Plateforme biodiversité : quel contexte international ?

Le 6 avril dernier a été organisée par l'Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (Iddri), l'Office français de la biodiversité (OFB) et Sciences Po, la 7e réunion de la Plateforme Biodiversité qui a pour objectif d’informer le grand public sur les négociations internationales en cours devant mener à l'adoption d’un nouveau cadre mondial pour la biodiversité.

Cette conférence à Sciences Po est revenue plus particulièrement sur les négociations de Genève (14-29 mars 2022) liées à la COP 15 de la Convention sur la diversité biologique, quelques jours après leur clôture. L'événement a réuni de nombreux experts : Véronique Andrieux, directrice générale de WWF France ; Pierre Dubreuil, directeur général de l’OFB ; Sandra Lavorel, directrice de recherche au sein du CNRS, Laboratoire d'écologie alpine, Université de Grenoble ; Paul Leadley, professeur d’écologie à l’université Paris-Saclay et auteur principal de l’évaluation mondiale de l’IPBES ; Sylvie Lemmet, ambassadrice de France déléguée à l'Environnement et Basile van Havre, co-président du groupe de négociation sur le cadre mondial pour la biodiversité post-2020. Sébastien Treyer, directeur de l’Iddri, en a quant à lui assuré la modération.

Comme rappelé en introduction par Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, “la biodiversité est évidemment un objet d'abord environnemental, mais c'est aussi un objet de sciences sociales, de politique internationale, un objet sociologique”. Il a souligné l’importance pour Sciences Po des questions de biodiversité, en adéquation avec l’ambition forte que l’école souhaite porter en matière de transition écologique et a également rappelé que ce sujet constitue un élément important de politique publique.

Que peut-on retenir des négociations qui se sont tenues à Genève ?

Selon les scientifiques, les causes indirectes de perte de biodiversité sont communes à toutes les crises environnementales et sociales et nécessitent donc une approche intégrée et des solutions intersectorielles, au-delà des acteurs de la biodiversité. Des transformations profondes de la société sont nécessaires et ne sont plus une option. Néanmoins, une tension subsiste entre les objectifs globaux nécessaires pour collectivement enrayer l’érosion de la biodiversité, les solutions par le haut (top down) et les objectifs et besoins locaux spécifiques aux contextes nationaux.

Après deux ans de restrictions liées à la pandémie et de réunions virtuelles, le besoin des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) à s’exprimer lors des réunions de Genève a été sous-estimé, ce qui a ralenti le rythme des discussions. En revanche, les Parties se sont approprié le texte. Il est maintenant important de suivre la façon dont les Parties vont prendre à bras le corps l’ensemble du cadre. Elles ont montré qu’elles allaient continuer le travail en se donnant rendez-vous une nouvelle fois à Nairobi en juin pour une quatrième réunion du groupe de négociation. Malgré quelques points de discussion relativement consensuels, des divergences et des différences d'ambition et d'appréciation du texte subsistent, notamment la mobilisation des ressources et le financement. D’autres enjeux clés sont aussi à suivre de près, comme la redevabilité des acteurs par rapport à leurs engagements et la transparence de leurs actions.

Pour les mois à venir et afin de ne pas répéter l'échec des objectifs d'Aichi (2010-2020 ; aucun n’a été atteint), il sera important de réfléchir aux façons d'améliorer les mécanismes de mise en œuvre. Un accord ambitieux requiert plus de solidarité, un calendrier précis, notamment sur la planification et le rapportage, et la mobilisation de plus de moyens financiers. Par ailleurs, le rôle du secteur privé et des acteurs non étatiques (parmi lesquels les communautés autochtones) est très important. Comment peuvent-ils enrichir le mandat des négociateurs au niveau national ? Pour transformer les secteurs contribuant à la perte de biodiversité, il manque une description d’une trajectoire collective et souhaitée pour atteindre la vision à 2050 de vivre en harmonie avec la nature, à laquelle le futur cadre mondial pour la biodiversité devra contribuer.

Article rédigé en collaboration avec l'Iddri.

En savoir plus :

TOMMASO VITALE EST NOMMÉ DOYEN DE L’ECOLE URBAINE DE SCIENCES PO

TOMMASO VITALE EST NOMMÉ DOYEN DE L’ECOLE URBAINE DE SCIENCES PO

Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, a nommé Tommaso Vitale doyen de l'École Urbaine. Il succède à Patrick Le Galès. Tommaso Vitale prendra ses nouvelles fonctions de doyen de l’Ecole Urbaine à compter du mois de septembre, après une période de transition qui débutera le 1er juin. Cette nomination fait suite au travail mené par un comité de sélection, composé de personnalités internes et externes, mis en place début mars afin de sélectionner le meilleur profil pour le poste de doyen de l’école urbaine.

Lire la suite
 Fort moment d’échanges entre Volodymyr Zelensky et les étudiantes et étudiants de France

Fort moment d’échanges entre Volodymyr Zelensky et les étudiantes et étudiants de France

Face à des amphithéâtres bondés et parés de drapeaux bleu et jaune, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a échangé, mercredi 11 mai 2022, pendant plus d’une heure avec plusieurs centaines d’étudiantes et étudiants de Sciences Po, de l’Institut National du Service Public, de l’École Polytechnique, de l’Inalco et de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de l’Univesité Paris II Panthéon Assas, de l’IEP de Lille, de Sorbonne Université, de l’Université de Haute-Alsace, de l’École du Louvre, de l’Université de Lyon, de Sorbonne Paris Nord. Dans toute la France, de très nombreux amphithéâtres ont été ouverts, et des dizaines de milliers de personnes ont pu suivre, en personne ou en ligne, cet échange inédit.

Lire la suite
Alexandre Violle présente le cours

Alexandre Violle présente le cours "Cartographie des controverses"

Alexandre Violle, postdoctorant au Centre d'étude des mouvements sociaux de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), coordonne à l'École du management et de l'innovation de Sciences Po le cours "Cartographie des controverses", dans le cadre du master Communication, médias et industries créatives. Il nous livre son témoignage d'enseignant en perpétuelle recherche d'expérimentation et d'amélioration.

Lire la suite
CIVICA : focus sur les cours joints

CIVICA : focus sur les cours joints

Vendredi 29 avril 2022, les étudiants du cours joint sur les États providence en transitions dispensé par Bruno Palier de Sciences Po et Anke Hassel enseignante à la Hertie School ont enfin pu se retrouver, en présentiel à Sciences Po. Un point sur cette expérience pédagogique inédite avec Frank Stadelmaier et Carly Hafner respectivement Senior Manager et chargée de projet au sein de la Direction des études et des partenariats, CIVICA.

Lire la suite
Guerre en Ukraine : Sciences Po apporte un éclairage scientifique

Guerre en Ukraine : Sciences Po apporte un éclairage scientifique

Ces derniers jours, nos regards se sont tournés vers l’Ukraine et la guerre qui y est menée sur les ordres du Président Poutine. Cette agression, en violation du droit international et le mépris pour la vie humaine dont nous sommes témoins, ont laissé un grand nombre d’entre nous désemparés et incertains sur la manière d’appréhender les événements.  

Lire la suite