Investir dans la jeunesse : quelles priorités ? Quelles marges de manoeuvre ? Quels leviers ?

Mercredi 21 septembre 2016
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Seance Investissement Social: quelle stratégie pour la France ?

Investir dans la jeunesse : quelles priorités ? Quelles marges de manoeuvre ? Quels leviers ?

Mercredi 21 septembre 2016

Siège d'Apprentis d'Auteuil

Salle des Mécènes

40 rue de la Fontaine - 75016 - Paris

Inscription obligatoire à l’adresse suivante : seminaire.jeunesse@apprentis-auteuil.org

Présentation:

La France investit-elle assez dans sa jeunesse ? Les jeunes sont-ils suffisamment équipés et bien préparés à une vie autonome et à une insertion socio-professionnelle réussie ?

Un premier enjeu concerne l’investissement dans l’éducation. Les performances globales de notre pays, mesurées notamment par PISA, placent la France à un rang médiocre (au 19e rang des pays de l’OCDE). L’effort d’investissement public à consentir pour égaler les pays les plus performants représenterait 1,4 point de PIB (France Stratégie). Mais ce n’est pas seulement le niveau de l’investissement éducatif dans notre pays qui est à interroger : la France détient le record des inégalités scolaires, avec un écart de performance entre les élèves les plus et les moins favorisés de l’ordre de 24 % contre 9 % en Allemagne (France Stratégie). Comment réduire les inégalités scolaires d’origine sociale et tenir la promesse républicaine d’égalité ?  Comment doter tous les jeunes des compétences nécessaires pour maintenir notre niveau de vie dans un contexte de compétition économique aiguisé ?

Un second enjeu est celui de l’insertion professionnelle et sociale des nouvelles générations. Si environ les deux tiers de la jeune génération entre dans l’emploi après la fin de ses études et déclare être optimiste sur son devenir personnel, une majorité fait l’expérience du « précariat » avant d’accéder au contrat à durée indéterminée. Les jeunes les moins formés et/ou dépourvus de soutiens familiaux expérimentent une organisation sociale où l’accompagnement de la transition vers l’âge adulte repose d’abord sur les solidarités familiales. Eloignés de l’emploi, écartés des filets de protection sociale de droit commun (assurance chômage et RSA), orientés vers des dispositifs dédiés, en général contingentés et peu articulés entre eux. Le sort des jeunes les plus vulnérables ne cesse de se dégrader.

Les jeunes les plus vulnérables sont exposés à un processus de désaffiliation sociale, illustré par l’augmentation de la population des NEET (not in Education, Employment or Training) et la surreprésentation des sortants de l’aide sociale à l’enfance dans les jeunes marginalisés.

L’inclusion des jeunes les plus fragiles reste donc un défi à relever. Quelles sont les marges de manœuvre ?

L’effort budgétaire de la collectivité nationale en direction des jeunes adultes de 18 à 24 ans est estimé actuellement à 3 points de PIB (64 milliards d’euros, soit environ 11 600€/an par jeune). La dépense d’éducation mobilise la moitié du total (28,4 milliards), les prestations sociales et fiscales le tiers (allocations familiales, logement et quotient familial pour 18,5 milliards d’euros), la dépense d’insertion socioprofessionnelle un cinquième (14 milliards), l’assurance chômage un vingtième (3,4 milliards – source : Haut conseil de la famille, 2016).

L’amélioration de l’inclusion sociale et économique des jeunes supposerait la mobilisation de moyens budgétaires importants : la généralisation de la Garantie jeunes sur la base de 500.000 jeunes éligibles est estimée à 1,6 milliard d’euros. Les projets visant à favoriser l’autonomie des jeunes majeurs pour qu’ils dépendent moins de leur famille et disposent de ressources suffisantes correspondent à des schémas d’aides de 5 à 10 milliards d’euros (0,23 à 0,46 point de PIB) de redéploiement ou d’augmentation des transferts publics. Soit en débat un effort additionnel en faveur des jeunes de  0,6 à plus de 1,4 point de PIB.

Cependant, investir dans la jeunesse ne relève pas seulement d’une question de moyens et d’allocation de ressources, mais soulève également un enjeu de conception de l’action publique et de changement de posture vis-à-vis des modes de faire  et de gouvernance, en butte  au morcellement d’une multitude de mesures spécifiques en marge du droit commun. Or, une stratégie d’investissement social dans la jeunesse implique une approche plus transversale, non seulement corrective et réparatrice, mais aussi plus préventive, participative et inclusive, permettant d’anticiper les besoins sociaux et de promouvoir des démarches d’« empowerment » et de « capabilités » afin que les jeunes puissent s’autonomiser dans leurs parcours de vie.

Dans un contexte de finances publiques contraintes, cette orientation renvoie à une série d’arbitrages et ouvrent de nombreuses interrogations

La nation est-elle disposée à consentir un investissement supplémentaire en faveur de la jeunesse ? Quelles sont  les conditions d’efficacité à réunir pour qu’un investissement accru se traduise effectivement à terme par une augmentation du PIB et du niveau de vie ?

Peut-on améliorer l’efficacité et l’équité des dispositifs actuels à moyens constants ? Quelle organisation entre une politique en direction de toute la jeunesse (élévation des niveaux de qualification) et une politique ciblée sur les plus en difficulté (décrocheurs, NEET / jeunes sans emploi ni formation) ? Quel rôle respectif des acteurs publics (État, collectivités) et privés (entreprises, philanthropie..)? L’effort doit-il porter sur tous les jeunes ou être ciblé sur ceux qui sont issus d’un milieu social défavorisé ou sont privés de soutien parental (dont les jeunes issus de la protection de l’enfance) ?

Pour plus d'informations, rendez vous sur le site du séminaire Investissement Social.