Engagé pour l'Afrique

Romaric Compaoré, étudiant en première année
  • Romaric Compaoré ©Didier Pazery / Sciences PoRomaric Compaoré ©Didier Pazery / Sciences Po

Il vient du Burkina Faso et travaille sur un projet pour faciliter l’accès à l’eau dans son village. Romaric Compaoré fait partie de la première promotion des boursiers Sciences Po - MasterCard Foundation, un programme qui permet d’accompagner et de former des étudiants du continent africain talentueux et engagés.

Pourquoi avoir rejoint le programme Europe-Afrique à Sciences Po ?

Je voulais mieux connaître mon continent, pour participer activement à son développement. Je cherchais vraiment un fort focus africain, pas comme les African Studies dans les universités américaines. Lorsque j’ai entendu parler du programme Europe-Afrique de Sciences Po dans mon lycée à Ouagadougou, j’ai su que c’était pour moi. Puis, quand j’ai appris qu’il existait une bourse Mastercard Foundation pour les élèves africains qui aspirent à participer au développement du continent, c’était la cerise sur le gâteau.

D’où vous vient cette envie de devenir un expert du continent africain?

Le développement de mon pays, le Burkina Faso, et celui de tous les autres pays du continent sont intimement liés. Les pays africains doivent résoudre leurs problèmes ensemble. Je veux m’investir dans l’intégration des pays africains, économiquement et politiquement. C’est pour cela que je veux devenir un expert de ce continent. Par la suite, j’aimerais intégrer une institution comme l’Union africaine, ou lancer mon entreprise pour travailler à cette intégration africaine.

À l’âge de 16 ans, vous avez lancé un projet de construction d’un château d’eau dans votre village du Burkina. Pouvez-vous nous en dire plus?

C’est au lycée que j’ai initié le projet Yakin, du nom de mon village. Le but de ce projet est d’implanter un château d’eau à Yakin, un village qui a pour activité économique principale le maraîchage. Cette activité est possible pendant trois mois seulement, lors de la saison des pluies. Pendant ces trois mois, les villageois réussissent à produire assez de légumes pour tout le village. Mais après ces trois mois, pendant la saison sèche, il faut se débrouiller pour trouver de l’eau. Les enfants ont pour mission d’aller chercher de l’eau et quittent l’école. Les femmes ne peuvent pas se rendre à l’hôpital car cela engagerait des frais qu’elles ne pourraient payer. Faute de soins, beaucoup d’enfants meurent de fièvre. Si l’eau était disponible toute l’année, ce village aurait des revenus toute l’année. Résoudre le problème de l’eau, c’est résoudre la majorité des problèmes du village.

Comment comptez-vous faire pour terminer ce projet de château d’eau au Burkina pendant vos études à Sciences Po ?

J’ai déjà récolté pas mal de fonds, mais il en manque encore pour que le projet voie le jour. En arrivant à Sciences Po, j’ai présenté ce projet et il a été retenu comme l’une des initiatives étudiantes de l’année par les étudiants de Reims, ce qui va me permettre de le poursuivre et de récolter des fonds, même à distance. Mon objectif pour 2018 est d’implanter le château d’eau et de le faire fonctionner !

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