Recrutement d’un ou d’une doctorant.e

Sociologie historique de la direction de la Sécurité sociale – Financement CIFRE
Envoi des dossiers avant le 17 septembre 2021
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Le Centre de sociologie des organisations recrute un.e doctorant.e pour la réalisation d’une thèse sur l’histoire de la direction de la Sécurité sociale. La thèse sera financée, via une convention Cifre, par le Comité d’histoire de la Sécurité sociale. La candidate ou le candidat devra disposer d’un master 2 recherche en histoire, en sociologie ou en science politique. Il ou elle devra être familier.e avec le travail sur archives et sur entretiens. La thèse sera dirigée par Marie-Emmanuelle Chessel et Jérôme Aust.

Les dossiers de candidature seront envoyés par mail aux deux adresses ci-dessous entre le 1er et le 17 septembre 2021. Ils contiendront dans un premier temps un cv et une lettre de candidature. D’autres pièces complémentaires (comme le mémoire de master) seront le cas échéant demandées en septembre.

Contact :

Jérôme AUST (jerome.aust@sciencespo.fr)

Marie-Emmanuelle CHESSEL (marieemmanuelle.chessel@sciencespo.fr)

Descriptif du projet de thèse

Appel à candidature – Sociologie historique de la direction de la Sécurité sociale

Le Comité d’histoire de la Sécurité sociale et le Centre de sociologie des organisations proposent de lancer à Sciences Po une thèse, financée par le biais d’une convention Cifre, sur l’histoire de la direction de la Sécurité sociale.

La thèse proposée porte sur la direction de la Sécurité sociale. Cette direction, qui succède à la direction des assurances sociales en 1945, est rattachée initialement au ministère du Travail, puis au fil du temps à différents ministères et parfois simultanément à deux ou même trois ministères. Si elle connaît, de l’après Seconde Guerre mondiale à aujourd’hui, de multiples rattachements institutionnels, elle dispose d’une stabilité au sein des services de l’État qui en font l’un des acteurs administratifs essentiels de la définition et de la mise en œuvre des politiques de protection sociale.

La thèse aura pour but d’étudier l’exercice des missions assignées à la direction, leurs changements dans le temps, l’influence qui est la sienne.

La direction de la Sécurité sociale participe à la définition et à la mise en œuvre des politiques de protection sociale par les propositions de réformes qu’elle élabore et ensuite par la mise en œuvre juridique des décisions politiques. Son champ de compétences s’étend à l’ensemble des branches de la protection sociale (assurance maladie, accidents du travail et maladies professionnelles, retraite, famille). Elle prépare également les textes relatifs à l’organisation et au contrôle des protections complémentaires (mutualité, régimes complémentaires de retraite et de prévoyance). Elle a en outre la charge d’assurer le financement de la protection sociale de base par la préparation des lois de financement de la Sécurité sociale et d’en fixer les règles de gouvernance au moyen des conventions d’objectifs et de gestion. Elle est également en charge des négociations des conventions internationales de Sécurité sociale et du suivi à Bruxelles des règlements européens de Sécurité sociale.

L’ampleur et l’évolution de ses missions ont conduit à une diversification des profils de ses agents qu’il conviendra également d’analyser.

Pour l’accomplissement de ses missions, elle travaille avec la direction du Budget, mais aussi avec les autres directions du ministère de la santé et avec les organismes de protection sociale, nationaux ou locaux, de base ou complémentaires. L’évolution des services déconcentrés de l’Etat en charge du contrôle des caisses locales de Sécurité sociale en relation avec la direction de la Sécurité sociale et des relations pourra également être traitée, de même que les relations entre la direction de la Sécurité sociale et la Cour des comptes.

Les temporalités explorées restent à préciser, mais des réformes propres à la Sécurité sociale et certains évènements de contexte qui impactent la Sécurité sociale sans lui être spécifiques pourront faire l’objet d’investigations approfondies.

Cette thèse s’appuiera sur un ensemble de sources écrites et orales, en partie déjà identifiées, qu’il conviendra d’articuler. Le projet définitif de thèse sera préparé par le ou la candidate qui sera inscrit-e en sociologie à Sciences Po et préparera le dossier de convention Cifre, avec l’aide scientifique et administrative de l’équipe du CSO.

Cette thèse sera menée à bien par un ou une doctorant.e avec un profil d’historien.ne ayant aussi une formation de sciences sociales, ou bien un profil de sociologue ou de politiste ayant déjà travaillé sur archives. Il ou elle sera dirigé.e, au CSO, par Marie-Emmanuelle Chessel et Jérôme Aust.

Le Comité d’histoire de la Sécurité sociale, mis en place en 1973, a notamment pour objet d’encourager l’étude et la recherche sur l’histoire de la protection sociale avant et après 1945 et de promouvoir la diffusion des travaux historiques. Il est assisté par un conseil scientifique. Ses moyens d’action sont la publication d’ouvrages, l’organisation de colloques, l’attribution d’aides financières, de prix de thèses et de rapports de masters. Il publie chaque année une revue scientifique, la Revue d’histoire de la protection sociale. En 1974 a été créée une Association pour l’étude de l’histoire de la Sécurité sociale qui apporte au comité les moyens financiers de son action. Cette organisation bicéphale très originale permettra la prise en charge financière, par le biais d’une convention Cifre, d’une thèse.

Unité mixte de recherche de Sciences Po et du CNRS, le Centre de sociologie des organisations (CSO) est un laboratoire qui, après avoir bâti sa réputation dans l’étude des organisations, a progressivement étendu ses domaines d’investigation et ses questions de recherche. Il est aujourd’hui un laboratoire en sciences sociales qui rassemble des sociologues mais aussi des politistes et des historiens. Les approches théoriques et les méthodes mobilisées au CSO reflètent aujourd’hui cette diversité, propice au développement d’approches multidisciplinaires. Dans le cadre de son programme doctoral, le CSO offre aux doctorants un encadrement académique de haut niveau reposant sur leur forte intégration dans le laboratoire et de multiples dispositifs de formation scientifique. Ce programme doctoral est par ailleurs articulé avec la politique de l’École de la recherche de Sciences Po qui offre de nombreuses opportunités aux doctorants, notamment en matière d'internationalisation.

 

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Rejoignez l'Association des sociologues des organisations

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Cette association, créée en 2016 à l'issue du colloque des 50 ans du CSO, a pour objectif d’entretenir les liens et le dialogue entre la recherche académique et d’autres milieux professionnels intéressés par la sociologie des organisations, et de valoriser cette dernière dans des milieux non académiques. Elle constitue également une aide à la professionnalisation et à l’insertion professionnelle pour les doctorantes et doctorants du CSO.

Vous êtes intéressé.e par ces thématiques et vous êtes ou avez été en contact avec le CSO, le Cycle supérieur de sociologie de Sciences Po ou le Master de sociologie de Sciences Po, rejoignez l’Association des sociologues des organisations (ASO).

Les membres se réunissent pour débattre de sujets tels que la place de la sociologie des organisations dans les activités de conseil, les liens entre innovation et organisation, le nudge management… Des doctorantes et doctorants du CSO ont pu également présenter leur travail de thèse dans des entreprises intéressées.

Pour en savoir plus

Présentation de l'association

Contacts : aso.association-at-gmail.com

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Un argent omniprésent par Jeanne Lazarus

Entretien dans COGITO, le magazine de la recherche de Sciences Po
  • ©flickr-Dani Lütolf©flickr-Dani Lütolf

29 juin 2021 par Jeanne Lazarus, CSO

L’argent est présent dans toutes les sphères de la vie moderne. La crise financière de 2008 a affecté la situation économique et sociale de nombreux pays, analysée entre autres par les économistes. Mais ils ne sont pas les seuls : les sociologues se sont aussi emparés de cette question, sous son angle financier, mais en l’étendant à d’autres dimensions. À la lumière de cette crise, Damien de Blic, poliste à Paris 8 et Jeanne Lazarus, sociologue, chargée de recherche CNRS au Centre de sociologie des organisations de Sciences Po, ont éprouvé le besoin de rééditer Sociologie de l’argent (La Découverte) paru en 2007, en le réécrivant profondément.
Jeanne Lazarus répond sans tabou à nos questions.

En 2021, vous publiez une nouvelle édition de votre ouvrage, que vous révisez en profondeur. Vous indiquez que la crise des subprimes en 2008 a marqué un tournant, notamment dans le champ académique. Quels sont les changements que vous avez pu observer ?

Jeanne Lazarus : La crise des subprimes a évidemment eu des effets économiques et sociaux majeurs, mais elle s’est aussi répercutée dans le monde académique. Si les travaux analysant la finance et l’argent ont commencé bien avant 2008 — la première version de notre ouvrage est parue en 2007 — les subprimes ont attiré une attention massive sur ces questions. Les recherches sur la finance se sont multipliées, tout comme l’intérêt sociologique sur des sujets tels que le crédit ou les dépenses des ménages. Pour expliquer les choix de crédit des familles américaines, il a fallu faire entrer dans l’équation le marché du crédit, la régulation étatique, mais aussi le marché du travail, les relations familiales, les modèles d’investissement, la place de l’endettement dans le cycle de vie, etc. De même, cette crise ne peut être comprise sans tenir compte des rapports de domination de classe, de genre ou de race.

Qu’est-ce que la sociologie de l’argent ? Comment embrasser un champ aussi large et multidimensionnel ? Au-delà de l’économie et du social, l’argent touche aussi à des questions morales ou religieuses…

Queue à un guichet de la Sberbank (caisse d’épargne russe), 2013 © Pavel L Shutterstock

J.L. : Oui, la sociologie de l’argent est un domaine potentiellement infini, tant l’argent est présent partout. Nous tentons de prendre en compte toutes les dimensions de la vie sociale(1) qui participent à créer le paysage dans lequel les pratiques monétaires évoluent. Notre ambition est d’attirer l’attention du plus grand nombre, y compris des sociologues, quels que soient leurs domaines d’études, sur les questions d’argent. Que l’on s’intéresse à la famille, au travail, à l’école ou encore au genre, à l’enfance, à l’État, l’argent est présent d’une façon ou d’une autre. Nous allons même jusqu’à avancer qu’il est une institution sociale, c’est-à-dire qu’il transporte avec lui des normes et des valeurs, qui s’imposent à ceux et celles qui l’utilisent. Même si elles sont parfois transgressées, ces normes forment un cadre connu par les individus, qui interagissent. Cette sociologie a des difficultés particulières car elle aborde un objet lourdement chargé moralement.

Comment résoudre ces difficultés ?

J.L. : L’exigence de « neutralité axiologique » — cette règle qui veut que l’on suspende son propre jugement lors de l’exercice sociologique — est particulièrement difficile à tenir ici. La solution que nous avons trouvée est d’exposer les morales de l’argent, d’en faire la généalogie et d’essayer de comprendre dans quels cadres nos jugements sur l’argent se constituent.
L’autre grande difficulté est celle de l’enquête : l’argent étant présent dans toutes les sphères de la vie sociale, par où l’aborder ? Où et quoi regarder ? Les sociologues ont déployé tous leurs talents pour s’intéresser à toutes les formes de l’argent, mais surtout aux relations sociales qu’il engendre ou qu’il transforme. Dans l’ouvrage, nous présentons ces différentes pistes d’un domaine de recherche qui a démarré avec les premiers sociologues, mais ne cesse de s’enrichir.

Pour ce qui est de l’attitude des Français envers l’argent, vous préférez le terme « d’embarras » à celui de « tabou ». Quelle est notre position en comparaison avec d’autres pays européens et les États-Unis où le sujet de l’argent est librement abordé ?

J.L. : Nous pensons qu’il y a deux idées reçues : d’une part que l’on ne parlerait pas d’argent en France, d’autre part que l’on en parlerait sans la moindre pudeur ailleurs, notamment aux États-Unis. Ces idées préconçues ne résistent pas aux enquêtes. Travaillant sur l’argent, je peux vous assurer que le sujet est omniprésent ! Il suffit d’allumer la radio ou la télévision, d’ouvrir journaux et magazines, et l’on trouve en France sans cesse des questions d’argent, de rémunérations, de patrimoine, etc. La question des riches et des pauvres est très présente dans le débat politique : de François Hollande disant qu’il n’aimait pas les riches en 2006, à Emmanuel Macron qualifié de « président des riches » comme Nicolas Sarkozy avant lui, etc. De même, les mouvements sociaux placent de plus en plus les enjeux d’argent au premier plan.
À l’inverse, l’argent n’est pas sans tabou ailleurs. De nombreuses enquêtes sur l’argent aux États-Unis le prouvent, par exemple le travail de Caitlin Zaloom (2), professeur à New York University, sur le financement des études montre que les parents ne disent pas tout à leurs enfants, ou le livre Uneasy Street de la journaliste Rachel Sherman(3) sur les super-riches à New York qui tentent de dissimuler leur fortune (4)Pour la France, voir Anne Brunner 

Première de couverture d’une brochure de la BNCI destinée à la clientèle féminine mariée – Vers 1960 – Archives historiques BNP Paribas

Parler d’embarras plutôt que de tabou signale que l’argent est un sujet que l’on aborde, mais avec précaution. Dans toutes sociétés, il y a des façons de parler d’argent, on n’en parle pas de la même façon à tout le monde, ni à propos de toutes ses dimensions. Partout, il existe des frontières qui révèlent la place de l’argent dans la conception de la société. En France, longtemps seules les inégalités sociales fondées sur la réussite scolaire et professionnelle semblaient légitimes. Or, l’augmentation des inégalités monétaires, l’instabilité du travail, l’effritement de certaines protections sociales ont conduit à ce que la société se perçoive différemment et que les frontières économiques prennent une place qu’elles n’avaient pas il y a quelques décennies. La preuve : la sociologie française a longtemps négligé les inégalités de capital économique pour centrer ses enquêtes sur les inégalités de capital culturel. Sans abandonner les apports de ces recherches, le capital économique devient un sujet d’intérêt croissant pour les chercheurs et les chercheuses.

L’usage grandissant des paiements électroniques et l’apparition de nouvelles monnaies (cryptomonnaie, bitcoin) présagent-ils la fin de l’argent liquide ?

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J.L. : La disparition de l’argent liquide est annoncée depuis quelques années : de nombreuses innovations accélèrent les paiements électroniques, les sécurisent davantage et en diminuent le coût. La crise du Covid en a amplifié l’usage et a fait diminuer les paiements en espèces. Pourtant, l’argent liquide continue à circuler de façon massive et les pays qui pensaient le supprimer sont revenus sur leurs pas. L’exemple le plus célèbre est celui de la Suède. Il y a quelques années, son gouvernement réfléchissait à supprimer le cash, mais une loi a pourtant été promulguée en janvier 2020 pour s’assurer qu’il soit encore possible d’utiliser de l’argent liquide et éviter l’exclusion sociale des plus âgés, des enfants ou encore des personnes porteuses de handicap. Globalement, dans la zone Euro(5), le cash n’a pas disparu, il était encore utilisé pour 73 % des paiements en magasin en 2019 et la quantité de billets de banque en circulation ne cesse de croître — souvent pour utiliser comme réserve de valeur (c’est-à-dire pour le garder chez soi ou dans un coffre) que comme moyen de paiement.

Vous montrez combien les inégalités se creusent entre d’un côté les « ultra-riches » qui bénéficient de la financiarisation de l’économie et du recul des protections apportées par l’État-providence et de l’autre une population pauvre plus nombreuse et en grande difficulté. Comment définit-on un seuil de richesse ?

Source : Rapport Oxfam, Le virus des inégalités, Focus sur la France, Janvier 2021

J.L. : La possibilité même de définir un seuil de richesse est l’objet de débats passionnés, car il ne s’agit bien sûr pas seulement d’une question technique, mais de la façon dont on se représente la société et sa structure. L’une des options est de calquer le seuil de richesse sur le seuil de pauvreté (6). Celui-ci est défini comme la moitié (parfois 60 %) du revenu médian et le seuil de richesse pourrait correspondre au double du revenu médian. L’Observatoire des inégalités propose ainsi le chiffre de 3470 euros mensuels en France en 2020, et considère que 5 millions de personnes sont riches.
Ce calcul est toutefois insatisfaisant pour plusieurs raisons : comme pour la pauvreté, la richesse est multidimensionnelle, et le seuil monétaire est une mesure qui manque d’épaisseur. En outre, ne mesurer que le revenu sans tenir compte du capital fait perdre un élément essentiel de ce qu’est la richesse. Mais surtout, la richesse s’étend de façon exponentielle, en termes statistiques on dit qu’il existe une forte dispersion de la richesse : elle peut ne jamais s’arrêter. Une famille qui vit confortablement et un milliardaire à la tête d’un empire industriel peuvent être qualifiés de riches avec de tels seuils, mais leur expérience sociale comme leur rôle dans les inégalités ne sont pas équivalents. La richesse est un enjeu « nouveau » pour la sociologie, qu’elle soit qualitative ou quantitative. De nombreux travaux se développent actuellement pour la mesurer, la définir, réfléchir à ses origines, à sa reproduction, à son inégale répartition en termes de classes sociales, de géographie, de genre ou encore d’âge. Le groupe des « super-riches » a fait son entrée dans le langage commun, dans les livres de sociologie et dans les mouvements sociaux. Le retour d’une très grande richesse qui rappelle la fin du 19e siècle est l’un des sujets politiques majeurs de notre époque.

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Remise du rapport du Haut Conseil pour le Climat à Matignon

Parmi les membres présents, Sophie Dubuisson-Quellier
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Le 30 juin, le Haut conseil pour le climat (HCC) a remis son rapport annuel à M. Jean Castex, Premier Ministre en présence de Mme Barbara Pompili, Ministre de la Transition écologique.

Le rapport "Neutralité carbone 2021" constate une amélioration mitigée du rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Celui-ci s’est accentué en 2019, mais doit encore pratiquement doubler d’ici 2021 pour s’aligner avec les objectifs climatiques. L’importante baisse des émissions observée en 2020 est temporaire et non structurelle.

Le HCC estime que les politiques publiques sont encore insuffisamment alignées sur la trajectoire de réduction des émissions prévue par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), alors que les objectifs européens à -55% d'ici 2030 vont demander un rehaussement des efforts au niveau national. Le pilotage et le suivi des politiques publiques reste partiel, malgré les efforts récents. L’évaluation des lois au regard du climat a peu évolué, et le suivi du plan de relance doit encore mieux prendre en compte les enjeux de la transition bas-carbone. 

Pour la première fois, le rapport annuel du HCC se penche aussi sur les enjeux de l'adaptation au changement climatique. Les impacts du réchauffement climatique se faisant déjà ressentir sur l’ensemble des régions françaises, il indique que les politiques d’adaptation doivent devenir plus opérationnelles. Les deux-tiers de la population française sont déjà fortement ou très fortement exposés au risque climatique. Après une année de pandémie, le changement climatique reste au cœur des préoccupations des Français, dont plus de 80% pensent que le territoire sera obligé de prendre des mesures importantes pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques. Les politiques d’adaptation doivent être rapidement développées, en complément des stratégies d’atténuation. Il s’agit de se préparer en identifiant les impacts du changement climatique à l’échelle locale et les secteurs prioritaires à l’aide d’outils robustes et fiables et permettre le développement de services climatiques coordonnés. Une stratégie nationale d’adaptation doit être élaborée au même titre que la SNBC, dotée d’objectifs quantifiés et de délais précis, en identifiant les secteurs prioritaires avec l’ensemble des parties prenantes. 

Le HCC fait plusieurs recommandations afin d'accélérer la transition bas carbone parmi lesquelles la nécessité d'une clarification des politiques publiques en matière de climat.

Afin d’accélérer la transition bas-carbone, le Haut conseil pour le climat recommande de :

  • Clarifier des politiques publiques encore peu lisibles. Les mesures en place et les calendriers de décarbonation actuels orientent insuffisamment les investissements, faute de perspectives claires et stables à moyen et long termes, et d’horizons temporels trop éloignés.
  • Finaliser au plus vite les stratégies locales et les faire converger vers les objectifs nationaux, car ces documents permettent à l’ensemble des acteurs publics et privés de s’approprier les enjeux de décarbonation.
  • Pérenniser les aides et investissements inscrits au sein des plans de relance qui contribuent aux changements structurels bas-carbone.
  • Améliorer les processus d’évaluation et de suivi des politiques publiques, qui permettent de disposer de retours d’expériences rapides et d’accélérer les progrès.
  • Intégrer systématiquement l’adaptation au changement climatique dans les politiques aux échelons nationaux et territoriaux car les impacts d’un climat qui change se font déjà sentir.

Lire le rapport complet

 

A propos du Haut conseil pour le climat

Le Haut conseil pour le climat a été installé le 27 novembre 2018 et inscrit dans la loi n°2019-1147 du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat. C’est un organisme indépendant, chargé d’évaluer la stratégie du gouvernement en matière de climat, d’émettre des avis et recommandations indépendants et objectifs sur l’action climatique du gouvernement, et d’éclairer les débats de manière neutre, dans une perspective de long-terme en tenant compte du contexte global. Il est actuellement présidé par la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré et composé de treize membres, désignés pour cinq ans et choisis pour leur expertise scientifique, technique et économique dans le domaine du climat. Sophie Dubuisson-Quellier est l’un de ses membres.

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Offre de Post-Doc au CSO :

Data Protection Officers: la formation d'un groupe professionnel
  • Good In TechGood In Tech

Recrutement pour un contrat post-doctoral (12 mois)

Les Data Protection Officers (DPO) – La formation d’un groupe professionnel

Durée : 12 mois, à compter du 1er octobre 2021

Financement : Chaire Good in Tech

Institutions de tutelle : Sciences Po Paris et IMT Business School

Accueil : Centre de Sociologie des Organisations (Sciences Po, Paris 7e)

Date limite de candidature : Les candidatures sont à adresser (CV et lettre de motivation) à Kevin Mellet (kevin.mellet@sciencespo.fr) au plus tard le 2 juillet 2021

Mission

Dans le cadre de ses activités de recherche sur la gouvernance de l’innovation numérique, la Chaire Good in Tech recrute un.e post-doctorant.e dont la mission sera de réaliser une enquête sur les Délégués à la Protection des Données, ou Data Protections Officers (DPO). La fonction de DPO est instaurée par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), voté en avril 2016 et entré en application en mai 2018. Sa désignation est obligatoire dans les entreprises privées et dans les organismes publics amenés à constituer des fichiers et traiter des données à caractère personnel. Chargé de nombreuses tâches, en lien avec sa mission principale consistant à veiller au respect des règles relatives à la protection des données, le DPO est assurément le visage de la régulation des données personnelles dans les organisations.

Qui sont les DPO ? Quelles sont leurs trajectoires ? Comment construisent-ils leurs compétences, leur expertise et leur ethos professionnel ? Dans quelles conditions exercent-ils leurs missions au sein des organisations ? Comment, concrètement, exercent-ils ces missions au quotidien ? Leurs compétences sontelles ajustées à ces missions, doivent-elles évoluer ? Comment et par qui sont-ils évalués ? Dans quelle mesure sont-ils susceptibles d’infléchir et de déterminer la manière dont se structure l’économie des données personnelles ? Les questions soulevées par l’émergence de la figure du DPO sont nombreuses.

La perspective privilégiée dans cette recherche est celle de la sociologie du travail et des groupes professionnels (Demazière et Gadéa, 2009) ainsi que les approches en Gestion des Ressources Humaines sur les aspects compétences et développement des compétences. Elle invite à explorer la dynamique de formation du groupe des DPO sous l’angle de la professionnalisation : construction des expertises et codification des compétences, rôle des formations et des associations professionnelles, sociabilités, normes déontologiques, autonomie et légitimité, définition juridique du statut et négociation de celui-ci au sein des organisations, etc. Une enquête menée en 2019 par la Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle auprès de 1265 DPO révèle la diversité des profils mesurée par le domaine d’expertise d’origine : 31 % sont juristes, 34 % informaticiens, 34 % appartiennent à d’autres domaines d’expertise. Dispersés et potentiellement isolés dans leurs organisations, adossés à des expertises très hétérogènes, comment les DPO construisent-ils leur identité professionnelle ?

Cette perspective de sociologie des professions pourra être complétée et articulée à deux autres approches sociologiques. D’abord, du côté de la sociologie du droit, l’émergence de nouveaux « intermédiaires du droit » dotés de prérogatives et de moyens élargis invite à poursuivre les analyses sur l’« endogénéité » du droit et des activités économiques (Edelman et Suchman, 1997 ; Bessy, Delpeuch et Pélisse, 2011). Compte tenu de l’ambiguïté de la règle de droit, son application est nécessairement guidée par l’interprétation qu’en donnent les acteurs, et en particulier ceux d’entre eux occupant une position particulière, à l’interface de l’économie, de la technique et du droit. Lenglet (2012) s’est intéressé par exemple aux déontologues de marché, dont le rôle est d’autoriser ou d’interdire certaines transactions aux opérateurs de marché, sur les marchés financiers. Les DPO s’imposent-ils dans les organisations comme des déontologues de la gestion des données, voire de l’informatique ? Ensuite, dans une perspective de sociologie économique du numérique, les DPO sont chargés de veiller, au sein de leur organisation, à la protection des données personnelles, et donc à l’encadrement des activités d’enrichissement et de valorisation dont elles sont susceptibles de faire l’objet. Les « data » sont ainsi constituées en actifs économiques dotés de certaines propriétés – durée de vie, capacité à circuler dans et à l’extérieur des organisations, capacité à être combinés (Beauvisage, Mellet, 2020). Quel rôle jouent les DPO dans ces opérations ? Dans quelle mesure leurs décisions, leurs outils, le contrôle qu’ils exercent participent-il de la valorisation économique des données personnelles ?

Ces questionnements appellent la réalisation d’enquêtes empiriques, qualitatives et/ou quantitatives. L’entrée sur le terrain se fera par le biais des formations (accès au terrain facilité auprès des formations partenaires : le Master spécialisé « Data Protection Management » d’IMT Business School et le certificat « Data Protection Officer » de Sciences Po Paris), d’associations professionnelles, de plateformes de networking professionnel. Elle pourra être centrée sur un domaine particulier ou ouverte à une palette large de secteurs et de types d’organisations. Elle se concrétisera par la rédaction d’un rapport de recherche, de publications scientifiques et par des échanges et valorisations, en particulier auprès des formations associées.

Références bibliographiques

Beauvisage, T., & Mellet, K. (2020). Datassets: assetizing and marketizing personal data. In Birch K. & F. Muniesa (eds), Assetization: turning things into assets in technoscientific capitalism, MIT Press
Bessy, C., Delpeuch, T., & Pélisse, J. (2011). Droit et régulations des activités économiques : perspectives sociologiques et institutionnalistes. LGDJ.
Demazière D. et C. Gadéa (dir.), Sociologie des groupes professionnels. Acquis récents et nouveaux défis, La Découverte, Paris, 2009
Edelman, L. B., & Suchman, M. C. (1997). The legal environments of organizations. Annual review of sociology, 23(1), 479-515.
Lenglet, M. (2012). Ambivalence and ambiguity: The interpretive role of compliance officers. In Finance: The Discreet Regulator, Palgrave Macmillan, London.

Votre profil

Le poste est ouvert aux docteurs ayant soutenu leur thèse en sociologie, en gestion (particulièrement GRH) ou dans une discipline voisine depuis moins de trois ans, ou ayant acquis depuis la soutenance une compétence complémentaire et utile à la réalisation de cette recherche. Spécialités pressenties : sociologie du travail et des professions ou gestion des ressources humaines. Un intérêt pour la sociologie du droit, la sociologie économique ou la socio-économie d’Internet serait un plus. La maîtrise des méthodes qualitatives (conduite d’entretiens) est nécessaire. La connaissance de méthodes quantitatives (questionnaire, statistiques descriptives) et de techniques d’extractions de données du web permettrait de constituer et analyser des jeux de données originaux, sans être un point bloquant du recrutement.

La personne recrutée sera intégrée à une équipe de trois chercheurs confirmés (un en sociologie, un en droit et un en GRH). Nous recherchons une personne curieuse, travailleuse et n’hésitant pas à poser des questions lorsqu’elle ne sait pas. Nous prenons de notre côté l’engagement de vous aider à monter en compétences et pouvoir publier afin de consolider votre CV.

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