"Au Vietnam, la mondialisation ou les échanges sont des notions qui font consensus"

"Au Vietnam, la mondialisation ou les échanges sont des notions qui font consensus"

  • Yen Ba Vu étudiante sur le campus du Havre ©Sciences PoYen Ba Vu étudiante sur le campus du Havre ©Sciences Po

“Renouvellement”, “éthique”, “système”... jusqu'au second tour de la présidentielle, les étudiants internationaux du Collège universitaire (le 1er cycle de Sciences Po) prennent la parole dans Paris Match sur un mot qui compte pour eux en politique. Yen Ba Vu, étudiante vietnamienne sur le campus du Havre a choisi de commenter le mot “Indépendance”. Elle nous explique pourquoi.

#LePoidsdesMots : Paris Match a analysé plus d'un million de mots prononcés par les prétendants à l’Elysée, et propose un moteur de recherche et des analyses sur "ce que les candidats disent". C'est dans le cadre de ce projet que les étudiants internationaux de Sciences Po apportent, chaque semaine, un regard extérieur sur la campagne.

Vous êtes vietnamienne, quel regard portez-vous sur la campagne présidentielle française ?

La politique ne se vit pas du tout de la même manière au Vietnam et en France : la médiatisation et le débat sont beaucoup plus importants en France. De plus, le débat politique en France porte sur des notions qui font consensus au Vietnam, telles que la mondialisation ou les échanges. Bien sûr, cela est compréhensible au vu des contextes économiques différents : alors que la reconversion économique est difficile pour certains secteurs français, le Vietnam s’est beaucoup enrichi grâce à la mondialisation. Ma double culture me permet ainsi de relativiser non seulement les points de vue qui animent la campagne présidentielle, mais aussi mes propres avis.

Pourquoi avoir choisi le mot indépendance ?

Ce mot occupe une place importante dans le discours politique vietnamien depuis longtemps, mais aussi dans cette campagne présidentielle française. Dans les deux cas, le mot est fort parce qu’il s’oppose à la sujétion. En revanche, ce qui est perçu comme la sujétion n’est pas du tout la même chose au Vietnam ou en France. J’ai voulu relativiser le regard sur “l’indépendance” de certains Français avec le point de vue que peut avoir une Vietnamienne.

Vous avez écrit votre article avant les résultats du premier tour. Au regard de ces résultats, ce mot "Indépendance" prend-il un autre sens ?

L’opposition entre Marine Le Pen – qui a, à mon avis, la vision d’une France fermée - et M. Macron - très pro-européen - souligne le clivage entre deux visions :  l’une qui prône l’indépendance en faisant le constat d’une sujétion, l’autre qui associe l’indépendance au pragmatisme et à la coopération.

Que vous apporte à titre personnel mais aussi dans le cadre de vos études cette collaboration avec un média et quelle expérience en gardez-vous ?

C’était une belle opportunité qui m’a permis de m’exprimer sur une élection qui compte pour moi, d’une manière autre que le vote puisque je ne suis pas citoyenne française. C’était aussi une expérience utile qui m’a fait découvrir le monde des médias, les contraintes et les codes de l’écriture journalistique, bien différente de l’écriture personnelle ou littéraire avec lesquelles je suis plus familière.

Retrouvez l'article de Yen Ba Vu sur le mot “Indépendance” , sur le site de Paris Match. 

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