Retour accueil
Censure et cinéma
un tour du monde
Moyen-Orient

Bibliographie
illustrée

__________________

Baromètre

Irréversible
(G. Noé, 2002, France) :
sorti en salles (Israël)

Der Untergang
(O. Hirschbiegel, 2004, Allemagne) :
sorti en salles après projection test (Israël)

The Da Vinci Code
(R. Howard, 2006, Etats-Unis) :
sorti en salles (Bahrein, Israël, Koweit, Oman, Qatar)
sorti en salles avec une scène coupée (Emirats Arabes Unis)
interdit (Egypte, Iran, Irak, Jordanie, Liban, Syrie)

Pirates of the Caribbean 2
(G. Verbinski, 2006, Etats-Unis) :
sorti en salles (Bahrein, Egypte, Israël, Jordanie, Oman, Qatar, Emirats Arabes Unis, Turquie)

__________________

Liens

EGYPTE

Ministère de la culture

Galal, Dina
"Le cinéma grand public égyptien : entre censure et guichet" in : La censure ou comment la contourner : dire et ne pas dire dans l'Egypte contemporaine (Egypte / Monde arabe n°3, 2000)

Jacquemond, Richard
Quelques débats récents autour de la censure (Egypte / Monde arabe n°20, 1994)

Barlet, Olivier
Youssef, Khaled
“Le Chaos face à la censure” (2008)

Salaün, Tangi
Censure : le cinéma égyptien, par Tangi Salaün (L’Express.fr, 14/11/2007)

EMIRATS ARABES UNIS

Censorship wiki : United Arab Emirates

Film rating in UAE

IRAN

Ministère du guide islamique et de la culture

Fondation Farabi pour le cinéma

  • Histoire

Film censorship [in Persian cinema]

TURQUIE

La censure du cinéma turc (en turc)

__________________

Chronologie

1904
Egypte : 1ères lois de censure des films (occupation britannique)

ca. 1905
Iran : opposition religieuse au cinéma (interdit sur représentation des êtres animés)

1912
Turquie (Izmir) : pétition pour interdire l'entrée des salles aux musulmans

Années 1920
Syrie : censure exercée par le protectorat français

1923
Egypte : loi de censure théâtre et cinéma au Caire

1932
Turquie : création d'une commission de censure des scénarios

1933
Palestine : "Sabra" d'A. Ford interdit par la censure anglaise (film en yiddish "gauchiste et anti-arabe")

1939-1945
Egypte : censure militaire britannique

1949
Iran : charte de la censure

1955
Egypte : loi sur la censure des films, lanternes magiques, chansons, pièces de théâtre, monologues, disques et bandes magnétiques

1967
Israël : levée de l'interdiction des films allemands

1972
Egypte : circulaire aux sociétés de distribution du Caire (purger les films étrangers et égyptiens ce qui heurte traditions et coutumes, afin que tous les âges puissent voir les mêmes films)

1976
Egypte : décret de l'Information sur censure des matériaux artistiques (reconduit la loi de 1955, mais permet de ridiculiser les hommes politiques des régimes précédents)

ca. 1978
Arabie saoudite : interdiction du cinéma

ca. 1980
Iran : interdiction du cinéma américain et d'une grande partie du cinéma européen

1982
Iran : le ministère du Guide islamique délivre les autorisations de tournage

1983
Iran : création de la Fondation Farabi (décide des aides financières au cinéma)

1986
Turquie : le contrôle des films est retiré au ministère de l'Intérieur

1994
Territoires palestiniens : les 2 cinémas de Gaza et Rafah incendiées par des militants islamistes

1996
Iran : code de censure et classement des réalisateurs selon leur degré de conformité au code

2008 (décembre)
Arabie saoudite : 1ères projections en salles depuis 30 ans

 

Au Moyen-Orient, la censure des films apparaît comme ailleurs dans les années 1910, mais elle est le fait d’autorités étrangères, puissances d’occupation militaire ou semi-coloniales (mandats, protectorats) : la France en Turquie et en Syrie, la Grande-Bretagne en Palestine et en Egypte… Elle est destinée autant au maintien de l’ordre public qu'à la protection des intérêts étrangers.

Après 1945, les nouveaux gouvernements d'Etats devenus indépendants conservent la censure en l'adaptant à leurs propres préoccupations. L'instabilité politique de la région se reflète dans la censure du cinéma (qui peut dépendre d'une loi générale applicable à tout moyen d'expression).

D'une période à l'autre, certains critères de censure (ce qui est permis ou non) peuvent s’inverser, parce que les alliances changent et/ou qu'évoluent les normes morales. La censure égyptienne à l’époque du roi Farouk n’est pas celle de l’Egypte de Nasser ; la censure de l’Iran du Shah n’est pas celle des mollahs.
Si l'Iran a mis en place la réglementation la plus stricte du cinéma à tous les niveaux (production, exploitation, publicité...), la séparation du public des salles de cinéma entre hommes et femmes n'est pas exclusive à l'Iran.

La censure n’est pas incompatible avec l’existence d’une industrie cinématographique nationale, en témoignent les cinémas turc, égyptien et iranien. Mais un film connu à l’étranger, primé dans les festivals internationaux, peut très bien être interdit dans son pays d’origine.
La survie et le rayonnement de ces cinémas très surveillés (en Egypte, on ne tourne qu'en présence du censeur) dépendent à la fois de l'habileté des auteurs à contourner la censure et, malgré tout, d'une certaine volonté politique de maintenir ou de créer une activité cinématographique. La réapparition toute récente du cinéma en Arabie saoudite est le fait d’une société de production appartenant à un prince saoudien.

Les motifs de censure des films, y compris en Israël, sont avant tout religieux et politiques, les deux étroitement imbriqués. Les choix des censeurs s’expliquent souvent autant, sinon davantage, par les rapports de force entre pays voisins et la politique internationale que par les lois religieuses.
Par exemple, "La Passion du Christ" de M. Gibson (2004), interdit en Israël pour antisémitisme, a été autorisé dans les pays arabes, alors que le film représente un prophète reconnu par l'Islam (Jésus) et aurait donc pu y être interdit pour raison religieuse.

Les méthodes de censure pratiquées dans les pays arabes sont l’interdiction totale, les coupes, la classification (en Egypte, un film autorisé n’a que deux alternatives : tous publics ou interdit –18 ans). Elles sont battues en brèche par les chaînes de télévision satellites, les DVD (légaux ou pirates) et les voyages : les Saoudiens qui veulent voir tel film sur grand écran se rendent au Caire ou à Dubai.

 

 

 

10emigre

 

Bibliothèque de Sciences Po