Corinne Nativel

La pauvreté est un phénomène qui se pose avec acuité au Royaume-Uni, berceau de la révolution industrielle, du Welfare State et de la contre-révolution néolibérale thatchérienne. L'article examine les approches utilisées pour mesurer la pauvreté, dresse un profil des populations les plus touchées, pour ensuite s'intéresser aux principales conséquences et aux réponses apportées par les pouvoirs publics depuis une quinzaine d'années. Plus récemment, la mise en œuvre d'un plan d'austérité draconienne sous le gouvernement de David Cameron accentue le phénomène de paupérisation en entraînant une augmentation de l'endettement des ménages les plus démunis. Cette situation a suscité un réveil des mouvements contestataires qui placent la lutte contre la pauvreté au cœur de leurs revendications.

Les campagnes françaises sont aujourd'hui très majoritairement peuplées d'actifs peu qualifiés ouvriers et employés (7% d'agriculteurs seulement) et de non actifs modestes. Le taux de pauvreté rurale dépasse 15% dans plus du tiers des départements. Compte tenu de services sociaux et de transports déficitaires, la recherche d'emploi y est très difficile, notamment pour les jeunes et les femmes ; de véritables « trappes à pauvreté » et « zones de relégation » apparaissent. Le développement rural n'est guère favorisé par l'arrivée à la campagne de nombreux ménages modestes ou pauvres, rejetés hors zones urbaines notamment par le coût du logement.

Evelyne Ritaine

La construction politique de la frontière extérieure de l’UE en Méditerranée, envisagée du point de vue des Etats de l’Europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce, Malte), montre l’importance de la charge politico-symbolique du contrôle de la frontière pour ces Etats. Elle détermine en grande partie les modalités des contrôles mis en place, et les intrications entre décisions nationales et décisions européennes. La mise à l’agenda de cette question fait apparaître une version méditerranéenne des frontières extérieures de l’UE, largement déterminée par les conditions d’intégration des différents pays méditerranéens dans l’espace Schengen. Ce nouveau régime frontalier révèle des jeux politiques complexes, tant cette frontière méditerranéenne est saturée par des échanges politiques qui en construisent une vision sécuritaire. Considéré comme un produit de ces différents processus et tensions, l’actuel dispositif de contrôle apparaît bien moins planifié et légal-rationnel qu’erratique et travaillé par des tensions permanentes, entre tactiques internes, stratégies étatiques et tentatives de communautarisation.