Des groupes religieux « vigilants » en Birmanie ? Du maintien de l’ordre moral dans la transition politique

Auteur(s): 

Chloé Baills, doctorante en Sciences religieuses – GSRL, Ecole pratique des hautes études

Depuis le début de la transition politique en 2011, des groupes ultranationalistes bouddhiques dirigés par des moines persécutent les musulmans de l’Etat d'Arakan. Cette région est située à l’ouest de la Birmanie, à la frontière avec le Bangladesh, et abrite des minorités musulmanes qui revendiquent l’ethnonyme « Rohingya », bien que le gouvernement persiste à vouloir les appeler Bengalis1. A partir de 2012, ces groupes bouddhiques, qui ne constituent toutefois qu’une frange restreinte du sangha, le clergé monastique birman, sont devenus très populaires dans un pays où 90% de la population est bouddhiste2 : au nom du maintien d’un ordre moral supposément menacé par l’ouverture au monde et la présence étrangère, en particulier musulmane, ces groupuscules extrémistes ont surpris par leurs modes d’action violents et leurs prises de position radicales. D’actes peu coordonnés mis en œuvre pour lutter contre le crime et les « immigrés illégaux » de l’Etat d’Arakan, à l’édification d’un vaste réseau d’activistes religieux luttant pour la « protection de la race et de la religion birmane », ces groupes partagent certaines similitudes avec les acteurs du vigilantisme contemporain : ils utilisent la violence extralégale pour légitimer la défense d’une communauté imaginée, dans la perception d’une menace et d’une absence d’actions étatiques contre celle-ci3. Dans l’espace birman contemporain, cette violence est revendiquée et orchestrée par des figures monastiques dans la mesure où la communauté à défendre est « morale »4, fondée sur l’adhésion de ses membres au bouddhisme, et dont l’essence même se verrait altérée par le processus de démocratisation.

« Vigilantisme » et préservation du thathana dans la transition politique contemporaine

Début 2010, une frange extrémiste du sangha est devenue particulièrement audible dans l’espace birman. Profitant de la libéralisation récente des médias et de la parole, elle s'est mise à propager un discours de haine très violent à l’encontre des musulmans d'Arakan. Non reconnus par l'Etat depuis la loi de citoyenneté de 19825, les « Rohingya » et par extension les musulmans, incarnent désormais la figure de l'Etranger6. La propagande dont ils font l'objet s'appuie sur des théories complotistes diffusées à l’échelle mondiale et ayant pour fixation l’islam : les musulmans sont ainsi assimilés à des immigrés illégaux, présents sur le territoire pour s'accaparer les ressources, forcer les femmes bouddhistes à la conversion, et pourraient à terme « remplacer » la population bouddhiste7.

Pour légitimer ce discours, les ultranationalistes religieux remobilisent un motif récurent du corpus bouddhique : la défense du Sāsana. Ce terme de langue palie traduit par thathana en birman, fait généralement référence à la religion bouddhiste, et désigne la communauté bouddhique dans son ensemble (clergé et laïcs) ainsi que les enseignements du Bouddha. Dans la tradition theravada, le rôle du corps social bouddhicisé est de faire vivre les enseignements bouddhiques et de transmettre la connaissance des textes pâlis à travers le monde ; en d’autres termes, de préserver le Sāsana. Les Bouddhistes birmans forment ainsi, une « communauté morale » unie contre son déclin, une façon nouvelle de penser leur appartenance à la collectivité. L’imaginaire de la nation birmane est donc conçu à l’intérieur de cette communauté morale, fondée sur l’adhésion de ses membres au bouddhisme. Or après un demi-siècle de dictature militaire (1962-2011) où la culture « bamar »8 et la religion bouddhiste ont été érigées en normes de l’identité, la transition politique, qui suppose davantage d’ouverture à l’autre et de pluralisme religieux, vient interroger de façon inédite cette notion. Cette dynamique est renforcée, dès le début de la présidence de Thein Sein (2011-2016), par la volonté du gouvernement de l’USDP (l’Union Solidarity Development Party, le parti de Thein Sein soutenu par les militaires) d'inclure les minorités ethnoreligieuses dans un projet politique commun. C’est pourquoi les ultranationalistes religieux se sont emparés de la question identitaire et sont venus politiser l’espace social dans le but de défendre une conception exclusive et bouddhiste de l’identité birmane. Ils l’ont cependant fait en revendiquant la défense du thathana, un cadre de réflexion qui leur est propre et rend particulièrement légitime leur action.

C’est dans ce contexte politique que des violences intercommunautaires resurgissent dans l’Etat d'Arakan en juin 2012, faisant quatre mois plus tard, près de 200 morts et quelque 140 000 déplacés, musulmans pour la plupart9. La médiatisation dans la presse locale du viol et du meurtre d’une bouddhiste attribués à trois musulmans déclenche les premières attaques contre les populations musulmanes10. Une semaine plus tard, l’état d’urgence est déclaré dans l’Etat d’Arakan. C’est la première fois que le président Thein Sein utilise cette disposition de la Constitution de 2008 depuis son intronisation en mars 201111. L’état d’urgence permet de transférer l’autorité de la région à l’armée et de « suspendre ou restreindre » n’importe quel droit des citoyens pour restaurer l’ordre le plus rapidement possible12. Sans couverture médiatique ni primauté du droit, diverses forces de sécurité de l’Etat se seraient ainsi alliées aux Bouddhistes arakanais pour poursuivre les attaques contre la minorité musulmane13.

En 2012, les attaques et mobilisations violentes sont encouragées par les propos haineux de groupuscules arakanais bouddhiques et les prêches ethno-nationalistes du moine Wirathu, qui devient rapidement la figure de proue du bouddhisme extrémiste14. En 2013, la propagande antimusulmane prend de l'ampleur conjointement à l'essor du mouvement 96915. Ce vaste réseau de militants religieux est à l’origine d’une campagne de prédication monastique appelant au boycott des produits et commerces musulmans. Autocollants et drapeaux à l’effigie de 969, symbolisant le refus de « traiter » avec les musulmans, fleurissent bientôt dans les tea shop, taxis et autobus des principales villes du pays. La multiplication de prêches virulents, à l’initiative de moines affiliés à 969, accompagne de nouvelles attaques dans plusieurs localités de Birmanie centrale. Or on observe la congruence entre la tenue de sermons publics et le déroulement de mobilisations violentes auxquelles moines et civils participent, parfois aux côtés des forces de police locales16.

La circulation des informations sur les réseaux sociaux permet par ailleurs de fédérer davantage les rassemblements tandis que la propagation de rumeurs précipite leur formation. En mars 2013, la ville centrale de Meiktila est touchée à son tour par des attaques violentes contre la population musulmane. L’état d’urgence est déclaré après trois jours d’émeutes qui font 40 morts et quelque 10 000 déplacés17. Les émeutes de Meiktila, en plein cœur du pays, provoquent une vague d’indignation au sein de la société birmane, activistes, responsables religieux et personnel politique dénonçant l’incitation à la haine provoquée par les moines issus de 969. Dans un discours d’apaisement, le Président Thein Sein condamne alors l’exploitation des « nobles enseignements » à des fins de violence, s’engageant à criminaliser dorénavant ce type d’action18. Il ne prend cependant aucune mesure à l’encontre de 969 ou de Wirathu. De plus, en juillet 2013, lorsque le magazine Time consacre sa couverture au moine ultranationaliste et la légende « le visage de la terreur bouddhiste », le gouvernement Thein Sein apporte officiellement son soutien au moine. Il censure l’édition du magazine dans le pays19, déclarant dans un communiqué que 969 est « juste un symbole de paix » et Wirathu, le « fils du seigneur Bouddha »20. Les émeutes de Meiktila constituent en ce sens un moment clé dans la revendication par l’Etat du monopole de la violence légitime : vivement réprouvées, elles permettent néanmoins de douter de la volonté du gouvernent Thein Sein de mettre un terme aux actions violentes et illégales des ultranationalistes religieux. Il est désormais attendu que celui-ci réduise l’intervention publique des moines sur la scène politique, qui est contraire à leur code de conduite et de règles, le Vinaya, ainsi qu’au principe séculier du processus de démocratisation. En conséquence, le comité d’Etat en charge de la communauté monastique, le State Sangha Maha Nayaka Committee (ou Mahana21) émet, en septembre 2013, les premières mesures d’interdiction à l’encontre de 969. Cette autorité rappelle que les moines ne doivent pas intervenir dans les affaires politiques, n’ont pas le droit de vote, ni ne sont autorisés à créer des associations ou organisations à but politique. Malgré cette interdiction du Mahana, une nouvelle série d’attaques est orchestrée l’année suivante à Mandalay : la propagation d’une rumeur –le viol d’une femme bouddhiste par un musulman– relayée notamment sur le compte Facebook de Wirathu déclenche des émeutes violentes dans la seconde ville du pays22.

Mabatha : une collusion entre l’Etat et les groupes « vigilants »

Peu de temps avant l’interdiction de 969, Wirathu et plusieurs figures monastiques de haut rang, dont le très respecté Sitagu Sayadaw, décident de fonder une nouvelle organisation : l’Amyo Batha Thathana Saun Shaung Ye Aphwe, plus connue sous le nom de Mabatha, une organisation qui lutte pour la « protection de la race et de la religion birmane »23. Wirathu parvient ainsi à contourner l’interdiction du Mahana en associant des laïcs à cette nouvelle entité, qui a pour objectif de mener des activités sociales et politiques avec des organisations de la société civile, des responsables gouvernementaux et des membres du sangha. Davantage hiérarchisée, cette nouvelle entité partage l’idéologie de 969, mais rejette officiellement l’utilisation de la violence24. Outre son engagement pour la diffusion publique du dharma (les enseignements du Bouddha) et pour l'éducation (par le biais d’écoles spécialisées, les Dhamma Schools), Mabatha initie dès 2013 une campagne de lobbying pour la promulgation d’un ensemble de lois visant à protéger « la race et la religion birmane »25 . En décembre 2014, Mabatha soumet ainsi au Parlement quatre lois qui régulent la conversion religieuse, le mariage interconfessionnel, la monogamie et le contrôle des naissances26. L’objectif affiché de Mabatha est de faire pression sur la scène politique au nom de la préservation du bouddhisme, à travers l’élaboration d’un cadre juridique discriminant les minorités religieuses, en particulier musulmanes27. En août 2015, les quatre lois sont adoptées au Parlement grâce au vote des députés militaires et issus de l’USDP28. C’est dans ce contexte que s’ouvre la campagne électorale pour les élections de novembre 2015 : les deux grands favoris sont l’USDP, le parti du Président Thein Sein, et la NLD (National League for Democracy), le parti démocrate porté par Aung San Suu Kyi. Si Mabatha se défend de faire ouvertement campagne pour l’USDP, le groupe lui est cependant redevable après l’adoption des quatre lois29. Le parti démocrate ainsi qu’Aung San Suu Kyi, qui se sont opposés au vote des lois discriminatoires, font en revanche l’objet d’une campagne active de dénigrement de la part de Mabatha30.

Aung San Suu Kyi, la NLD et la criminalisation du « vigilantisme »

Pour autant, la NLD et sa célèbre cheffe de fille, Aung San Suu Kyi, remportent la majorité des sièges dans les deux chambres du Parlement lors du scrutin historique de novembre 2015. Depuis mars 2016, l’emblématique Conseillère d’Etat et son gouvernement s’efforcent de reprendre le contrôle du groupe Mabatha et de criminaliser les actions « vigilantes » des ultranationalistes religieux. En juillet, alors que deux nouvelles attaques contre la minorité musulmane viennent d’avoir lieu31, le gouverneur de Rangoun Phyo Min Thein évoque la possibilité que Mabatha qui n’a pas été fondé en accord avec la haute autorité du sangha, le Mahana, soit interdit en accord avec celle-ci32. Le Mahana déclare alors que Mabatha n’est pas une « association de moines légale », le ministre des Affaires religieuses, Aung Ko, profitant de l’occasion pour rappeler qu’aucun moine n’est « au-dessus de la loi » et peut donc être poursuivi33. A partir d’octobre 2016, le gouvernement NLD fait cependant face à une nouvelle crise humanitaire dans l’Etat d’Arakan : l’armée se livre hors de tout contrôle à des opérations militaires de grande ampleur et à des massacres, en représailles d’attaques de postes de police par un groupuscule terroriste, l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), ce qui engendre l’exode massif de 800 000 « Rohingyas » vers le Bangladesh34.

Aung San Suu Kyi, vivement critiquée pour sa gestion de la crise humanitaire, bien qu’elle ne puisse intervenir officiellement dans les dossiers militaires, s’attache donc à limiter le poids de Mabatha sur la scène politique, tout en évitant de froisser son électorat bouddhiste qui partage certaines des revendications portées par les ultranationalistes religieux. Le parti n’avait d’ailleurs présenté aucun candidat musulman aux élections de 2015. La NLD cherche donc des moyens légaux pour poursuivre Mabatha afin d’éviter la confrontation et condamner toute action illégale visant le groupe musulman. En mars 2017, Wirathu est interdit de sermons publics pendant un an, pour s’être réjoui de l’assassinat de Ko Ni, célèbre avocat musulman et proche conseiller d’Aung San Suu Kyi, tué en plein jour à l’aéroport de Rangoun un mois plus tôt35. Quelques mois plus tard, le Mahana ordonne la cessation de toutes les activités de Mabatha, qui se recompose néanmoins en une organisation « philanthropique », la Buddha Dhamma Parahita Foundation36. De manière plus générale, les attaques et actions violentes contre la minorité musulmane se voient systématiquement criminalisées à postériori par le gouvernement NLD.

C’est donc davantage sur le plan juridique que ce dernier a choisi de combattre les ultranationalistes religieux. Dernier exemple notoire, en mai 2019, Wirathu est finalement poursuivi pour appel à la sédition, après avoir tenu des propos outrageux à l’encontre d’Aung San Suu Kyi lors d’une manifestation. Un mandat d’arrêt a été émis contre le moine ultranationaliste qui ne s’est pas présenté à son procès37.

  • 1. Jacques Leider. Conflict and Mass Violence in Arakan (Rakine State): The 1942 Events and Political Identity Formation. In A. South & M. Lall (dir.), Citizenship in Myanmar: Ways of Being in and from Burma (p. 193-221). ISEAS–Yusof Ishak Institute. 2017.
  • 2. Selon les chiffres actuels, il y aurait 87,9% de bouddhistes en Birmanie, 6,2% de chrétiens, 4,3% de musulmans, 0,8% d’animistes, 0,5% d’hindous, 0,2% d’autres et 0,1% de non croyants. Alexandra de Mersan. Birmanie. Un pays sous pression. In L’Asie du Sud-Est 2018. Bilan enjeux et perspectives. IRASEC. Bangkok, 2018.
  • 3. Laurent Fourchard. État de littérature. Le vigilantisme contemporain. Violence et légitimité d’une activité policière bon marché. In Critique internationale. 2018, vol. 78, n°1, p.169-186 ; Gilles Favarel-Garrigues, Laurent Gayer. Violer la loi pour maintenir l’ordre : Le vigilantisme en débat. Politix, 2016, vol. 115, n°3, p.7-33.
  • 4. A. Turner. Saving Buddhism: The Impermanence of Religion in Colonial Burma. Honolulu : University of Hawai'i Press. 2014. p. 240.
  • 5. Les « Rohingyas » réclament que leur soit reconnu le statut de « race nationale » comme les autres groupes ethnolinguistiques et religieux. Cela leur a été refusé dans la loi de citoyenneté de 1982 qui stipule par ailleurs qu’une personne citoyenne au moment de l’établissement de la loi, doit le rester, et qu’après trois générations, toute personne née dans le pays doit obtenir la citoyenneté. S’ils n’ont pas d’accès à la citoyenneté de facto, ils auraient dû pouvoir faire valoir leur droit du sol. Or la plupart des musulmans d’Arakan se sont vus retirer leurs cartes nationales d’identité lors d’un processus de vérification qui a par la suite été suspendu. Ils ont donc été obligés de recandidater à la citoyenneté birmane et prouver leur ancienneté sur le territoire. Un processus qui n’a pas abouti pour la plupart d’entre eux, raison pour laquelle l’Etat birman leur a délivré des « cartes blanches » (« white cards »), qui les identifient comme non-autochtones et les empêchent d’accéder à un certain nombre de droits. Derek Tonkin. Exploring the Issue of Citizenship in Rakhine State. In A. South & M. Lall (dir.), Citizenship in Myanmar: Ways of Being in and from Burma (p. 222-263). ISEAS–Yusof Ishak Institute. 2017.
  • 6. Alexandra de Mersan. Comment les musulmans d’Arakan sont-ils devenus étrangers à l’Arakan ? In Moussons. 2016. n°28 [URL: http://journals.openedition.org/moussons/3664].
  • 7. Iselin Frydenlund. Buddhist Islamophobia: Actors, Tropes, Contexts. Handbook of Conspiracy Theory and Contemporary Religion, Septembre 2018. p.279-302.
  • 8. Historiquement, le pays est divisé entre ceux qui s’identifient comme « bamar », le groupe principal peuplant la plaine centrale et de religion bouddhiste dont sont issues les élites politiques depuis l’Indépendance ; et de l’autre, les non « bamar », les minorités officielles (135 « races nationales ») et les groupes considérés comme étrangers (dont font partie les « Rohingyas »). Pendant la dictature socialiste (1962-1988), le général Ne Win a mené une politique de « bamarisation » visant à assimiler de façon systématique les individus non « bamar ». Cette politique a été reprise par la junte militaire (1988-2011) mais elle a réintégré les individus non bouddhistes dans le passé commun de la Birmanie pour montrer à quel point ils différaient de l’idéologie nationale dominante. La culture « bamar » est donc devenue la norme de l’identité nationale. Houtman, Gustaaf. (1999). Mental Culture in Burmese Crisis Politics: Aung San Suu Kyi and the National League for Democracy. Tokyo, Institute for the Study of Languages and Cultures of Asia and Africa. pp.392.
  • 9. Human Rights Watch. « The Government Could Have Stopped This ». HRW Report, 31 juillet 2012 [URL : https://www.hrw.org/report/2012/07/31/government-could-have-stopped/sectarian-violence-and-ensuing-abuses-burmas-arakan].
  • 10. Après un jugement expéditif, les trois hommes sont condamnés à mort le 18 juin 2012. La rapidité de la procédure judiciaire et l’opacité du procès soulèvent de nombreuses interrogations. Hanna Hindstrom. « Three men given death sentence for murder that sparked riots ». Democratic Voice of Burma, 18 juin 2012 [URL: http://english.dvb.no/news/three-men-given-death-sentence-for-murder-that-sparked-riots/22512]
  • 11. Thomas Fuller. « Crisis in Myanmar Over Buddhist-Muslim Clash ». New York Times, 10 juin 2012 [URL: https://www.nytimes.com/2012/06/11/world/asia/state-of-emergency-declared-in-western-myanmar.html].
  • 12. Melissa. A. Crouch. The Constitution, Emergency Powers and the Rule of Law in Myanmar. Panorama: Myanmar in Transition. 29 décembre 2013. p.45-56.
  • 13. Art. cite., Human Rights Watch, p.20.
  • 14. Bénédicte Brac de la Perrière. Le Vénérable W., portrait d’une figure birmane de la provocation, Terrain, Glissements de terrain. 2019. [URL : http://journals.openedition.org/terrain/17749].
  • 15. Le symbole « 969 » est issu de la numérologie bouddhique et fait référence aux neuf attributs du Bouddha, aux six attributs du dharma (les enseignements du Bouddha) et aux neuf attributs du sangha. Le mouvement 969 apparait en 1997 avec la parution du manifeste « 969 », écrit par un certain Kyaw Lwin, choisi par la junte militaire (1988-2011) pour promouvoir le bouddhisme d’Etat, après la répression violente du soulèvement populaire de 1988. Ce manifeste exhorte alors les Bouddhistes à afficher le symbole « 969 » sur leurs maisons, commerces et véhicules. Le mouvement est repris en 2013 par plusieurs figures monastiques dont Wirathu qui en prend la tête : le symbole « 969 » devient plus ouvertement antimusulman, s’opposant à celui de « 786 » qui est utilisé par les musulmans en Birmanie et ailleurs dans le monde pour marquer les restaurants et magasins halals. Kyaw Zoe Moe. « A Radically Different Dhamma ». Irrawaddy News, 9 mars 2017 [URL: https://www.irrawaddy.com/from-the-archive/radically-different-dhamma-2.html].
  • 16. Jason Szep. « Special Report: Buddhist monks incite Muslim killings in Myanmar ». Reuters, 8 avril 2013, [URL : https://www.reuters.com/article/us-myanmar-violence-specialreport/special-report-buddhist-monks-incite-muslim-killings-in-myanmar-idUSBRE9370AP20130408].
  • 17. Sithu Lwin. « Meiktila erupts ». Myanmar Times, 23 mars 2013 [URL: https://www.mmtimes.com/national-news/5710-meiktila-erupts.html].
  • 18. The Irrawaddy. «‘Political Opportunists’ and ‘Religious Extremists’ Behind Riots: Thein Sein », Irrawaddy News, 28 mars 2013 [URL: https://www.irrawaddy.com/news/political-opportunists-and-religious-extremists-behind-riots-thein-sein.html].
  • 19. Tha Lun Zaung Htet. « Burmese Firm Cancels Distribution of Time Magazine, After Controversy ». Irrawaddy News, 25 juin 2013, [URL: https://www.irrawaddy.com/news/burma/burmese-firm-cancels-distribution-of-time-magazine-after-controversy.html].
  • 20. Jonathan DeHart. « Ashin Wirathu: The Monk Behind Burma’s “Buddhist Terror” ». The Diplomat, 25 juin 2013 [URL : https://thediplomat.com/2013/06/ashin-wirathu-the-monk-behind-burmas-buddhist-terror/].
  • 21. Depuis la réforme du sangha en 1980, cette autorité gouvernementale régule la communauté des moines. On la désigne souvent par son abréviation, Mahana. Son nom complet est Naing Ngan Daw Sanga Mahar Nayaka Aphwe (que l’on pourrait traduire par « comité d’Etat des grands leaders du sangha »).
  • 22. Khin Khin Ei, San Maw Aung. « Thein Sein Warns Myanmar Media Against Instigating Violence ». Radio Free Asia, 8 juillet 2014 [URL: https://www.rfa.org/english/news/myanmar/media-07082014180837.html].
  • 23. Khin Pyay Sone, Set Paing Toe, Kyaw Kyaw Aung, Kyaw Zaw Win. « Myanmar Buddhist Monks Launch Group for ‘Defending Religion’». Radio Free Asia, 15 janvier 2014 [URL: https://www.rfa.org/english/news/myanmar/buddhist-congress-01152014180734.html/].
  • 24. Sithu Lwin. « Wirathu circumvents 969 ban ». Myanmar Times, 17 octobre 2013 [URL: https://www.mmtimes.com/national-news/8496-wirathu-circumvents-969-ban.html].
  • 25. Iselin Frydenlund. « MaBaTha ». World Religions & Spirituality Project (WRSP), 20 mars 2018 [URL: https://wrldrels.org/2018/03/21/mabatha/].
  • 26. La Monogamy Law, la Religious Conversion Law, la Buddhist Women’s Special Marriage Law et la Population Control Law. The Irrawaddy. « ‘Protection Laws’ Submitted to Burma’s Parliament ». Irrawaddy News, 2 décembre 2014 [URL: https://www.irrawaddy.com/news/burma/protection-laws-submitted-burmas-parliament.html].
  • 27. Shameema Rahman, Wendy Zeldin. « Burma: Four “Race and Religion Protection Laws” Adopted », Library of Congress, 14 septembre 2015 [URL: http://www.loc.gov/law/foreign-news/article/burma-four-race-and-religion-protection-laws-adopted/].
  • 28. Aung Kyaw Min. « Hyper-nationalists celebrate four ‘race and religion’ laws ». Myanmar Times, 14 septembre 2015 [URL: https://www.mmtimes.com/national-news/16477-hyper-nationalists-celebrate-four-race-and-religion-laws.html]
  • 29. Aung Kyaw Min. « Ma Ba Tha justifies religion in politics ». Myanmar Times, 5 octobre 2015 [URL: https://www.mmtimes.com/national-news/16818-ma-ba-tha-justifies-religion-in-politics.html].
  • 30. Ei Ei Toe Lwin. « Guardians of ‘race and religion’ target NLD ». Myanmar Times, 2 octobre 2015 [URL: https://www.mmtimes.com/national-news/16801-guardians-of-race-and-religion-target-nld.html].
  • 31. Shamil Shams. « Myanmar mob burns down mosque as Buddhist-Muslim tensions rise ». Deutsche Welle News, 2 juillet 2016 [URL: https://www.dw.com/en/myanmar-mob-burns-down-mosque-as-buddhist-muslim-tensions-rise/a-19373522].
  • 32. Aung Kyaw Min, Lun Min Mang. « State Sangha disowns Committee for the Protection of Nationality and Religion ». Myanmar Times, 13 juillet 2016 [URL: https://www.mmtimes.com/national-news/21344-state-sangha-disowns-committee-for-the-protection-of-nationality-and-religion.html].
  • 33. Awi Weng, Pyay Kyaw. « Religious Affairs Minister Says No Monk is Above the Law ». Irrawaddy News, 14 juillet 2016 [URL:  https://www.irrawaddy.com/news/burma/religious-affairs-minister-says-no-monk-is-above-the-law.html]. 
  • 34. Depuis août 2018, cette situation est qualifiée de génocide par les Nations Unies. Hannah Ellis-Petersen. « Myanmar's military accused of genocide in damning UN report ». Guardian, 27 août 2018 [URL: https://www.theguardian.com/world/2018/aug/27/myanmars-military-accused-of-genocide-by-damning-un-report].
  • 35. Agence France Presse & Frontier. « Wirathu banned from sermons after celebrating U Ko Ni assassins ». Frontier, 12 mars 2017 [URL: https://frontiermyanmar.net/en/wirathu-banned-from-sermons-after-celebrating-u-ko-ni-assassins]
  • 36. Mratt Kyaw Thu. « Ma Ba Tha ordered to cease all activities by State Sangha Committee ». Frontier, 23 mai 2017 [URL: https://frontiermyanmar.net/en/ma-ba-tha-ordered-to-cease-all-activities-by-state-sangha-committee].
  • 37. Hannah Beech, Saw Nang. « He Incited Massacre, but Insulting Aung San Suu Kyi Was the Last Straw ». New York Times, 29 mai 2019 [URL: https://www.nytimes.com/2019/05/29/world/asia/myanmar-wirathu-monk-buddhism.html].