Evaluation de la politique de recrutement militaire française

Projet lauréat du concours libre du LIEPP pour 2014. Travaux en cours.

Equipe de recherche: Martial Foucault (Centre d’Etudes Européennes)

Depuis 1996, date de la mise en oeuvre de la professionnalisation des armées, le ministère français de la Défense fait l’apprentissage des difficultés à recruter du personnel militaire de manière permanente tout en mettant en oeuvre un format d’armée en contraction constante.

Si les données présentées dans la Loi de programmation militaire 2009-2014 font état d’un besoin de recrutement annuel d’environ 30 000 militaires par an, ce chiffre doit désormais prendre en compte l’objectif de réduction de 54 000 personnes d’ici 2014, et 25 000 d’ici 2017. Cet effort sans précédent dans l’un des ministères régaliens pourrait, à première vue, constituer une aubaine pour le ministère de la Défense lui permettant d’atteindre aisément ses objectifs de recrutement. Or, une telle conjecture constitue un trompe l’oeil pour au moins trois raisons. La première tient à la dynamique du processus de recrutement qui ne se limite pas au premier contrat d’engagement mais aussi à la fidélisation au sein des forces armées. La deuxième tient aux déterminants socio-économiques du recrutement qui influencent, non seulement, le nombre de recrues mais surtout la qualité des personnels engagés. Enfin, la troisième raison est d’ordre plus structurel au sens où les besoins de chaque armée varient substantiellement, ayant pour conséquence de définir une politique et une stratégie de recrutement « à la carte » et « ciblés » dont les paramètres sont largement indépendants des facteurs macros favorables à l’heure actuelle (chômage élevé, contraction du format).

Le principal défi des armées professionnelles n’est pas tant la réalisation de leur format global, que de réussir à attirer et à garder des spécialistes dans des emplois fortement qualifiés, donc coûteux en termes de formation et représentant des « petits » effectifs dans lesquels la moindre « saignée » par la concurrence civile peut avoir des conséquences opérationnelles très lourdes.

Face à l’absence de travaux d’évaluation de la politique de recrutement de l’Armée de Terre en France (représentant 70% des effectifs militaires), l’objectif de ce programme de recherche est double :

  • Identifier les variables déterminantes à l’engagement et à la fidélisation des personnels de l’Armée de Terre ;
  • Evaluer l’impact de ces variables sur la durée (survie) de vie d’un militaire dans l’institution.