur à l’École de droit de Sciences Po, Professeur OPT-IN

Avec la participation de :

  • Giorgia Pavani (Università di Bologna),
  • Silvia Bagni (Università di Bologna),
  • Andrea Pisaneschi (Università degli studi di Siena),
  • Giammaria Milani (Università degli studi di Siena),
  • Elena Bindi (Università degli studi di Siena),
  • Francisco Javier Diaz Revorio (Universidad de Castilla-La-Mancha),
  • Maria José Majano (Universidad de Castilla-La-Mancha),
  • Miguel Angel Pacheco Rodriguez (Universidad de Castilla-La-Mancha),
  • Lina Marcela Muñoz Avila (Rosario),
  • Adriana Camacho Ramirez (Rosario),
  • Luisa Fernanda García López (Rosario),
  • Manuel Alberto Restrepo Medina (Rosario),
  • José Rory Forero Salcedo (Universidad libre),
  • Hernan Martinez Ferro (Universidad libre),
  • Zilath Romero (Universidad libre),
  • Liliana Estupinan Achury (Universidad libre),
  • Augustin Grijalva (Universidad andina Simón Bolivar),
  • Marco Navas Alvear (Universidad andina Simón Bolivar),
  • Adriana Roddriguez Caguana (Universidad andina Simón Bolivar),
  • Ramiro Avila Santamaria (Universidad andina Simón Bolivar),
  • Iván Narváez (Flasco),
  • Franklin Ramirez (Flasco),
  • Cynthia Quilliconi (Flasco),
  • Mikhaïl Xifaras (École de droit de Sciences Po),
  • Renaud Bourget (Université Paris I [Panthéon-Sorbonne]),
  • Maxime Saint-Hilaire (Université de Sherbrooke),
  • Jeremy Perelman (École de droit de Sciences Po),
  • Raphaël Paour (Université Paris Nanterre),
  • Denis Baranger (Université Panthéon-Assas [Paris II])

Entrée libre mais inscription obligatoire auprès de Cathy Grenier

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Event details
Date: 
Friday, 11 January, 2019 - 09:00 - 13:00
Lieu: 
Sciences Po, 13 rue de l’Université, Paris 7ème - Salle du Conseil, 5e étage
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