Prix Sciences Po pour l'art contemporain : 3 questions à Mathieu Roquigny, prix du public

Entretien avec Mathieu Roquigny (photo), qui a remporté mardi 22 avril 2015 le prix du public, lors de la 6ème édition du Prix Sciences Po pour l’art contemporain. Organisé par des étudiants et pour les étudiants, ce Prix récompense chaque année un jeune artiste résidant et travaillant en France. Un événement incontournable de la vie culturelle à Sciences Po.

  • Pouvez-vous nous raconter votre parcours d’artiste jusqu’à aujourd’hui ?

Mathieu Roquigny : J’ai étudié la photographie à l’Institut Saint-Luc de Tournai, en Belgique. C’est un de mes projets en photographie qui a conduit mes pas jusqu’à Paris. J’ai ensuite commencé à travailler d’autres supports. En 2013, j’ai présenté entre autres dans le cadre de l’exposition “All this here” à Paris, une oeuvre intitulée Premier souffle. Je soufflais sur le mur, que j'avais bombé de colle au préalable, la poussière des mines de crayons de couleurs, obtenues en en taillant patiemment des centaines. Cette exposition a constitué un tournant dans ma trajectoire artistique. Et c’est aussi un moment décisif car la commissaire de cette exposition n’était autre que Pauline Guelaud, qui m’a présenté au Prix Sciences Po pour l’art contemporain !

  • Pourquoi avoir choisi de présenter cette œuvre Think about Party (photo) pour le Prix Sciences Po ?

M. R. : Nous avons choisi cette œuvre en concertation avec les organisateurs du Prix, parce qu’elle parle à tout le monde, et pouvait résonner tout particulièrement dans un lieu d’exposition comme Sciences Po. Évidemment, il y a un premier clin d’œil dans le détournement d’une sculpture extrêmement célèbre, dont l’original se trouve à quelques rues de Sciences Po, dans les jardins du musée Rodin... L’autre clin d’œil, c’est la référence à la vie étudiante, à son côté festif et éphémère, à travers les serpentins. Ce qui m’intéresse, c’est le contraste entre cet aspect futile et éphémère du serpentin et le côté massif, établi, de la sculpture du penseur et de Sciences Po. J’aime détourner des objets et des matériaux du quotidien, qui ne sont pas prévus pour l’art au départ. Je m’empare d'éléments populaires, et d'une œuvre que tout le monde connaît, ce qui rend mon travail peut être plus accessible. C’est donc une vraie reconnaissance que de recevoir le prix du public !

  • Que représente ce Prix pour vous ? Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce concours organisé par des étudiants ?

M. R. : C’est vraiment une grande joie pour moi car les jeunes représentent un public essentiel. Et puis je trouve ça très intéressant de créer des passerelles entre des univers qui n’ont pas vocation à se rencontrer, comme le fait Sciences Po en créant un double-diplôme avec l’École du Louvre par exemple. Je suis fier de participer à ce mouvement d’ouverture. Et cela résonne parfaitement avec ma démarche artistique : j’essaye de créer des oeuvres accessibles grâce à l’humour, et qui peuvent ensuite conduire vers des réflexions plus sérieuses. Il y a plusieurs niveaux de lecture possibles pour une œuvre comme Think about Party : au-delà de son caractère parodique et irrévérencieux, le spectateur est invité à se laisser porter vers d’autres interprétations, d'autres interrogations.

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