Alvaro Artigas

Si l’Amérique du Sud a connu une trajectoire de croissance économique ininterrompue au cours des deux dernières décennies, elle reste confrontée à une intégration énergétique qui marque le pas face à un développement industriel et urbain très dynamique. Bien que plusieurs mécanismes d’intégration coexistent, la mutualisation des nombreuses ressources du continent est décevante et menace à terme la sécurité énergétique de l’ensemble des pays. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation. D’une part, le format de l’intégration régionale n’a pas permis de mettre en place des mécanismes supranationaux de coordination et de résolution des différends. D’autre part, dans un climat de suspicion mutuelle, les Etats nationaux associent la sécurité à l’autosuffisance, et les avantages potentiels d’une intégration des réseaux et des marchés sont dès lors occultés. L’exemple du Chili et du Pérou met en évidence les dynamiques à l’œuvre ainsi que les bénéfices et les avantages d’une coordination sectorielle transversale parallèle à l’action des diplomaties nationales en la matière. Ce format d’intégration, qui se caractérise par une réduction de l’intervention publique et par une minimisation des désaccords territoriaux, constitue-t-il un modèle alternatif viable ?

Samuel B. H. Faure

Cet article porte sur le dilemme décisionnel de la politique d’acquisition d’armements. Pourquoi un état décide-t-il parfois de coopérer à l’international avec d’autres états et leurs industries de défense, pour acheter des biens militaires tels que des avions de combat, des chars d’assaut ou des navires de guerre, et pourquoi décide-t-il parfois de ne pas coopérer en privilégiant l’autarcie ? Pour répondre à cette « question de recherche », cet article rassemble, sous la forme d’une revue de la littérature, l’ensemble des contributions en science politique (soit près de cent références) qui visent à expliquer cette variation décisionnelle. L’objectif est de cartographier l’ensemble des modèles explicatifs de ce dilemme en testant leurs propositions théorique et méthodologique sur le cas de la France, pour identifier leurs principaux apports ainsi que leurs limites.

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Le lecteur ne s’étonnera pas de ce que, en 2014, le conflit en Ukraine soit au cœur des préoccupations des pays d'Europe centrale, orientale et de l'Eurasie, même si ses incidences sont diversement ressenties selon les régions considérées. Les pays d’Europe centrale et orientale sont divisés dans leur appréhension politique des événements, et leurs économies ne sont pas directement concernées par les retombées du conflit en Ukraine. On pouvait craindre en revanche qu’elles subissent l’atonie de la zone euro, et son incapacité à retrouver des taux de croissance stimulant la demande extérieure. Cependant – et c’est là une heureuse surprise –, plusieurs d’entre elles ont trouvé la parade en tirant parti des fonds que l’Union européenne leur destine généreusement pour relancer leur demande domestique. Et les effets positifs de cette tactique portent des fruits spectaculaires, d’autant qu’elle se combine avec les incidences de la faible hausse des prix sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Il y a là des enseignements à tirer pour la politique économique de l’Europe Occidentale ! Les pays de l’espace eurasiatique sont eux directement aux prises avec les développements du conflit ukrainien. Les incidences en sont multiples : les sanctions et contre-sanctions entre la Russie et l’Union européenne influent grandement sur les économies périphériques, de grands projets comme le gazoduc South Stream sont annulés, les relations des pays d’Asie centrale et du Caucase avec l’Union européenne sont observées avec vigilance par la Russie… La crise ukrainienne, c’est un fait, porte son ombre sur le grand projet de Vladimir Poutine d’instauration d’une Union économique eurasiatique.

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Le lecteur ne s’étonnera pas de ce que, en 2014, le conflit en Ukraine soit au cœur des préoccupations des pays d'Europe centrale, orientale et de l'Eurasie, même si ses incidences sont diversement ressenties selon les régions considérées. Les pays d’Europe centrale et orientale sont divisés dans leur appréhension politique des événements, et leurs économies ne sont pas directement concernées par les retombées du conflit en Ukraine. On pouvait craindre en revanche qu’elles subissent l’atonie de la zone euro, et son incapacité à retrouver des taux de croissance stimulant la demande extérieure. Cependant – et c’est là une heureuse surprise –, plusieurs d’entre elles ont trouvé la parade en tirant parti des fonds que l’Union européenne leur destine généreusement pour relancer leur demande domestique. Et les effets positifs de cette tactique portent des fruits spectaculaires, d’autant qu’elle se combine avec les incidences de la faible hausse des prix sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Il y a là des enseignements à tirer pour la politique économique de l’Europe Occidentale ! Les pays de l’espace eurasiatique sont eux directement aux prises avec les développements du conflit ukrainien. Les incidences en sont multiples : les sanctions et contre-sanctions entre la Russie et l’Union européenne influent grandement sur les économies périphériques, de grands projets comme le gazoduc South Stream sont annulés, les relations des pays d’Asie centrale et du Caucase avec l’Union européenne sont observées avec vigilance par la Russie… La crise ukrainienne, c’est un fait, porte son ombre sur le grand projet de Vladimir Poutine d’instauration d’une Union économique eurasiatique.

Jean-Pierre Pagé (dir.)

Dans le Tableau de bord d’Europe centrale et orientale et d’Eurasie de 2009, nous écrivions que les pays de l’Europe centrale et orientale étaient « touchés mais pas coulés » par la crise mondiale. Quatre ans après, ce diagnostic est toujours valable. Si l’Union européenne reste pour eux un idéal et si l’adhésion à cette union demeure un projet clairement balisé pour les Etats qui n’en sont pas encore membres, celle-ci, engluée dans ses contradictions, paraît trop souvent absente, silencieuse. Aux populations qui lui demandent un meilleur niveau de vie et plus de justice sociale, elle répond par des exigences de réformes et d’austérité et alimente ainsi dangereusement leurs désenchantements. Savoir leur répondre, c’est le défi majeur de l’Union européenne aujourd’hui. Les pays de l’Eurasie, s’ils sont moins directement touchés par la crise de la zone euro et conservent, en conséquence, une croissance nettement plus élevée, ont d’autres préoccupations. Fortement sollicités par la Russie qui entend consolider sa zone d’influence avec la concrétisation de l’Union économique eurasiatique, ils sont aussi l’objet de l’attraction qu’exerce sur eux l’Union européenne – comme en témoignent éloquemment les évènements survenus en Ukraine – et, de plus en plus, la Chine. Cet espace est donc actuellement dans une recomposition qui conditionne les possibilités de son développement.