Guatemala : le premier tour de l’élection présidentielle en chiffres.

0 - Le scrutin se déroule sans candidat de l'Unité nationale de l'espoir (UNE) pour succéder au président Álvaro Colom. La candidature de Sandra Torres, ex-épouse du président sortant, a été déclarée irrecevable par le Tribunal Suprême Électoral.

 

1 - Le nombre de sièges obtenus par le Front Républicain Guatémaltèque (FRG), le parti d'Efraín Ríos Montt, chef d'État (1982-1983) sous la dictature. Ce vide, à droite, favorise les autres partis. Le volonté des États-Unis de juger Alfonso Portillo (président de 2000 à 2004 sous la bannière du FRG) pour blanchiment d'argent mine un peu plus la réputation de l'une des plus « anciennes » formations politiques du Guatemala.

 

2 - Deuxième essai d'Otto Pérez Molina, candidat du Partido Patriota (PP), pour être élu à la présidence. Général à la retraite, Pérez Molina a notamment occupé le poste de directeur du G-2, les services de renseignements militaires, durant la guerre civile. Le candidat du parti « orange » fut le représentant de l'armée lors de la signature des Accords de Paix de 1996.

 

3 - En pourcentage, les votes obtenus par Rigoberta Menchú, lauréate du prix Nobel de la paix, à sa deuxième tentative à une élection présidentielle.

 

12 - En pourcentage, la proportion des votes blancs et nuls. Le Guatemala figure parmi les pays latino-américains où la part de votes blancs et nuls est la plus importante. À l'élection du Parlement centraméricain aussi organisée le 11 septembre 2011, 17% des voix sont rejetées.

 

13 - Points de pourcentage qui séparent Otto Pérez Molina de son plus proche rival, Manuel Baldizón, membre du parti Libertad Democrática Renovada (Líder). Avec 36% des appuis, Pérez Molia part favori en vue du deuxième tour de scrutin prévu le 6 novembre 2011.

 

17 - En pourcentage, la proportion de citoyens qui affirment sympathiser avec un parti politique. En Amérique latine, seuls les Chiliens et les Équatoriens démontrent un détachement aussi (ou plus) prononcé par rapport aux partis politiques.

 

18 - Journée en mai où le divorce entre Colom et son épouse est rendu officiel. La constitution ne permet pas aux membres de la famille du chef d'État en fonction de devenir présidents à leur tour. Un divorce aux raisons politiques ou sentimentales ? Le président et la première dame demandent aux médias de respecter leurs vies privées. Torres dit vouloir préparer son mariage avec le Guatemala.

 

19 - Le nombre de femmes qui obtiennent un poste au congrès, où siègent 158 députés au total. Aux élections municipales, seulement 7 femmes sont élues à la tête des mairies. Si Pérez Molina devient président, le Guatemala aura toutefois sa première vice-présidente, la « coalistière » Roxana Baldetti.

 

20 - L'augmentation en pourcentage du nombre d'électeurs inscrits par rapport au scrutin de 2007.

 

22 - Le taux d'analphabétisme chez les adultes lors de l'arrivée de Colom au pouvoir. Selon le gouvernement, ce taux a chuté de 4 points au cours de l'administration actuelle. Précision, optimiste ou autre manière de mesurer ? En 2010, les Nations Unies estimaient le taux d'alphabétisme à 75,3% chez les personnes de 15 ans et plus.

 

40 - Les pouvoirs parallèles s'invitent dans la course. Environ 40 assassinats politiques sont commis entre le début de la campagne et le premier tour. En 2007, 58 personnes perdaient la vie entre le début des activités partisanes et l'élection de Colom au deuxième tour de l'élection.

 

41 - Âge de Manuel Baldizón. Il est facilement le plus jeune des dix candidats à la présidence. Il remporte la pluralité des voix dans trois départements côtiers (pacifique) ainsi que dans le Petén.

 

48 - En millions de Quetzales, le maximum que le PP était autorisé à dépenser durant la totalité de la campagne. Les autorités électorales estiment que les représentants de la « main de fer » ont déjà dépensé 90 millions de Quetzales. Une publicité agressive, et un électorat réceptif : Pérez Molina est le candidat le plus populaire dans 18 des 22 départements.

 

51 - En pourcentage, la proportion de femmes sur les listes électorales. Pour une première fois, le nombre de femmes dépasse celui des hommes. Les registres sont maintenant un meilleur reflet de la population dans un pays où l'inscription électorale est volontaire.

 

56 - Le nombre de sièges obtenus par le PP. En contrôlant un peu plus d'un tiers du congrès, le PP devient la principale force politique devant la coalition formée par l'UNE et la Grande Alliance Nationale (GANA). À l'approche du deuxième tour, les alliances se dessinent, Baldizón se rapprochant de l'UNE-GANA pour gagner des appuis notamment dans les départements du Nord-Ouest où les électeurs indigenas sont nombreux.

 

60 - Sur cent, la proportion des 31 793 candidats à toutes fonctions électives (présidentielles, législatives, municipales et régionales) qui sont âgés de 18 à 30 ans.


69 - Le taux de participation au premier tour du scrutin. En termes relatif et absolu, jamais autant de Guatémaltèques se sont rendus aux urnes en une même journée.

 

86 - Le nombre d'observateurs internationaux qui ont pris part à la mission de l'Organisation des États Américains. Cette dernière souligne le bon déroulement du scrutin mais fait part de quelques préoccupations quant à la lenteur du Tribunal à rendre publiques les résultats préliminaires.

 

98 - Le taux d'impunité au Guatemala selon la Commission Internationale contre l'Impunité (CICIG) des Nations Unies. En 2010, les forces policières enregistraient 5900 homicides. Ce nombre est environ 2,5 fois inférieur à celui enregistré au Mexique. La population du Guatemala est cependant 7,7 fois plus petite que celle de son pays voisin.

 

110 - Le nombre de maires élus qui appartiennent à une communauté indígena. Le pays compte 333 municipalités et... habituellement une faible représentation autochtone au congrès. Les élus municipaux sont aujourd'hui fortement sollicités par Pérez Molina et Baldizón. Au Guatemala, les maires sont d'importants acteurs de la mobilisation.


186 - Le numéro de l'article constitutionnel qui mine les chances de Sandra Torres de succéder à son (ex-)conjoint. Si elle avait obtenu gain de cause devant les tribunaux et qu'elle avait été candidate, Torres aurait affronté parmi ses adversaires, Patricia de Arzú, épouse d'Álvaro Arzú, ancien président (1996-2000) et réélu pour une deuxième fois à la mairie de la Ville de Guatemala.