"Sciences Po valorise l'engagement"

Léa Moukanas, étudiante en 1ère année
  • Léa Moukanas ©Félicia Sisco/AïdaLéa Moukanas ©Félicia Sisco/Aïda

Ils viennent de France ou d’ailleurs. Ils sont fraîchement diplômés du bac ou de son équivalent à l’étranger. Ils souhaitent travailler dans la fonction publique, dans le marketing, dans le journalisme ou encore dans l’humanitaire. Ils ont choisi d’étudier à Sciences Po. C’est la rentrée et nous vous faisons découvrir nos “premières années”.  Cette semaine, place à Léa Moukanas, étudiante sur le campus de Paris, qui se passionne pour…  les questions de santé.

Léa Moukanas, vous venez d’entrer en 1ère année, pourquoi avoir choisi Sciences Po ?

J’ai choisi Sciences Po pour la diversité des matières enseignées ; je ne voulais pas me spécialiser tout de suite, j’avais envie d’apprendre, de me cultiver dans différentes matières. Mais j’avais aussi postulé à la London School of Economics. Quand j’ai su que j’étais acceptée à la LSE et à Sciences Po, j’ai finalement fini par me poser la question : ai-je envie de partir à l’étranger ? La réponse était non, pas pour le moment ! J’ai des engagements en France qu’il aurait été compliqué de maintenir à distance.

Quels sont ces engagements qui vous poussent à rester en France ?

Je suis présidente d’une association. Il y a deux ans et demi, ma grand-mère est décédée d’une leucémie foudroyante et j’ai créé une association de lutte contre le cancer qui porte son prénom : Aïda. Son but est triple : soutenir les enfants et les adolescents atteints de cancer, ainsi que leurs familles, avec des interventions à domicile et en hôpitaux, financer la recherche sur le cancer des enfants et, enfin, sensibiliser les jeunes à la maladie. Nous suivons actuellement 200 enfants. C’est pour cette raison que j’ai préféré rester en France. Je pense que, quand on prend des responsabilités, il faut les tenir jusqu’au bout. Il y a la vie d’enfants en jeu : on leur doit d’être fidèle dans l’accompagnement.

Vous avez créé votre propre association à 15 ans ?

Oui, j’ai d’abord fédéré mes camarades de classe, puis de promo, autour de cette action. Quand on allait voir les hôpitaux, au début, cela a parfois été difficile, on a quelquefois entendu qu’on était un peu jeunes ! Mais aujourd’hui, nous sommes près de 300 bénévoles présents dans 30 lycées en France. L’une des spécificités de cette association, c’est de valoriser l’engagement des jeunes et leur prise de responsabilité. En deux ans, Aïda a levé plus de 200 000 euros. Et mon petit frère, qui est responsable du pôle sports, est responsable d'1/3 de ce chiffre d'affaire. Et il n’a que 15 ans. Mais nous ne refusons pas la présence des adultes pour autant ! Notre comptable est ainsi mon ancienne professeure de mathématiques au lycée.

Que va apporter Sciences Po à cet engagement dans la lutte contre le cancer ?

Sciences Po peut être un bon moyen de continuer à faire ce que je fais mais en professionnalisant le tout. Il y a notamment ce cours d’humanités scientifiques de Daniel Benamouzig que je rêve de suivre ! C’est sur l’histoire de la santé publique, de la médecine… Tout ce qui concerne l’économie de la santé m’intéresse beaucoup. Je constate qu’on peut toujours faire mieux dans l’accompagnement : guérir plus de personnes et les guérir mieux, avec un quotidien amélioré pendant les soins et avec moins de séquelles après.

Et ensuite ?

Après le Bachelor, je compte m’orienter vers le master d’Affaires publiques de Sciences Po. Mais je garde en tête une phrase entendue les premiers jours de la rentrée : on nous a conseillé de “ne pas savoir ce qu’on veut faire”. J’ai trouvé cela étrange, mais en à peine trois semaines depuis la rentrée, je vois que déjà que j’ai beaucoup évolué dans ma réflexion. Quand j’ai débuté les cours, ma finalité était l’association et, à présent, je me dis que je pourrais avoir un autre métier tout en gérant l’association. Et pourquoi pas poursuivre avec un doctorat ?

#FirstYearsScPo : ils ont choisi Sciences Po

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