So Phim

Date: 
10 September, 2012
Auteur: 
OEMV

Tout comme Mok, So Phim gagne ses premiers galons comme chef de la guérilla Issarak contre les Français à la fin des années 1940. Né dans une famille paysanne de l’est du Cambodge vers 1925, il fait partie des fondateurs du PRPK (Parti Révolutionnaire du Peuple Cambodgien) en août 1951. Trois ans plus tard, après les accords de Genève, il est nommé parmi les quatre membres du Comité provisoire de direction du Parti. Quand le PRPK est mis en difficulté par les efforts de Sihanouk et la trahison de plusieurs chefs, Phim se réfugie à Phnom Penh avec un groupe de partisans et travaille comme charpentier grâce à Toch Phoeun, un sympathisant travaillant comme haut fonctionnaire au Ministère des Travaux Publics (Short, 2007: 157). En 1960, Phim est élu membre tournant du Comité Permanent du nouveau PCK puis membre permanent trois ans plus tard, ce qui en fait le n° 4 ou 5 du Parti. De 1960 à sa mort en 1978, il dirige le Comité du PCK pour la Zone Est. Décrit comme un « homme trapu au faciès rond d’1 mètre 80, à la peau sombre et aux cheveux noirs » (Kiernan, 1996: 89-90), il est également dépeint comme déterminé et cruel, menaçant ses hommes de son arme au cours d’accès de rage, à l’instar de Mok (Short, 2007: 231). Néanmoins apprécié de ses hommes, il avait une réputation (possiblement imméritée) de modéré au sein du Parti (Chandler, 1991: 296-373). Il réprime violemment les musulmans Cham dans la province du Kompong Cham, après leur refus de reconnaitre l’autorité des Khmers Rouges (Kiernan, 1996: 262-277). En 1978, après l’échec des troupes de la Zone Est à contenir la vaste offensive vietnamienne lancée par le Général Giap pour intimer à Pol Pot de cesser ses raids transfrontaliers meurtriers, Pol commence à soupçonner Phim (probablement à tort) de connivence avec Hanoi et lance une purge massive de la Zone Est. Phim, refusant d’abord de croire que Pol s’était tourné contre lui, réussit finalement à fuir avec sa femme, ses enfants et quelques partisans. Encerclé par ses poursuivants, il finit par se suicider. Les membres de sa famille onst capturés alors qu’ils préparaient son corps pour les rites funéraires bouddhistes et sont tués à leur tour. Il fut remplacé dans la Zone Est par Nuon Chea (Chandler, 1993: 196 – Kiernan, 1996: 392-400; Sher, 2004).

Cite this item

OEMV , So Phim , Online Encyclopedia of Mass Violence, [online], published on: 10 September, 2012, accessed 16/12/2018, https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/en/, ISSN 1961-9898