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Chronologie

FRANCE (1914-1945)

1913
Note confidentielle de l'Intérieur interdisant tout uniforme allemand au théâtre ou au cinéma

1915
Création par A. Millerand, ministre de la Guerre, du Service photographique et cinématographique de l'armée

1915 (1er mars)
Le préfet de police de Paris interdit les images des régions traversées par l’ennemi

1937
Censure renforcée et refus de visa aux films ridiculisant l’armée ou offensant les sentiments nationaux des peuples étrangers

1939 (29 juillet)
Décret instituant le Commissariat général à l’Information

1939 (fin août)
Décret de censure générale des imprimés, dessins, écrits, émissions radio et projections

1940 (juin-juillet)
Zone occupée : installation de la Propaganda Abteilung (dont Filmprüfstelle, censure des films)

1940 (août)
Zone occupée : les "Actualités mondiales" (= allemandes) remplacent les journaux filmés Zone libre : reprise de la production de films suspendue depuis juin 1940

1940 (septembre)
Zone occupée : ordonnance d’obligation de déclaration des entreprises juives

1940 (octobre)
Zone libre : "France-Actualités" seul journal filmé (interdiction de tout journal étranger y compris allemand) ; loi sur le statut des juifs qui leur interdit entre autres les professions du cinéma Loi réglementant l’industrie du cinéma (création de la carte d’identité professionnelle, interdite aux juifs)

1940 (décembre)
Zone libre : création du COIC (comprend un comité de censure franco-allemand)

1941 (février)
Zone occupée : reprise de la production de films suspendue depuis juin 1940

1941
Zone occupée : interdiction des ciné-clubs, cinémathèque, prises de vue amateurs et de la distribution de tous les films français antérieurs à octobre 1937

1941 (20 décembre)
Zone libre : arrêté sur le "contrôle préventif" des films par le Secrétariat général de l’Information et de la Propagande, création de l'interdiction aux –18 ans

1942 (16 juillet)
Zone libre : l’interdiction aux –16 ans remplace celle aux –18 ans

1942 (août)
Nouveau "France-Actualités" franco-allemand diffusé dans toute la France

1942 (15 octobre)
Zone libre : interdiction de tout film anglais ou américain

1943 (août)
Interdiction de toute prise de vue en zones côtières

1944 (22 juin)
Ordre du Comité français de libération nationale : saisie de tous les films sortis depuis le 17 juin 1940, interdiction des films d'origine ennemie, censure militaire des actualités filmées

1944 (septembre-décembre)
"France libre Actualités" seul journal filmé

1945 (janvier)
"Actualités françaises" seul journal filmé (jusqu’en 1946)

 

La censure des actualités filmées : la guerre montrée

La presse filmée naît en 1908 avec Pathé-Journal. Dès 1909, le film clandestin d’une exécution capitale à Béthune est interdit par les préfets sur ordre du ministre de l'Intérieur.
Mais la censure des actualités se met vraiment en place avec la guerre et la nécessité d'en contrôler les images.

L'armée, à travers la censure militaire, trie les images vues à l'arrière : ce qui peut nuire au moral de la population ou renseigner l'ennemi est éliminé. On coupe aussi la grimace de Pétain qui goûte le vin distribué aux soldats.
La Nouvelle-Zélande crée en 1916 sa commission de censure, inquiète de l'impact des actualités de guerre en Europe sur le recrutement de son armée.
Après la guerre, les actualités en France sont théoriquement exemptées du visa de censure. Dans les faits, les actualités sont de plus en plus surveillées dans les années 1930 et passent sous contrôle de l'Intérieur en 1936.

Dans les pays démocratiques, les actualités filmées sont multiples : en France, Pathé, Gaumont, Eclair... ; aux Etats-Unis, Fox-Movietone, Paramount, Universal... Ces films sont aussi vendus et diffusés dans d'autres pays – parfois d’ailleurs pour compenser le manque d’un sujet que les actualités nationales n’ont pas eu l’autorisation de filmer.
Les régimes autoritaires (Italie, Allemagne) font rapidement des actualités un monopole gouvernemental et un instrument de propagande, obligatoire au début de chaque séance.
Pendant la deuxième guerre mondiale, la France sera successivement "informée" par Vichy (zone libre), par l'Allemagne (zone occupée puis toute la France après 1942), puis par la France libre (à partir de l’été 1944).

Après guerre, les actualités resteront au programme des cinémas jusque dans les années 1960-1970. En Suède, en 1951, les actualités sont en principe exemptées de censure, sauf ce qui touche à la sécurité et à la défense nationales.
C'est la télévision, non la censure, qui aura raison des actualités filmées. Aux Etats-Unis, le dernier "newsreel" en activité, Universal, disparaît en 1967. En France, le journal filmé cesse en 1976, tandis que British Movietone survit en Grande-Bretagne jusqu'en 1979.

La censure des films de guerre : la guerre dénoncée

Les films sur la guerre, fictions et documentaires, sont censurés parce que l'image qu'ils en montrent ne correspond pas à l'histoire officielle, passée ou présente, ou contrarie la politique d'un Etat.

Dans l'entre-deux-guerres en France, les films de guerre ou sur l'armée seront de plus en plus surveillés avec la montée des périls. En 1928, la censure prévient qu'elle interdira tout film "humoristique" sur 1914-1918 ; en 1937, les films de guerre ou d'espionnage sont découragés. Le pacifisme de "La grande illusion" ou de "A l'ouest rien de nouveau" est interdit en Allemagne nazie.

Après 1945, les films qui remettent en cause l'image de la France résistante se heurtent à la censure : "Les honneurs de la guerre" de J. Devever (1960), "Nuit et brouillard" pour un seul képi de gendarme, "Le chagrin et la pitié" quinze ans plus tard. La guerre d'Indochine, la guerre d'Algérie sont à leur tour censurées dans les films français.

La censure de l'ennemi : la guerre culturelle et économique

Autres formes de censure liée à la guerre : les films des pays belligérants interdits dans les pays neutres ; les films produits par le pays ennemi interdits sur le territoire adverse pendant la guerre et souvent même après la fin de la guerre ou la suspension des hostilités.

Quelques exemples :
- De 1915 à 1917, les films allemands sont interdits en Russie.
- En 1919, les exploitants de salles français s'engagent à ne pas projeter de films allemands ou autrichiens pendant quinze ans : l'engagement ne sera pas tenu, mais la censure de ces films sera particulièrement attentive.
- En 1939, les films français sont interdits sur les territoires allemands ou occupés par l'Allemagne (Tchécoslovaquie), comme l'étaient déjà les films américains, ouvrant un boulevard économique au cinéma allemand.
- Jusqu'en 1963, les films allemands sont interdits en Israël.
- Les films japonais ont été interdits en Corée du Sud jusqu’à la fin des années 1990.
- Les films indiens ont été longtemps interdits au Pakistan, sérieux problème pour les exploitants, étant donné le poids de l'industrie cinématographique indienne.
- Les pays de la Ligue arabe boycottent les produits israéliens, dont les films.

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