Andrei Poama

Andrei PaomaÉléments pour une théorie de la justice pénale

 

Nos institutions pénales sont-elles devenues insupportables ?

Me fondant sur la jurisprudence des quatre dernières décennies en matière des droits des victimes et des personnes condamnées en France et aux États-Unis, mon projet doctoral tente d’articuler une réponse à l’intérieur d’une nouvelle théorie de la justice pénale, conçue comme justice corrective.

Empruntée à Aristote, cette idée fait référence aux pratiques et procédures à travers lesquelles les représentants du système pénal (juges, agents de probation, gardiens de prisons, etc.) agissent dans le sens de la rectification des violations des droits des victimes, tout en respectant les droits minimaux des personnes condamnées. Une théorie de la justice pénale comme justice corrective essaie, plus largement, de résoudre le débat entre les partisans d’une critique radicale de l’institution pénale et ceux qui tentent d’en trouver la justification idéale.

Ce débat est à la fois tendu et stérile. Ainsi, les critiques radicaux dénoncent des injustices réelles, sans pour autant prendre l’idée de justice au sérieux, alors que les théoriciens de la justice prennent celle-ci sérieusement sans pouvoir identifier les raisons adéquates pour critiquer les injustices pénales réelles (surpopulation pénale, importance des droits des victimes et des condamnés, caractère imparfait de la loi pénale, etc.).

La théorie de la justice pénale comme justice corrective tente d’échapper à cette dichotomie par le milieu : présenter de manière systématique une conception de la justice qui pourrait mieux repérer les raisons qui rendent compte des injustices réelles de nos pratiques punitives.

Janvier 2014 - Alumni sciencespo.magazine