Le groupe “parcours utilisateurs” en séance de travail le 27 mars 2017.
Un travail collaboratif : 4 groupes projets pour imaginer Campus 2022
27 mars 2017
Illustration de l'Hôtel de l'Artillerie © Sciences Po - Sandrine Gaudin
Un campus pour se réinventer
28 mars 2017

“Campus 2022 : une qualité de vie et d’études exceptionnelle”

© Jean-Paul Loyer / Presswall

Charline Avenel © Jean-Paul Loyer / Presswall

Pilote du projet aux côtés de Frédéric Mion, Charline Avenel, secrétaire générale de Sciences Po, revient sur la genèse de Campus 2022 : des premières visites à l’acquisition de l’hôtel de l’Artillerie en décembre 2016, en passant par trois ans d’intenses négociations. Avec en ligne de mire, une opportunité unique de réinventer Sciences Po autour de son nouveau campus.

Comment est né le projet Campus 2022 ?

En juin 2013, nous avons visité avec Frédéric Mion le site de l’hôtel de l’Artillerie, que son prédécesseur, Richard Descoings, avait repéré. Il s’agit d’un ancien noviciat dominicain, devenu musée d’armes et site militaire, situé Place Saint-Thomas d’Aquin. Quand nous l’avons visité, cela nous est apparu avec Frédéric Mion comme une opportunité unique et une évidence absolue. Nous y avons vu l’incarnation de son projet pour Sciences Po et de ses ambitions : faire de ce site magnifique le lieu idéal pour se former, chercher, attirer les meilleurs talents. Nous avons toutefois dû mener un long travail d’étude pour évaluer la faisabilité technique, juridique et financière de ce projet. Après quelques mois de travail, tous ces clignotants étaient au vert. Cette évidence pouvait devenir réalité !

Pourtant le processus d’acquisition n’a pas été une mince affaire…

Il nous a fallu nous armer de patience et de ténacité. Frédéric Mion a toujours cru en la justesse et la pertinence du projet. La force de notre conviction a fait notre réputation auprès des décideurs. Il nous a fallu convaincre les partenaires, à commencer par l’État et le Ministère de la Défense, qui était le propriétaire de l’hôtel de l’Artillerie. Avec la Ville de Paris, nous avons négocié au millimètre près le plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7ème arrondissement. Nous devions nous assurer que nous pourrions trouver les mètres carrés nécessaires tout en respectant un patrimoine pour partie classé. Enfin, il a fallu constituer un dossier solide face aux financeurs. Trois ans de difficiles et ardentes négociations pour aboutir le 23 décembre 2016 à la signature de l’acquisition. C’était un merveilleux cadeau de Noël pour l’institution et les valeureuses équipes impliquées dans cette négociation.

Pourquoi ce projet l’a-t-il emporté ?

Campus 2022 est un projet d’intérêt général. Il va renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur parisien et français en Europe et à l’international. Il va transformer profondément Sciences Po et conforter sa place parmi les meilleures universités en sciences humaines et sociales. Il s’agit d’un projet économiquement solide qui sera source d’économies puisque Sciences Po va libérer seize locations et se concentrer sur sept sites. La vie de nos étudiants, chercheurs, enseignants, partenaires, va s’en trouver transformée et profondément améliorée.

C’est-à-dire ?

Avec Campus 2022, Sciences Po se réinvente. Ce projet permet de repenser l’institution et d’insuffler un vent nouveau à la mesure de notre ambition intellectuelle et sociale. Nous allons construire des espaces d’innovation pour l’ensemble de nos formations et concevoir les salles de cours de demain : une “newsroom”, pour les étudiants de l’École de journalisme, et pour tous les étudiants, des salles de projets collectifs, des espaces modulaires, une place centrale pour notre incubateur. Tout cela en connexion directe avec nos chercheurs et au plus près de nos étudiants. Du point de vue de la recherche, nous allons stimuler l’interdisciplinarité : nos chercheurs seront rassemblés sur deux sites, qu’ils partageront avec les étudiants. Pensé pour les usages numériques, ce campus sera riche de son patrimoine et de ses espaces verts. Nous allons offrir à toutes nos communautés une qualité de vie et d’études au cœur de Paris d’un niveau exceptionnel et que beaucoup, je crois, nous envieront.

Comment imaginer ce projet Campus 2022 collectivement ?

D’ores et déjà, quatre groupes composés d’étudiants, de chercheurs, d’enseignants et de salariés de l’institution travaillent sur des propositions qui vont nous permettre d’affiner nos ambitions programmatiques. Ils sont concentrés sur quatre thèmes (campus urbain, campus numérique et innovant, parcours utilisateurs, expérience étudiante), et rendront leurs conclusions fin avril 2017. C’est la date à laquelle nous choisirons quatre groupements de promoteurs (concepteurs et architectes) parmi les dix-neuf qui ont aujourd’hui manifesté leur volonté de concourir, dans le cadre d’un appel à candidatures. De plus, nous lançons une boîte à idées pour toutes les communautés de Sciences Po. Des travaux sollicitant ces communautés et les partenaires sociaux seront également menés pour affiner nos besoins, notamment en termes d’environnement de travail.

Que se passera-t-il ensuite ?

Frédéric Mion et Charline Avenel lors de la signature (déc. 2016)

Frédéric Mion et Charline Avenel lors de la signature (déc. 2016)

Nous choisirons le groupement de promoteurs qui conduira les travaux entre la fin 2017 et le début 2018. Nous lui demanderons de mener à bien ce projet – un chantier complexe en plein cœur de Paris – en respectant les prix et les délais, et de le conduire avec beaucoup d’intelligence pour réaliser ce que nous voulons devenir. Ce sont deux grands chantiers que nous avons devant nous : d’abord penser la transformation qui nous projettera audacieusement dans ce nouveau Sciences Po au cœur de Paris. Et dans le même temps, choisir les meilleurs professionnels pour réaliser cette ambition. Ces deux échéances communiquent entre elles et nous engagent.

Qu’est-ce qui selon vous, qui, avec Frédéric Mion, pilotez ce projet, préfigure l’université de demain ?

Ma réponse est très personnelle et nécessitera d’être confrontée à d’autres regards au sein de Sciences Po. La première tendance forte que permet ce projet, c’est le croisement des disciplines, des publics, des compétences et des activités. Nous devons donner à l’institution non seulement des espaces pour déployer chaque activité, mais permettre cette fertilisation croisée des regards. Je rêve par ailleurs d’un lieu ouvert sur la ville et plus largement, d’un lieu qui soit conforme à notre image, à ce que nous représentons en terme de diversité et d’ouverture internationale. Je souhaite que nous gardions l’ambition qui guide l’institution depuis sa fondation : influer sur la société, avoir sur elle un impact pour la transformer. Cela se joue dans l’espace, notamment dans la transparence, et les liens que nous tissons avec le quartier, la ville et au-delà, avec l’Europe et le reste du monde. Nous devons concevoir des espaces très qualitatifs, autant à l’extérieur qu’à l’intérieur : learning centers, salles de travail, équipements pédagogiques, espaces dédiés à la recherche, espaces de convivialité, cafétéria, guichet unique pour rendre service aux étudiants. C’est là le signe de l’attachement que nous accordons à l’enseignement supérieur et à la recherche, qui sont des biens individuels et collectifs à haute valeur ajoutée.