Deux héroïnes donnent leur nom à des amphis

Les étudiants auront bientôt cours en amphithéâtre Simone Veil ou Jeannie de Clarens : pour la première fois, Sciences Po donne le nom de deux femmes à des amphithéâtres. Un hommage à deux diplômées au parcours exceptionnel, qui prend place parmi ses nombreux engagements en faveur de l’égalité femmes-hommes.

La cérémonie d'inauguration s'est déroulée mardi 4 septembre à Sciences Po : 

Simone Veil (1927-2017), figure politique majeure, icône de la lutte pour les droits des femmes, mémoire de la Shoah

Au 28, rue des Saints-Pères, l’amphithéâtre Caquot portera désormais le nom de Simone Veil, l’une des plus illustres diplômées de Sciences Po décédée en juin 2017. Elle y entre à 18 ans, en octobre 1945, moins de six mois après son retour des camps d'extermination, où sont morts presque tous les membres de sa famille. Elle vit trois années d’études “heureuses et fortes” dans la section Service Public, une des plus masculines dans une institution qui ne compte alors que 20% de femmes. Elle obtient son diplôme en 1948, à 21 ans, bien décidée à entrer dans la vie professionnelle une fois que son mari - Antoine Veil, rencontré à Sciences Po - aura terminé l’ENA. Elle le fera quelques années plus tard : reçue au concours de la magistrature en 1956, elle devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature en 1970, puis ministre de la Santé en 1974. Elle fait adopter la même année la loi dépénalisant le recours à l’avortement, devenant une icône de la lutte des femmes pour leurs droits. Première présidente du Parlement européen (1979 - 1982) Simone Veil est également une figure politique majeure de la construction européenne. Elle œuvra également toute sa vie pour la transmission et la mémoire de la Shoah. Élue à l’Académie française en 2008, elle est décédée en juin 2017 et a fait son entrée au Panthéon en juillet 2018.

> Lire le portrait complet sur www.sciencespo.fr

 

Jeannie de Clarens (1919-2017), l’espionne-interprète, héroïne de la Résistance

Née en 1919, Jeannie Rousseau, fille de diplomate brillante et polyglotte, étudie à Sciences Po de 1937 à 1940 en section Finances Privées et en sort première de sa promotion. À Dinard où sa famille s’installe après la débâcle, sa maîtrise de l’allemand lui ouvre une carrière d’interprète qui fera d’elle l’une des espionnes les plus talentueuses (et méconnues) de la Seconde Guerre mondiale. En Bretagne, puis à Paris où elle est de retour en 1941, elle transmet les informations récoltées auprès des autorités allemandes grâce à son habile travail de traductrice, et se fait recruter en 1942 au service du réseau Alliance de la Résistance. Sous le nom de code “Amniarix”, elle signe l’un des plus grands exploits du réseau : ce sont ses renseignements qui permettent aux Britanniques de retarder la mise au point des bombes volantes allemandes V1 et V2. Arrêtée une première fois à Rennes en janvier 1941 puis relâchée, elle poursuit ses missions de renseignement à Paris avant d’être arrêtée une seconde fois  en avril 1944 et déportée à Ravensbrück où elle se distingue par des actes de rébellion et dont elle est rapatriée un an après en avril 1945. Après la guerre, elle épouse Henri de Clarens et poursuit une carrière de traductrice pour des organisations internationales, témoignant à de rares occasions sur son passé. Elle est titulaire de la Médaille de la Résistance et de la Croix de Guerre, et avait été élevée au rang de Grand officier de la Légion d’honneur en 2009. Elle est décédée à 98 ans le 23 août 2017.

> Découvrir son histoire sur www.sciencespo.fr 

Les actions de Sciences Po pour l’égalité femmes-hommes

Nommée parmi les 10 “champions universitaires” du programme de l’ONU HeForShe, Sciences Po s’engage pour faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes à travers de nombreuses actions : ateliers professionnels pour prévenir les inégalités et combattre le sexisme, recommandations pour les enseignants, journée de la parentalité le 28 mars 2018, actions de sensibilisation par les clubs étudiants, etc. Retrouvez tous nos engagements.

Abonnez-vous à nos newsletters !

Aux origines du sondage

Aux origines du sondage

Initialement publié le 12 mars 2020 - Qui est apparu en premier : le sondage ou l’opinion publique ? « Si la question de la priorité de l'œuf sur la poule ou de la poule sur l'œuf vous embarrasse, c'est que vous supposez que les animaux ont été originairement ce qu'ils sont à présent. Quelle folie ! » Comme Denis Diderot, Martial Foucault invite ses étudiants à revenir aux origines du sondage, pour comprendre comment cet outil mal-aimé a évolué au fil du temps et de quelle façon on peut s’en servir aujourd’hui. 

Lire la suite
Jacques Chirac, un

Jacques Chirac, un "étudiant d'avenir"

Article initialement publié le 30 décembre 2019 - “Contre toute attente, je me plais très vite à Sciences Po”, raconte Jacques Chirac dans ses Mémoires. Soigneusement conservé dans les archives de Sciences Po, son dossier étudiant retrace la trajectoire de comète d’un jeune homme pressé que ni l’envie, ni son milieu ne prédisposait à aborder ce “nouveau monde”. Contre toute attente, ce n’est pas la passion pour la politique que l'ancien président de la République découvre et explore rue Saint-Guillaume, mais celle de “l’aventure”. Plongée dans le dossier d'un de nos plus illustres alumni disparu le 26 septembre 2019.

Lire la suite
Les livres à mettre dans vos valises

Les livres à mettre dans vos valises

Que lire en cet été si particulier ? Entre besoin d’évasion et envie de réflexion, la Librairie de Sciences Po vous propose sa sélection pour un été conscient, reposant, ou les deux à la fois. Faites de la place dans vos bagages !

Lire la suite
Le fact-checking est-il vraiment efficace ?

Le fact-checking est-il vraiment efficace ?

Par Manon Berriche (article initialement publié le 22 janvier 2020) - Le fact-checking ne date pas d’hier. Dès son lancement, en 1923, le magazine Time avait déjà recruté une équipe de fact-checkers. Leur rôle à l’époque : vérifier scrupuleusement toutes les informations avant qu’elles ne soient publiées. Mais à l’ère du numérique, l’essor des réseaux sociaux a entraîné un bouleversement du fonctionnement de l’espace public traditionnel.

Lire la suite
La duchesse de Galliera, première mécène de Sciences Po

La duchesse de Galliera, première mécène de Sciences Po

Par Emmanuel Dreyfus (promo 91) pour le Magazine Émile -- Si Sciences Po doit sa fondation à la volonté d’un homme, Émile Boutmy, l’École doit sa pérennité au don d’une femme, Maria Brignole-Sale, duchesse de Galliera. Le diplômé de la rue Saint-Guillaume connaît vaguement son nom et son profil sculpté, le Parisien sait que le musée de la mode s’appelle le palais Galliera. Et l’on n’en sait guère plus. Pourtant, la vie de la duchesse mérite d’être contée, même si faute de biographie publiée, on doit en glaner les éléments dans les notices en ligne et les dictionnaires.

Lire la suite
Les origines du populisme. Enquête sur une défiance politique et sociale

Les origines du populisme. Enquête sur une défiance politique et sociale

Des électeurs qui ne croient plus en rien et surtout pas en leurs institutions, qu’elle soient politiques ou autres. Une solitude prégnante liée à la société post-industrielle et à ses modes de travail et de vie. Voici le cocktail détonnant qui serait aux origines du populisme d’après quatre chercheurs. Après avoir mené un long travail d’enquête, ils livrent les résultats de leurs travaux - et des pistes de solutions -, dans “Les origines du populisme”, paru chez Seuil. 

Lire la suite
Suzanne Basdevant-Bastid, juriste d'exception

Suzanne Basdevant-Bastid, juriste d'exception

Par Maïna Marjany (promo 14) pour le magazine ÉmileLe parcours de Suzanne Basdevant-Bastid force l’admiration. Universitaire respectée, professeure attentive et dévouée, résistante et académicienne. Elle ne s’est pas contentée d’être une pionnière, mais a enchaîné les succès et les distinctions, toujours avec modestie.

Lire la suite
Vêtements durables, mode d'emploi

Vêtements durables, mode d'emploi

Étudiante en master Innovation & transformation numérique, Camille Gréco a rejoint l'École du management de Sciences Po après des études de mode à Londres. Passionnée par le secteur de la mode et du textile, mais soucieuse de le rendre plus durable et moins polluant, elle crée en 2017 CrushON, une plateforme en ligne qui rassemble l’offre de friperies. L'objectif : démocratiser l’achat de vêtements vintages, dans une optique de consommation écoresponsable. Explications.

Lire la suite
Res Communis : le droit au service de tous

Res Communis : le droit au service de tous

Droit de la famille, droit du travail, droit des étrangers, droit du logement : grâce à la Clinique de l’École de droit de Sciences Po, les étudiants mettent leurs connaissance au service des Maisons de Justice et du Droit (MJD) et des Points d’accès au droit (PAD), des lieux d'accueil permanent et gratuit qui soutiennent les personnes confrontées à des problèmes juridiques ou administratifs. Orienter, conseiller, expliquer, et trouver des solutions en temps réel font partie de leurs responsabilités, et enrichissent leur parcours. Témoignage. 

Lire la suite
Sciences Po et les femmes

Sciences Po et les femmes

Par l’historienne Marie Scot et la rédaction du magazine Émile Ni précurseure, ni en retard en la matière, l’École de la rue Saint-Guillaume a collé, en matière de féminisation, à l’évolution de la société française. Dans les années 2000, le nombre de femmes étudiantes a même dépassé celui des hommes ; les femmes représentent aujourd’hui 60 % des effectifs des étudiants de Sciences Po. Alors que les premières femmes étudiantes sont entrées à l’École libre des sciences politiques il y a tout juste un siècle, retour sur leur histoire au sein de l’établissement. 

Lire la suite