Les Verts brésiliens surfent sur la vague Mockus

L'ancien maire de Bogotá, Antanas Mockus, s'est imposé en quelques semaines comme la principale alternative à l'uribisme pour l'élection présidentielle colombienne du 30 mai 2010. Lui qui n'avait recueilli que 1,2% des suffrages en 2006 fait maintenant trembler le pouvoir en place, alors qu'Alvaro Uribe espère assurer la continuité en imposant son ancien ministre de la Défense, Juan Manuel Santos.

A un mois du scrutin, certains sondages prévoyaient même une victoire de Mockus au second tour. Candidat du Parti Vert de Colombie, Mockus est à la tête d'une alliance avec deux autre anciens maires de Bogotá (Enrique Peñalosa et Luis Eduardo Garzón) et l'ancien maire de Medellin Sérgio Fajardo (candidat à la vice-présidence). Leur campagne a pu s'appuyer sur un mouvement tout à fait exceptionnel sur internet et parmi les réseaux sociaux, au premier rang desquels Facebook. Longtemps indépendant politiquement, Antanas Mockus pourrait devenir le premier chef d'Etat de l'histoire de l'Amérique latine à porter les couleurs d'un parti Vert.

Depuis quelques jours, la campagne électorale se régionalise. Alors qu'Hugo Chávez s'est une nouvelle fois immiscé dans une compétition présidentielle latino-américaine, annonçant qu'une victoire de Santos risquerait d'entraîner une guerre entre la Colombie et le Venezuela, le Parti Vert du Brésil cherche maintenant - dans un esprit bien plus apaisé - à surfer sur la vague verte colombienne. Candidate à la Présidence de la République brésilienne pour le Parti Vert, la Sénatrice Marina Silva se rendra à Bogotá le 20 mai 2010, pour y rencontrer Antanas Mockus.

L'ex-ministre de l'Environnement de Lula peine à décoller dans les sondages (moins de 10% des intentions de vote). L'ensemble des observateurs concentrent l'attention autour des deux favoris : Dilma Rousseff (PT) et José Serra (PSDB). A quelques jours des élections colombiennes, Marina proposera à Antanas Mockus une alliance devant donner naissance à un Pôle Alternatif régional de gauche.

« La montée de Mockus dans les sondages en Colombie et de Marina Silva au Brésil est une preuve que la société latino-américaine veut une alternative de gauche nouvelle, démocratique et écologique. L'idée est d'établir un axe initial avec Mockus, qui représente la transformation urbaine proposée par les Verts, et Marina, qui a un prestige mondial pour sa défense de l'Amazonie », a souligné le fondateur du Parti Vert brésilien et député municipal de Rio de Janeiro, Alfredo Sirkis.

Mais la visite de Marina Silva aura également un objectif politique à plus court terme : échanger des expériences de campagnes électorales, pour espérer découvrir la clé du « phénomène Mockus ».

 

NOTE: le vendredi 7 mai 2010, le voyage de Marina Silva en Colombie a été annulé, en raison des risques liés aux menaces de mort dont a fait l'objet Antanas Mockus.

 

DOCUMENTS

 

Antanas Mockus Presidente.

 

Bogotá Cambio.