Marwa Daoudy

De 1991 à 2000, ces deux acteurs-clés du conflit moyen-oriental que sont la Syrie et Israël ont poursuivi de longues négociations de paix. Que nous apprend ce dialogue sur les objectifs, les motivations, et les perceptions propres d’un protagoniste syrien qui reste très méconnu ? Telle est la question à laquelle souhaite répondre cette étude, en disséquant les enjeux majeurs du processus : le territoire, la sécurité et les ressources en eau. L’analyse des obstacles rencontrés sur le chemin de la paix permettra en outre de prendre la mesure des perspectives actuelles de reprise du dialogue, dans un contexte profondément bouleversé. Le décès du président Hafez Al-Assad en juin 2000 et l’arrivée au pouvoir de son fils Bachar, la détérioration de la situation israélo-palestinienne depuis le déclenchement de la seconde Intifada et l’élection d’Ariel Sharon en Israël, la guerre américaine en Irak, l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, le retrait des troupes syriennes du Liban en avril 2005, et la tenue du 10e Congrès du parti Baas en juin ont transformé l’échiquier intérieur et régional. Cette analyse entend apporter un nouvel éclairage sur les contraintes que subit la Syrie et les opportunités qui s’offrent à elles, en s’efforçant d’apprécier l’impact de ces changements sur sa position de négociation.

Luisa Palacios

Cette étude analyse la transformation institutionnelle du secteur pétrolier en Amérique latine et examine différents choix politiques et calendriers de réforme. L’Amérique latine, qui offre plusieurs modèles d’ouverture et de dynamique énergétique, fournit un cadre d’analyse intéressant sur le processus de libéralisation dans le cas d’un pays importateur (Brésil), d’un pays traditionnellement autosuffisant (Argentine) et chez des exportateurs (Mexique et Venezuela). On a prouvé que le niveau d’ouverture du secteur pétrolier d’un pays donné est en raison inverse de son degré de dépendance à l’égard des revenus du pétrole : les pays les plus dépendants de leur secteur pétrolier pour les revenus d’exportations et leurs recettes fiscales ont tendance à être moins ouverts à l’investissement étranger. En général, ce principe s’applique aussi en Amérique latine : les importateurs de pétrole et les pays autosuffisants tels que l’Argentine, le Pérou, la Bolivie et le Brésil ont de fait des industries pétrolières plus ouvertes à la participation du secteur privé que les exportateurs (Venezuela, Colombie, Équateur et Mexique). Toutefois, le degré d’ouverture varie beaucoup au sein même de chacune de ces catégories très générales. Cette étude montre que les différences entre pays de même catégorie sont fonction de la situation stratégique et financière de la compagnie nationale du pétrole antérieurement à la réforme, laquelle est liée à l’évolution institutionnelle de l’industrie pétrolière dans ces pays.