Trajectoires résidentielles et choix scolaires des classes moyennes.

Statut d'occupation du logement, ségrégation et action publique locale dans la métropole parisienne
Soutenance de thèse, Quentin Ramond, 8 novembre 2019
  • Image Pierre-Olivier, Shutterstock (Issy-les-Moulineaux, immeubles banlieue sud)Image Pierre-Olivier, Shutterstock (Issy-les-Moulineaux, immeubles banlieue sud)

Trajectoires résidentielles et choix scolaires des classes moyennes
Statut d’occupation du logement, ségrégation et action publique locale
dans la métropole parisienne

Quentin Ramond (OSC, LIEPP)

Soutenance de thèse, le vendredi 8 novembre 2019, 14h15 à Sciences Po, salle Annick Percheron, 98 rue de l'Université, Paris 7e.
Composition du jury : 
Mme Fanny Bugeja-Bloch, Maîtresse de conférences, Université Paris Ouest Nanterre, CRESPPA
M. Adalberto Cardoso, Professor, Universidade do Estado do Rio de Janeiro, IESP-UERJ (rapporteur)
M. Philippe Coulangeon, Directeur de recherche, CNRS, OSC
M. François Cusin, Professeur des universités, Université Paris Dauphine, IRISSO (rapporteur)
Mme Christine Lelévrier, Professeure des universités, Université Paris Est Créteil, Lab’Urba
M. Marco Oberti, Professeur des universités, Sciences Po, OSC (directeur)

Face à l’augmentation des prix de l’immobilier, accéder à la propriété et résider à proximité des établissements scolaires attractifs sont deux aspirations difficilement conciliables pour les classes moyennes. Cette thèse prend pour objet la tension entre ces deux dimensions centrales de leur position sociale à partir de l’étude des effets du statut d’occupation du logement sur la ségrégation résidentielle et les inégalités scolaires.
L’approche quantitative montre d’abord que le logement locatif, privé et social, représente une alternative importante au marché immobilier dans les contextes scolaires attractifs où les prix des logements sont les plus élevés, ce qui est lié à la construction d’une offre locative sociale « intermédiaire » et aux pratiques d’attribution des logements sociaux dans ces espaces. A l’inverse, l’accession à la propriété est facilitée dans les espaces populaires où les établissements scolaires sont moins prestigieux.
L’enquête par entretiens menée dans la proche banlieue parisienne montre ensuite que les arbitrages entre le statut d’occupation et le lieu de résidence permettent d’accéder à des ressources qui peuvent se compenser, et qu’ils traduisent des rapports différenciés entre les groupes sociaux d’une part, et entre les générations du réseau familial d’autre part.
Mettant en évidence la façon dont les trajectoires sociales et résidentielles des classes moyennes s’articulent au statut d’occupation du logement, la thèse contribue à l’analyse de la stratification sociale en milieu urbain dans le contexte de peur du déclassement et apporte un éclairage original pour penser l’articulation des politiques du logement et des politiques scolaires.

Middle classes residential trajectories and school choices
Residential status, segregation and local public policies in the Paris metropolis

Given the strong correlation between the distribution of attractive school offer and the prices on the housing market, the middle classes are likely to face complex trade-offs between housing tenure and access to attractive educational resources. This research examines how the middle classes deal with these uneasy negotiations, by analyzing the effects of housing tenure on their residential segregation patterns and their relationships with spatial inequalities in school provision.
First, I use a quantitative approach to show that proximity to attractive public schools in privileged urban contexts is associated with higher representation in the private and public rental sectors, which relates to the development of public housing units aimed at middle-class households in these areas. On the contrary, access to homeownership mostly unfolds in working-class areas with poorly performing schools.
Second, building on fieldwork in the Paris metropolis, I show that the middle classes articulate different values and attitudes to deal with exacerbating constraints on the housing market and competition for better schools. Their compromises between housing tenure and place of residence reveal different relationships with other social groups and between generations within the family network.
Overall, the interplay between housing tenure, the social profile of places and the unequal geography of education shapes different residential status within the middle classes, which is crucial to understand social stratification and class relations in large cities as well as to improve housing and education policies aimed at tackling the effects of place in the (re)production of inequalities.

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