"Les africains sont dans la place"

Mises en scène de la vie privée dans les espaces publics d'Aubervilliers
Soutenance de Thèse de Josué Gimel, 1er juin 2018
  • Quelques commerces du quartier des Quatre-CheminsQuelques commerces du quartier des Quatre-Chemins

Soutenance de Thèse - Programme doctoral Sociologie

Josué Gimel (OSC)

Les africains sont dans la place : mises en scène de la vie privée dans les espaces publics d'Aubervilliers

Vendredi 1er juin à 14h, École doctorale, 199 Boulevard Saint-Germain, Paris 7e

Composition du Jury

Michel KOKOREFF
Professeur des Universités, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis (Rapporteur)
Virginie MILLIOT
Maîtresse de conférences, Université Paris Nanterre
Marco OBERTI (Directeur de recherche)
Professeur des Universités, Sciences Po, OSC
Élise PALOMARES
Maîtresse de conférences, Université de Rouen
Anne RAULIN
Professeure des Universités, Université Paris Nanterre
Olivier SCHWARTZ
Professeur émérite de sociologie, Université Paris Descartes (Rapporteur)
Stéphane TONNELAT
Chargé de recherche au CNRS, laboratoire UMR LAVUE, Université Paris Nanterre

Cette thèse porte sur un espace public urbain situé dans le quartier populaire des Quatre-Chemins à la frontière de Pantin et Aubervilliers ; un quartier pauvre et commerçant où résident de nombreux immigrés venant d’une grande diversité de pays et de régions du monde.

Elle s’intéresse secondairement à l’espace public local dessiné par les politiques publiques communales à l’attention des immigrés à Aubervilliers.

En recourant aux outils de l’enquête ethnographique (*) son objectif est de décrire comment des immigrés d’Afrique subsaharienne prennent place dans ces deux espaces. La thèse met au jour l’existence pour chaque espace public d’un opérateur de neutralisation. Celui-ci suspend localement la possibilité de rapporter les conduites des immigrés à leur culture supposée en les identifiant sur une base raciale. Dans l’espace public urbain, cet opérateur fonctionne différemment suivant plusieurs classes d’interaction. Dans l’espace public des politiques publiques, son bon fonctionnement dépend en grande partie de l’action de la municipalité et de sa capacité à éviter que l’on ne crée localement un problème de l’immigration. Cette ligne d’action est le fruit d’un héritage d’une histoire singulière du communisme municipal local. La thèse tente par la suite d’étudier plusieurs petits groupes d’immigrés venant des grandes villes d’Afrique de l’ouest et occupant durablement le quartier et notamment les cafés. Le quartier offre à la fois une protection contre les discriminations et incite à partager durablement l’espace commun. Ils prennent ici place en racontant peu à peu à d’autres ce qu’ils sont, en rendant visible à l’attention du public des éléments de leur vie privée, en la mettant en scène.

La thèse vise à comprendre le sens de ces mises en scène. Elle y voit le retour ambigu de la figure du travailleur immigré. Elle dévoile également la fragilité de la protection qu’offre l’espace du café pour éloigner de son esprit la dureté des relations conjugales. 

(*) Présence résidentielle de deux ans ; fréquentation des commerces, de trois cafés et de plusieurs petits groupes d’amis du Mali, du Sénégal et de Côte d’Ivoire ; cours de soninké ; participation hebdomadaire à une association d’accès au droit des étrangers ; fréquentation durable de porteurs de projet de développement villageois ; participation à de nombreuses réunions publiques relevant de la démocratie locale...

Accès sur inscription pour les extérieurs à Sciences Po : info.osc(at)sciencespo.fr.