Quels effets de la rénovation urbaine sur les quartiers ciblés ?

Le LIEPP publie son rapport sur le PNRU
  • ZUS Malakoff, Nantes. Crédit : Nina GuyonZUS Malakoff, Nantes. Crédit : Nina Guyon

 Le LIEPP publie son rapport sur les effets du Programme National pour la Rénovation Urbaine (PNRU) 


Alors que l’Etat s’apprête à investir 20 milliards d’euros dans le Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU), le LIEPP publie son rapport sur les effets de son prédécesseur, le Programme National pour la Rénovation Urbaine (PNRU), mis en œuvre depuis 2004. 

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un partenariat de recherche entre le LIEPP Sciences Po - en la personne de Nina Guyon - et le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET). Elle repose sur l’exploitation des données CGDD-SOeS Filocom détenues par le Service de l’Observation et des Statistiques (SOeS) du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. L’étude a reçu l’appui financier direct de la National University of Singapore (à hauteur de 85%) et du Commissariat Général à l’Egalité des Territoires (à hauteur de 15%).

Résumé des résultats 

Depuis 2004, le PNRU vise à restructurer 571 quartiers parmi les plus défavorisés de France dans un objectif de mixité sociale et d’amélioration du cadre de vie dans ces quartiers. En 2013, plus de 200 000 logements avaient ainsi été démolis ou construits, et plus de 200 000 autres réhabilités, pour un montant total investi par l’Etat de 45 milliards d’euros. 

La comparaison de l’évolution de ces quartiers à celle des Zones Urbaines Sensibles n’ayant pas bénéficié du programme montre que le PNRU a induit, en dix ans, une modeste diminution du niveau de pauvreté dans les quartiers ciblés (-1 point de pourcentage de la proportion de ménages du premier quartile de revenus), qui est nettement plus prononcée dans les quartiers où les démolitions ont été les plus intenses (-4,5 points). Ce résultat est donc encourageant sur le plan de la mixité sociale. 

En revanche cette diminution s’observe uniquement dans le parc social et le niveau de pauvreté a au contraire augmenté dans le parc privé. Qui plus est, dans le parc social, la diminution observée semble s’expliquer principalement par le fait que les démolitions ont ciblé les logements des ménages les plus pauvres et par leur relogement dans d’autres quartiers, et non par l’arrivée de ménages plus aisés dans les nouveaux logements. 

Ces derniers résultats soulignent l'importance de ne pas relâcher les efforts visant à renforcer l’attractivité des quartiers ciblés, par exemple sur le plan de l’amélioration du cadre de vie et des transports, notamment dans la mise en œuvre actuelle des nouvelles politiques de rénovation urbaine

Chercheuse 

Nina Guyon est enseignant-chercheur à la National University of Singapore et chercheuse affiliée au LIEPP. Ses recherches portent sur la mixité sociale et sur les inégalités sociales à l’école.

Liens 

Rapport: "Étude des effets de la rénovation urbaine sur l’évolution du bâti et du peuplement dans les quartiers ciblés entre 2004 et 2013" 

Policy brief : "Quels effets de la rénovation urbaine sur les quartiers ciblés ?" 

A propos du LIEPP

Le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP) est un laboratoire d’excellence (Labex). Il bénéficie du soutien apporté par l’ANR et l’Etat au titre du programme d’investissements d’avenir. Le LIEPP a pour objectif d’étudier et d’évaluer des politiques publiques, dans une perspective résolument interdisciplinaire. 

Contacts :

Nina Guyon : nina.guyon@nus.edu.sg 

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