Maires bâtisseurs, maires battus ?

Responsables du projet :

Martial FOUCAULT (CEVIPOF)

Pierre-Henri BONO (LIEPP, Dpt d'économie)

Projet soutenu par le LIEPP depuis septembre 2015

Descriptif du projet : 

La question de recherche peut se résumer ainsi : La politique du logement municipal vise-t-elle à façonner l’électorat des maires sortants ? Parmi les politiques publiques municipales, une forme de standardisation est à l’oeuvre. Quelle que soit l’affiliation partisane des édiles municipaux, les villes de droite ou les villes de gauche sont favorables à une politique de piétonisation, favorables à une offre de structures pour la petite enfance, favorables à une politique fiscale attractive pour la localisation d’activités économiques… En revanche, en matière de logement, plusieurs rapports publics ont pointé l’inégal respect des critères de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) qui impose aux communes d'avoir 25 % de HLM dans leur parc de logements. Il existe donc des différences significatives entre communes en matière de politique publique du logement. Pour quelles raisons une ville décide-t-elle de maintenir un seuil de logements HLM en dessous du seuil fixé par la loi ? Existe-t-il un lien entre la variation de l’offre municipale de logements et la dynamique de réélection ? Ou encore les maires peuvent-ils « manipuler » la politique de logement à des fins électoralistes ? Dans ce projet de recherche, nous proposons d’évaluer l’évolution et l’impact de la politique de logement social sur la stabilité politique des 236 villes françaises de + de 30 000 habitants. Alors que le logement demeure l’une des priorités d’action publique souhaitée par les électeurs à l’échelle municipale, il reste peu étudié dans une perspective d’économie politique. Cette étude propose de vérifier si les changements de la sociologie électorale observés dans plusieurs villes françaises depuis 1983 peuvent s’expliquer par les décisions locales en matière de logement.