Réflexion sur les violences politiques

Responsables : Claire Andrieu et Riva Kastoryano

Partant des violences de masse, qui ont été l'objet d'un groupe de recherche du CERI entre 2015 et 2017 (en lien avec le réseau de recherche Violence de masse et résistance), ce groupe entend, en 2018, de prendre comme objet les "violences politiques". Cette expression fait l'objet de définitions variables, selon que l'accent est mis sur la violence d'Etat, la violence de protestation ou la violence inter-sociale (Philippe Braud, La violence politique dans les démocraties occidentales, 1993). Appliquée à des mouvements concrets, cette catégorisation ne fonctionne pas toujours. Par exemple la violence de l'Etat islamique s'est manifestée en Europe par une violence de protestation.

Le nouveau programme de travail prévoit l'organisation des séminaires et d'une journée d'étude sur l'analyse croisée des formes de "terrorisme" des années 1940 à nos jours. L'idée est de comparer les structures et les modes d'action de plusieurs mouvements qualifiés de terroristes par leurs ennemis ou leurs adversaires : le djihadisme, la Fraction Armée rouge en Allemagne, les Brigades rouges en Italie, et, en contrepoint, la Résistance en France. Plutôt que la radicalisation et ses causes, qui sont déjà très étudiées, ce sont les pratiques, les relations internes dans les organisations et les types d'action qui retiendront l'attention du groupe dans une perspective comparatiste.