De Sciences Po aux sommets de l’État, nos alumni au service de la France
Aux côtés des étudiants réfugiés et en exil

Sciences Po fait de la place aux jeux vidéo

Gameuse - Crédit : Shutterstock@Anton27

En l’espace de 150 ans, Sciences Po a constitué un important vivier de talents pour le domaine de la culture. L’institution a formé des écrivains, des scénaristes, des chanteurs ou encore des humoristes. Ce que l’on sait moins, c’est qu’elle s’est aussi ouverte ces dernières années à la première industrie créative et culturelle en France, le jeu vidéo. 

Jouer sur son temps libre avec Sciences Po Gaming

L’association a été fondée à la fin de l’année 2020, par la même équipe d’étudiants qui avait presque intégralement recréé le campus dans le jeu de construction Minecraft. Pour l’actuel secrétaire général de l’association Sciences Po Gaming, Yassir Mamodbakar, l’objectif premier de l’association est de réunir des adeptes du jeu vidéo sur un serveur Discord et leur permettre de jouer ensemble. “Cette association a clairement sauvé mes confinements ! Il y avait tous les jours un tournoi différent organisé !” Des soirées Among Us, GeoGuessr, Civilization, Minecraft, Mario Kart… Des jeux grand public en somme, qui attirent rapidement plus de 200 étudiants de Sciences Po sur le serveur Discord. Des étudiants, et même des enseignants , à l’image de Pavel Afanasiev, qui délivre un cours d’initiation à l’entrepreneuriat au Collège universitaire. “Contrairement aux autres associations, nous n’avons pas de barrière géographique comme nous nous réunissons en ligne. Nous pouvons donc aisément créer du lien entre les différents campus”, déclare fièrement l’étudiant en deuxième année sur le campus de Reims. Grâce à cela, l’association de jeux vidéo de Sciences Po s’est imposée l’an passé face à ses adversaires issus d’autres Instituts d’Etudes Politiques (IEP) : c’est elle qui a remporté l’édition 2021 de l’e-Crit’, le Critérium inter-IEP version e-sport.

Enseigner et étudier l’industrie du jeu vidéo à Sciences Po

Depuis six ans maintenant les étudiants de master à Sciences Po peuvent choisir de suivre deux cours, délivrés par le créateur-concepteur de jeux vidéo Olivier Mauco, afin tout d’abord de mieux connaître cette industrie. “On aborde l’économie politique du jeu vidéo, de ses origines jusqu’à nos jours, du jeu classique au métavers, en passant par les NFT. Je leur enseigne les spécificités du marché du jeu vidéo, qui diffère selon l’espace socio-économique dans lequel il s’inscrit”. Celui qui est également chercheur en science politique est ravi de constater qu’une institution comme Sciences Po considère le jeu vidéo comme un objet d’étude sociologique à part entière. Son deuxième cours tourne davantage autour du “game et level design”. Il est plus pratique et propose aux inscrits de penser un jeu, vidéo, de plateau, hybride ou en réalité virtuelle. Olivier Mauco a pu remarquer deux types de profils parmi ses étudiants : les joueurs, heureux de pouvoir suivre un cours à ce sujet, et ceux qui veulent travailler dans l’industrie créative, et nécessitent donc d’acquérir les bases de la culture gaming. “Une bonne quinzaine de mes anciens élèves travaille aujourd’hui dans l’industrie du jeu vidéo, à la conception comme à la production”, avance Olivier Mauco. Il cite en exemple Thomas Dubreuil, l’actuel responsable du la branche Hypercasual Games de Voodoo, ou encore Marie Rouzié, aujourd’hui narrative designer et writer pour le studio bordelais Evil Empire. 

Sciences Po, projets pro et actualité du jeu vidéo

Il est loin le temps des gamers marginaux, enfermés dans leur chambre d’ado… Quatre étudiants en M2 à l’Ecole de journalisme de Sciences Po ont voulu eux aussi montrer qu’il était nécessaire de considérer le jeu vidéo autrement que comme une simple source de distraction pour enfants ou adolescents. Maëlys de La Ruelle, Baptiste Thomas, Valentin Baudry et Valentin Cacheux proposent ainsi une approche plus posée et plus profonde de l’actualité jeu vidéo. Pas simplement un test, ou une annonce de sortie d’un nouveau jeu. Ils ont pour cela monté, dans le cadre de leur cours de création média, AFK – Away From the Keyboard. « On s’adresse aussi bien  àceux qui jouent 1h par jour, comme à ceux qui jouent 1h par mois” explique Baptiste Thomas. “Peut-être même que des non-joueurs pourraient être intéressés par nos contenus. Nous proposons de traiter des sujets de société au travers du prisme des jeux vidéo. » Encadrés par des professionnels des médias intervenant à Sciences Po, ils ont pu établir un cadre commercial viable, être conseillés sur le meilleur format à adopter, et rapidement se lancer, se confronter aux retours de la communauté. Tous les quatre aimeraient maintenant faire prospérer leur média, établir des partenariats, et se faire davantage connaître, pour dépasser le simple cadre académique.