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« Le XXIème siècle se fera en Asie ! »

Florent Bonaventure, directeur du campus du Havre
  • Florent Bonaventure, Collégiades 2017 ©Sciences PoFlorent Bonaventure, Collégiades 2017 ©Sciences Po

« On connaît encore mal l’Asie »

« On connaît bien l’Afrique et le Moyen-Orient, mais on connaît très mal l’Asie. Trop peu de chercheurs travaillent sur ce continent, alors que le XXIème siècle se fait là-bas ! » S’installant dans un café proche du campus parisien de Sciences Po, avec l’assurance de celui qui connaît les lieux, Florent Bonaventure est intarissable sur l’Asie. Une passion ? Plutôt une propension naturelle à l’engagement, qui est loin de se résumer à un seul continent.

Diplômé de Sciences Po en Relations internationales en 2004, puis de l’université de Nanterre en Histoire en 2005, l’actuel directeur du campus du Havre s’est en effet d’abord tourné vers le continent africain, avec un stage en ONG à Madagascar, avant de partir en échange universitaire à Yale. Après quelques années d’enseignement, il devient en 2011 le premier directeur du programme Europe-Afrique à Sciences Po.  

Après deux années passées à développer ce programme, il prend ses fonctions de directeur de campus du Havre en 2013, un poste d’une toute autre dimension, qui le fait passer  « d’un programme à un campus », souligne-t-il. « Au Havre, en plus de s’occuper des étudiants, il faut aussi rencontrer des entreprises, maintenir de bonnes relations avec les administrations locales… » Difficile avec toutes ces tâches de rester aussi proche des étudiants qu’il le souhaiterait.

« Certains pays ont un système scolaire très compétitif... »

« Nous avons atteint un bon rythme de croisière », se satisfait-il, rajustant son inévitable cravate. « En quatre ans, nous sommes passés de 90 étudiants par promotion à 140 et de 3 à 7 double-diplômes ». Admiratif du bilan de sa prédécesseuse Delphine Grouès, aujourd’hui directrice des études et de l’innovation pédagogique à Sciences Po, ce jeune historien spécialiste des États-Unis a mis du cœur à l’ouvrage pour comprendre ce continent qu’il connaissait encore assez peu. « J’ai beaucoup lu et j’ai commencé des cours de chinois mais je n’ai pas eu le temps de les poursuivre ! J’ai aussi eu une formation en savoir-vivre japonais, ce qui m’a été utile lors de certains voyages », témoigne-t-il.

Sur le campus du Havre, ses étudiants apprécient les efforts de celui qu’ils surnomment affectueusement « Bonav’ ». « Dès le début, il était très actif, avec de nouvelles idées et des projets pour le campus, en incitant les groupes et les associations à y participer », raconte Marie Kenza Yousri, étudiante en double-diplôme avec l’Université Keio, au Japon. « Et même pendant notre 3ème année [à l’étranger ndlr], il tient à dîner avec les étudiants du Havre en échange universitaire ou en stage dans les pays qu’il visite, pour leur demander leurs impressions. »

Dès son premier voyage professionnel à Singapour, le nouveau directeur prend vite la mesure de la tâche qui l’attend. « Je travaillais de 7 à 23 heures, j’ai beaucoup appris durant ces journées », se remémore-t-il. Avec environ trois semaines passées chaque année sur le continent, entre Hong-Kong, cette ville dont le bouillonnement lui plaît tant, l’Inde, le Japon et bien d’autres pays, ces séjours sont pour lui autant d’occasions de mieux comprendre les cultures et les parcours de ses étudiants.

« Dans des pays comme l’Inde ou Singapour, par exemple, où le système scolaire est très compétitif, les élèves qui veulent rejoindre Sciences Po sont particulièrement brillants, et nous devons être à la hauteur de leurs attentes », développe celui qui continue à enseigner l’histoire pour rester en contact avec les étudiants. Malgré quelques disparités parmi les niveaux, il ne voit rien d’insurmontable : « Tous viennent avec des difficultés quelque part, ce qui va favoriser l’entraide. Les étudiants travaillent beaucoup et se mettent à niveau rapidement.»

Sur le point de partir à Londres pour sa troisième année du Collège universitaire, Avtansh Behal, étudiant au Havre, est passé par ces moments un peu difficiles où l’entraide est en effet précieuse. « Parler entre amis de nos problèmes avec les différentes langues qu'on apprenait était assez intéressant, et à la fois très rassurant, car on avait le sentiment de ne pas être seul à rencontrer ces difficultés ».

« J’essaie de faire en sorte qu’ils ne restent pas dans leur bulle »

Les études au Collège universitaire de Sciences Po demandent beaucoup d’investissement et de travail. Florent Bonaventure en est conscient, et veille à ce que le quotidien des étudiants ne soit pas uniquement académique. “J’essaie de faire en sorte qu’ils ne restent pas dans leur bulle et qu’ils partent à la découverte de la France » explique-t-il.

Animée par le Bureau des Elèves, le Bureau des Arts, l’Association Sportive, et une association d’art oratoire, la vie estudiantine est un trait caractéristique du campus normand. L’année est rythmée par les événements culturels, à l’instar de la fête indienne de Diwali, au cours de laquelle le campus se pare de couleurs, ou encore les Collégiades qui rassemblent chaque année les étudiants des sept campus de Sciences Po pour un grand tournoi artistique et sportif. 

Florent Bonaventure, qui ne manquerait pour rien au monde ce rendez-vous annuel, se réjouit de voir évoluer ses étudiants en sport comme en art. « Le voir nous encourager aux Collégiades chaque année nous galvanise, et j’ai été étonné de voir à quel point il était au courant de tout, même à propos de l’équipe de musique de notre campus ! » se souvient Aditya Bhattacharya, étudiant indien qui vient de terminer ses deux ans au Havre. 

Avec 40 % d’étudiants asiatiques, 40 % de Français et 20 % qui viennent du reste du monde, sans évoquer les nombreux métissages, le campus du Havre se distingue par son multiculturalisme, ce qui émerveille on directeur. « Ce campus est l’un des rares endroits où peuvent se rencontrer dès l’âge de 17 ou 18 ans des Chinois continentaux, des Hongkongais, des Taïwanais et des Chinois des États-Unis » explique-t-il. L’ancien responsable du programme Europe-Afrique aimerait cependant voir davantage d’étudiants venir d’Outre-Méditerranée pour découvrir l’Asie, et vice-versa. « Nous avons un jeune Nigérian sur le campus, qui s’intéresse à la Chine », s’enthousiasme-t-il. « Quand on voit que la Chine agit partout sur le continent, ou lorsque l’on observe l’influence du Japon sur de nombreux pays, on se dit qu’il a tout compris ! »

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Un premier campus où "tout est possible"

Les lycéens ont passé une semaine à Reims
  • Premier groupe de lycéens "Premier Campus" à Reims (juillet 2017) ©Sciences PoPremier groupe de lycéens "Premier Campus" à Reims (juillet 2017) ©Sciences Po

"Une expérience de vie étudiante avant l'heure" : c'est ce qu'ont vécu les lycéens du nouveau programme Premier Campus, organisé du 6 au 13 juillet sur le campus de Reims. Une cinquante d'élèves de Seconde, issus de 14 lycées d'Île-de-France, ont inauguré ce dispositif d'un nouveau genre destiné à des lycéens boursiers de l'enseignement secondaire. Objectif : les aider à réussir dans l'enseignement supérieur, quelle que soit la voie choisie. Reportage sur cette semaine d'immersion pédagogique riche en découvertes.

Un programme original conçu par des enseignants du secondaire et du supérieur

Premier campus se donne pour objectif d’aider les lycéens participants à exprimer une pensée claire, réfléchie, intelligible par autrui. Pour cela, les lycéens ont suivi un programme original d'une semaine, construit par une équipe mixte d’enseignants du secondaire et du supérieur, avec :

  • Des cours sur des thématiques qui dépassent les frontières entre les disciplines traditionnelles : "Médias et opinion publique", "Les migrations", "Effacement et dépassement des territoires", etc.
  • Des ateliers sur des compétences transversales : comprendre, rechercher, parler, analyser, lire, écrire
  • Des sessions sur la recherche documentaire et des "exposés sur site"
  • Des découvertes culturelles et ludiques

Penser par soi-même

Comprendre la complexité du monde, penser par soi-même, accepter la contradiction : dans ce “Premier Campus”, les lycéens ont exploré, en anticipation, les compétences et attitudes que les étudiants apprennent tout au long du premier cycle à Sciences Po.

Ce premier groupe de lycéens va continuer son parcours Premier Campus jusqu'au Bac, avec : 

  • 3 autres sessions intensives  de 8 jours : début de Première (vacances d’hiver 2018), fin de Première (juillet 2018), début de Terminale (vacances d’hiver 2019)
  • du mentorat tout au long du parcours

Une nouvelle cohorte de lycéens rejoindra le dispositif à l’été 2018. En phase d’incubation jusqu’en 2022, ce “Premier Campus” a pour ambition de développer un “kit” que d’autres établissements du secondaire et du supérieur pourront utiliser dans l’avenir.

En savoir plus :

Résultats d'admission 2ème et 3ème année, validation du diplôme

Campus de Dijon

Jury de fin d'année du 21 juin 2017

Campus du Havre

Jury de fin d'année du 21 juin 2017

Campus de Menton

Jury de fin d'année du 20 juin 2017

Campus de Nancy

Les résultats des jury de passage ne sont pas disponibles en ligne.

Campus de Paris

Jury de fin d'année, juin 2017

Jury de fin d'année, mars 2017

Campus de Poitiers

Les résultats des jury de passage ne sont pas disponibles en ligne.

Campus de Reims

Jury de fin d'année du 23 juin 2017

Sciences Po ouvre son "premier campus" pour lycéens

  • Un "Premier Campus" pour accompagner les lycéens vers la réussiteUn "Premier Campus" pour accompagner les lycéens vers la réussite

Pour la première fois, Sciences Po va accueillir des lycéens bien avant qu’ils ne passent le Bac : à partir du 5 juillet, des élèves de seconde vont passer une semaine en immersion sur notre campus de Reims. Objectif de ce programme destiné à des boursiers de l’enseignement secondaire : acquérir en anticipation les compétences nécessaires pour réussir dans l’enseignement supérieur.

Comment choisit-on sa voie dans le supérieur quand on est lycéen et boursier ? Comment acquérir les compétences nécessaires pour réussir comme étudiant ? C’est pour en savoir plus sur la mécanique de l’autocensure que Sciences Po ouvre, en partenariat avec l’Éducation nationale, un “Premier Campus” réservé aux lycéens boursiers de l’enseignement secondaire. 50 lycéens sont attendus pour une première immersion sur le campus de Reims du 6 au 13 juillet pour une expérience étudiante “anticipée”

Un “incubateur de réussite universitaire”

Objectif de cet “incubateur de réussite universitaire” : de Bac -3 à Bac +3, passer le pas de l’enseignement supérieur sans trébucher. Pour y parvenir, Premier campus va suivre ces lycéens jusqu’à l’entrée dans l’enseignement supérieur, en leur proposant :

  • quatre sessions intensives “Premier campus” de 8 jours : fin de Seconde (juillet 2017), début de Première (vacances d’hiver 2018), fin de Première (juillet 2018), début de Terminale (vacances d’hiver 2019)
  • du mentorat tout au long du parcours

L’ambition du programme est de leur donner les compétences pour s’ouvrir toutes les portes : esprit critique, autonomie, capacité d’adaptation, ouverture d’esprit, argumentation. Des compétences dont Sciences Po a fait le cœur de son projet éducatif. Et que les lycéens vont acquérir en anticipation.

Comprendre la mécanique de l’autocensure

En suivant ces élèves jusqu’à leur réussite en licence, Sciences Po va pouvoir mieux comprendre, sur le terrain, ce qui stimule l’ambition, et ce qui la freine. Le Laboratoire Interdisciplinaire d’Évaluation des Politiques Publiques (LIEPP) va procéder à une évaluation scientifique du programme. Avec une perspective : identifier les outils qui peuvent changer la donne et contribuer ainsi au débat et à l’action collective.

Une nouvelle cohorte de lycéens rejoindra le dispositif à l’été 2018. En phase d’incubation jusqu’en 2022, ce “Premier Campus” a pour ambition de développer un “kit” que d’autres établissements du secondaire et du supérieur pourront utiliser dans l’avenir.

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Le dossier de présentation du programme (PDF, 371 Ko)

"100 jours de Trump" avec Amy Greene

Campus de Reims cycle de conférences campus entreprises

Présentation de la conférence

En l'espace d'un peu plus de 100 jours, le président américain s'est démarqué par un mépris de l'expertise et des normes, de toute forme d'opposition, et un comportement jugé pour le moins impétueux.

Commençant par une série de décrets et de déclarations cherchant à détricoter l'héritage Obama et ses engagements sur le "home front " tout comme à l'étranger, Trump semble envoyer le message que pour lui, la réconciliation sociale n'est pas prioritaire et qu'America First se traduit par Amérique Seule.

Bien qu'un maigre 38% des Américains approuvent à ce jour de son jeune mandat, les forces de toutes les origines se mobilisent. Quels sont les grands débats au sein de la société américaine ? Comment les Américains voient-ils l'avenir de leur pays et sa place dans le monde ? Quels sont les rapports de force politique en jeu ? Et quelle suite à envisager pour les deux grands partis ?

Conférencière

Enseignante-chercheur à Sciences Po Paris, spécialiste de la vie politique américaine et la politique étrangère. Amy Greene est auteure de L'Amérique après Obama (éds. Autrement, 2012), elle a contribué à l'ouvrage collectif Les Etats-Unis dans le monde (éds. CNRS, 2016). Diplômée de l'université de Pennsylvanie, Sciences Po Paris et American University, elle a travaillé avec plusieurs responsables politiques et think tank américains, français et européens.

Informations pratiques

  • Date : Jeudi, 29 Juin, 2017 - 18:30 - 20:00
  • Lieu : Sciences Po Campus de Reims, Ancien collège des jésuites, 1 place Museux – 51100 Reims.
  • Tél. : +33 (0)3 26 05 94 60