How the Reification of Merit Breeds Inequality: Theory and Experimental Evidence

Fabien Accominotti, Daniel Tadmon
Séminaire scientifique de l'OSC, 25 janvier 2018
  • Image Billions Photos via ShutterstockImage Billions Photos via Shutterstock

Séminaire scientifique de l'OSC 2018-2019

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Annick Percheron

vendredi 25 janvier 2019 de 11h30 à 13h

Fabien Accominotti (LSE), Daniel Tadmon (Columbia University)

How the Reification of Merit Breeds Inequality: Theory and Experimental Evidence

In a variety of social contexts, measuring merit or performance is a crucial step toward enforcing meritocratic ideals. At the same time, workable measures are bound to obfuscate the fuzziness and ambiguity of merit, i.e. to reify performance into an artificially crisp and clear-cut thing, such as a rating for example. This paper explores how the reification of employee performance in organizations contributes to legitimize inequality in employee compensation. It reports the findings of a large-scale experiment asking participants to divide a year-end bonus between a set of employees, based on the reading of their annual performance reviews. In the experiment’s non-reified condition, reviews are narrative evaluations. In the reified condition, the same narrative evaluations are accompanied by a crisp rating of the employees’ performance on a scale ranging from “unacceptable” to “exceptional.”

We find that participants are more willing to reward employees unequally when performance is reified, even though employees’ levels of performance do not vary across conditions: most notably, the bonus gap between top- and bottom-performing employees increases by 20% between our non-reified and reified conditions; and it rises by another 10% when performance is presented as a quantified score. Further analyses of the mechanisms at play suggest that reification acts by making participants more accepting of the idea that individuals are indeed more or less talented and valuable, thereby increasing their willingness to reward them unequally. This has direct implications for understanding the legitimacy of economic inequality in contemporary societies – and ultimately for working toward curbing such inequality.

Fabien Accominotti (LSE)

Fabien Accominotti
Assistant Professor,
Department of Sociology,
London School of Economics and Political Science

Daniel Tadmon (Columbia)Daniel Tadmon
PhD Student, Departement of Sociology
Columbia University in the City of New-York

 

Register is mandatory for external audience (bernard.corminboeuf@sciencespo.fr).

Urbanité et pratiques : enquête sur le pain rassis dans deux contextes urbains français

Coline Ferrant
Séminaire scientifique de l'OSC, 21 décembre 2018
  • Image SpeedKingz / ShutterstockImage SpeedKingz / Shutterstock

Séminaire scientifique de l'OSC 2018-2019

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Georges Lavau

vendredi 21 décembre 2018 de 11h à 13h : 2 présentations (voir Thaíssa Bispo)

Coline Ferrant (OSC)

Urbanité et pratiques: enquête sur le pain rassis dans deux contextes urbains français

Comment l'urbanité – un ensemble d'éléments environnementaux, culturels et interactionnels distinctifs d'un contexte urbain – influence les pratiques – ce que les habitants font avec des objets et comment ces actes sont influencés par leurs styles et conditions de vie ?

La communication porte sur les pratiques d'usage du pain rassis dans deux contextes urbains français : jeter à la poubelle, pendre au mobilier urbain, et jeter par terre dans les cités vs. jeter à la poubelle dans les villes. Je démontre d'abord que les habitants produisent du pain rassis dans les cités comme dans les villes en raison de similarités dans leurs styles et conditions de vie, et ensuite que les habitants des cités et non des villes pendent au mobilier urbain ou jettent par terre en raison de différences d'urbanité. Finalement, pendre au mobilier urbain est une performance de faceless communality, jeter par terre reflète un faceless estrangement, et jeter à la poubelle implique des discours de face estrangement.

Urbanity in Practice: An Inquiry into Residents’ Deeds with Stale Bread in Two French Urban Contexts

How does urbanity – a bundle of environmental, cultural, and interactional elements distinctive to an urban context – shape practice – what residents do with objects and how these deeds take shape within lifestyles and living conditions? The presentation inquires into deeds with stale bread in two French urban contexts: tossing, hanging, and littering in cités vs. tossing in villes. I demonstrate that residents produce stale bread in both cités and villes because of similarities in lifestyles and living conditions; next, some residents hang or litter stale bread in cités and not in villes because of differences in urbanity. Ultimately, hanging is a performance of faceless communality, littering reflects faceless estrangement, and tossing involves voices of face estrangement.

Coline FerrantColine Ferrant est doctorante à l'OSC dans le cadre du double diplôme Sciences Po / Northwestern University. Titre de sa thèse : « L'alimentation dans la ville : Paris - Chicago » (directeur Marco Oberti).


Entrée sur inscription préalable pour les personnes extérieures à Sciences Po : bernard.corminboeuf@sciencespo.fr.

Policies of Social Openness in Access to Brazilian Higher Education and Meritocracy

Thaíssa Bispo (IESP/UERJ)
Séminaire scientifique de l'OSC, 21 décembre 2018
  • Image Alf Ribeiro / Shutterstock (USP-Sao Francisco law school in Sao Paulo)Image Alf Ribeiro / Shutterstock (USP-Sao Francisco law school in Sao Paulo)

 Séminaire scientifique de l'OSC 2018-2019

98, rue de l'Université 75007 Paris - salle Georges Lavau

vendredi 21 décembre 2018 de 11h à 13h : 2 communications (voir Coline Ferrant)

Thaíssa Bispo (IESP/UERJ )

Policies of Social Openness in Access to Brazilian Higher Education and Meritocracy

Brazilian higher education is historically marked by the presence of elite and exclusionary mechanisms, leading to the reproduction of social inequalities and stratification.
The main objective of the research is to investigate the establishment of the State policy of openess intended to promote the processes of inclusion and democratization in Brazilian universities. We tackle the issue of public policies for inclusion from the perspective of the social actors who are the direct beneficiaries. 

The 2000s saw the the institutionalization of affirmative actions and the implementation of redistributive public policies to correct social inequalities. The aim is to open access to higher education to certain classes and social groups.

In particular, we examine two measures:

  • the popular pre-college courses which help to prepare the selection tests of public universities and develop students' critical sense;
  • the quota law which establishes the reservation of places in public institutions of higher education, based on socioeconomic and ethno-racial criteria.

The analysis of students' perceptions about the policy of quotas and our qualitative - quantitative methodology leads us to highlight the existence of a paradox: if the popular pre-university courses are attempts to correct inequalities, they have practices and discourses that reinforce ideas of merit and effort, which ultimately discourage the use of inclusive policies, leading to counterproductive effects.

We also show the presence of meritocratic ideals as background in the arguments and justifications of both favorable and contrary positions to the acceptance of quota policies.

Politiques d'ouverture sociale dans l'accès à l'enseignement supérieur et à la méritocratie brésilienne

L'enseignement supérieur brésilien est historiquement marqué par la présence de mécanismes élitistes et d'exclusion aboutissant à la reproduction des inégalités sociales et à la stratification.

L'objectif principal de la recherche est d'examiner la mise en place par l'État d’une politique d’ouverture, destinée à favoriser les processus d'inclusion et de démocratisation dans les universités brésiliennes. Nous abordons la question des politiques publiques en faveur de l' inclusion dans la perspective des acteurs sociaux qui en sont directement les bénéficiaires.

Les années 2000 voient l'institutionnalisation d’actions de “discimination positive” et la mise en oeuvre de politiques publiques à caractère redistributif pour corriger les inégalités sociales. L’objectif étant d’ouvrir l'accès à l’enseignement supérieur à certaines classes et groupes sociaux.

Nous examinons plus particulièrement deux dispositifs :

  • les cours populaires pré-universitaires qui aident les étudiants des classes populaires à préparer les tests de sélection à l’entrée des universités publiques, et à développer leur sens critique,  
  • la loi sur les quotas qui réserve des places dans les établissements publics d'enseignement supérieur sur la base de critères socio-économiques et ethno-raciaux.

L'analyse des perceptions des étudiants bénéficiaires de cette politique des quotas et une méthodologie quali-quanti nous amène à souligner un paradoxe : si les cours préuniversitaires populaires tentent de corriger les inégalités, ils s’intègrent aussi dans des pratiques et des discours qui renforcent les notions de mérite et d’effort, produisant un effet contre-productif de découragement des étudiants ciblés par les politiques inclusives.

Nous montrons également la présence d’idéaux méritocratiques dans les arguments et les discours justificatifs des tenants comme des opposants aux politiques de quotas.

Thaissa BispoThaíssa Bispo Souza est doctorante à l'IESP/UERJ (Rio de Janeiro). Elle est accueillie à l'OSC de septembre 2018 à janvier 2019. Elle travaille sur des questions d'inégalités, de ségrégation, de stratification sociale et de politiques d'inclusion dans un contexte scolaire urbain.

Entrée sur inscription préalable pour les personnes extérieures à Sciences Po : bernard.corminboeuf@sciencespo.fr.

Expat’ à Abu Dhabi

Blanchité et construction du groupe national chez les migrant·e·s français·es
Claire Cosquer, soutenance de thèse, jeudi 29 novembre 2018
  • Image de la skyline d'Abu Dhabi, Sergey Kelin (via Shutterstock)Image de la skyline d'Abu Dhabi, Sergey Kelin (via Shutterstock)

Soutenance de thèse
Jeudi 29 novembre 2018 à 9h30
Salle Annick Percheron, 98 rue de l'Université, Paris 7e

Composition du jury : Sébastien Chauvin (Université de Lausanne, rapporteur), Philippe Coulangeon (OSC-Sciences Po, CNRS),  Amélie Le Renard (CMH, CNRS), Sophie Pochic, CMH, CNRS, rapporteure), Mirna Safi (OSC-Sciences Po, directrice), Hélène Thiollet (CERI-Sciences Po, CNRS)

« Expat’ » à Abu Dhabi. Blanchité et construction du groupe national chez les migrant·e·s français·es

Fondée sur une ethnographie combinant observation et entretiens, cette thèse analyse les  expériences migratoires des résident·e·s français·es à Abu Dhabi.
Nuançant le portrait d’« expatrié·e·s » fréquemment présenté·e·s comme hypermobiles, elle montre qu’elles et ils empruntent en fait des routes migratoires balisées. Ces routes sont notamment dessinées par la rencontre entre politiques émiriennes et État français transnational, dans un contexte de concurrences postcoloniales qui se traduisent par des stratégies de distanciation vis-à-vis du colonialisme britannique et de l’impérialisme étasunien. La construction du groupe national, encadrée par des institutions migratoires, se déploie dans la délimitation de frontières associant francité et blanchité, au travers des interactions tant avec les nationales et nationaux émirien·ne·s qu’avec d’autres groupes migrants. Si le rapport à la population majoritaire sud-asiatique est marqué par une mise à distance, toutefois perturbée par la fréquence de l’emploi domestique à demeure, le rapport aux citoyen·ne·s émirien·ne·s engage un trouble singulier dans l’ordre postcolonial. Les résident·e·s français·es font ainsi l’expérience d’une vulnérabilité limitée, mais anxiogène, vis-à-vis d’Émirien·ne·s perçu·e·s comme omnipotent·e·s. En cela, les migrations françaises à Abu Dhabi se révèlent le lieu d’une déstabilisation autant que d’une solidification de la blanchité. Mettant en lumière la façon dont ces reconfigurations blanches s’entrecroisent avec un régime de genre où se renforce l’hétéroconjugalité, la thèse apporte une contribution à l’analyse plurielle des rapports sociaux dans les migrations des Nords vers les Suds.   

Soutenance publique sur invitation préalable pour les extérieurs à Sciences Po.

Auditions pour le poste de Professeur en sociologie

Profil "Etude des populations"
OSC, vendredi 7 décembre 2018
  • OSC - 98 rue de l'Université - Paris 7eOSC - 98 rue de l'Université - Paris 7e

Auditions publiques pour le recrutement d'un·e Professeur·e des universités en sociologie, profil "Étude des populations"

Full Professorship in Sociology, Population Studies

Vendredi 7 décembre 2018
OSC - Salle Annick Percheron, 98 rue de l'Université, Paris 7e

Accueil dès 8h30

9h - 9h40 Sarah Carol (University of Cologne)
Attitudes towards abortion among migrants and natives in Europe

9h45 - 10h25 Angela Greulich (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)
Socio-economic differentials in fertility behaviour within European countries: context-dependency and policy relevance

10h30 - 11h10 Rasmus Hoffmann (University of Rostock - Max Planck Institute for Demographic Research)
Causal effects between socioeconomic status and health in the life course

[Pause de 11h10 à 11h30]

11h30 - 12h10 Letizia Mencarini (Bocconi University, Milan)
Family and Reproductive Behavior in East Asia and Southern Europe: a Research Plan

12h15 - 12h50 Andrew Noymer (University of Califonia, Irvine)
Summertime, and the livin' is easy": or, using seasonal demographic data to answer policy-relevant questions

Inscription obligatoire pour les personnes externes à Sciences Po.