L'entrée du nouveau campus de Sciences Po à Poitiers @Sylvain Rochas / Sciences Po
Poitiers, un campus idéal
10 avril 2019

Carnet de chantier : épisode 2, la démolition

Chantier de l'Artillerie - 8 mars 2019 - Crédit : Martin Argyroglo / Sciences Po

Mars 2019 : le bâtiment des années 1920, qui occupait une grande partie de la cour Gribeauval, est démoli, tandis que le curage des autres bâtiments dévoile leurs précédentes vies.

La déconstruction

La croqueuse est une pelleteuse équipée d’un long bras, terminé par une mâchoire en acier qui vient découper le bâtiment. Elle pulvérise de l’eau afin de rabattre les nuages de poussière.

Sur un chantier aussi, on trie ! C’est pour cette raison qu’on parle de déconstruction plutôt que de démolition : les matériaux sont triés suivant leur nature et orientés vers les filières de traitement ad hoc. Le métal est recyclé, et les blocs de béton armé seront broyés pour fabriquer de l’acier et des granulats, utilisés par exemple pour construire des routes.

Vues intérieures des bâtiments de la cour Gribeauval

Ces bâtiments sont conservés. Le curage intérieur a commencé, c’est-à-dire le nettoyage des éléments “non constructifs”. La machine ne peut pas tout : dans les espaces confinés, ce sont les ouvriers qui déposent les cloisons, les faux-plafonds et les sols.

Vues intérieures des étages du cloître

Les travaux de curage sont une forme d’archéologie du bâtiment : nous retrouvons des détails architecturaux propres au cloître et qui n’étaient plus apparents, par exemple les ébrasements de fenêtres en assemblage de pierres de taille, avec voûte et clé de voûte, ou encore des portes bouchées par les précédents occupants. Sont aussi révélées les dimensions des deux galeries protégées, telles qu’elles ont été imaginées par les dominicains, et les vies successives du bâtiment.