Amélie Blom est docteure associée au Centre de Recherches Internationales ainsi qu’au Centre d’Etudes de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS, CNRS-EHESS). Elle est membre de l’ERC Consolidated Grant « Religion and its Others in South Asia and the World: Communities, Debates, Freedoms (ROSA) » (Principal investigator: J. Copeman, University of Edinburgh). Elle est également ATER à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), au sein du département « Asie du Sud Himalaya » et de la filière Relations internationales (depuis 2019), et chargée de cours en science politique au Campus Europe-Asie de Sciences Po (depuis 2011). Les recherches menées par Amélie Blom en sociologie politique portent sur les mobilisations politiques à référent religieux au Pakistan, en particulier dans la province du Punjab, et privilégient trois axes d’analyse : le rapport à l’Etat des mobilisations à référent islamique, leur composante affectuelle et un questionnement méthodologique. Dans sa thèse de science politique, menée sous la direction de Christophe Jaffrelot (Institut d’Etudes Politiques de Paris, 2018) et intitulée « La violence d’État en partage. Le Pakistan et la privatisation de la guerre au Cachemire (1947-2007) », elle s’intéresse plus précisément aux groupes armés politico-religieux qui, depuis près de trente ans, mènent une lutte armée au nom du jihad au Cachemire. Son analyse, associant sociologie historique de l’Etat et sociologie politique du militantisme armé, réinscrit les mouvements jihadistes dans le temps long d’une pratique, la privatisation de la violence extérieure autorisée, dont elle démontre qu’elle est une propriété structurante de la trajectoire de l’Etat pakistanais depuis sa fondation en 1947. Son doctorat a obtenu le prix de thèse 2019 GIS Moyen-Orient et Mondes Musulmans-IISMM dans la catégorie « Relations internationales / sciences politiques », prix soutenu par le Centre d'Analyse, de Prévision et de Stratégie du MEAE. Le rôle des émotions a aussi occupé une part importante de ses recherches sur les fondements microsociologiques des processus de « réislamisation » et de l’engagement jihadiste. Enfin, elle a également travaillé sur les problèmes méthodologiques relatifs à l’identification des motivations de l’engagement à haut risque et à l’accès aux émotions dans les enquêtes de terrain.

Recherches en cours

Amélie Blom poursuit sa réflexion sur les recompositions du champ politico-religieux pakistanais dans le cadre d'un nouveau projet de recherche consacré aux politiques de l’offense en Asie du Sud et, plus particulièrement, aux accusations de blasphème au Pakistan. L'objectif de ce travail est de comprendre comment la progression de ce type d’accusation s’articule autant aux évolutions du dispositif répressif de l’Etat qu’à celles des rapports de domination locaux, en particulier au Punjab.

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