Résultats du Baromètre Santé 360 sur la prévention

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8 juillet 2019 - Principaux enseignements du Baromètre santé 360 "La prévention santé en France aujourd'hui"

 I – Connaissances des français sur la prévention-santé

  1. En matière de « prévention-santé », les français sont des « Monsieur Jourdain » : ils en font finalement et en font grand cas (80% y sont attentifs)… mais sans le savoir 
  2. D’ailleurs, les français sont bien informés sur les bons comportements à adopter en matière de prévention-santé (68% le sont) et surtout ils disent les appliquer et ils le feraient plus encore, selon eux, s’ils en avaient les moyens ou le temps.
  3. Les médecins et les français s’accordent tous à ce sujet : pour avoir une population en bonne santé, la prévention est plus efficace que le soin… et pour faire une bonne prévention il faut avant tout que les médecins et les soignants puissent mieux sensibiliser leurs patients, mais l’incitatif ne suffit pas, selon eux il faut aussi une dose de mesures coercitives

 

II – Et dans la pratique ? Effectivement les usages en préventions-santé sont très répandus… mais ils sont aussi très typés générationnellement et sociologiquement

  1. Effectivement, les français ont été largement sensibilisés à la prévention-santé : 7 sur 10 y ont été sensibilisés… le plus souvent par leurs médecins
  2. L’arrêt ou la limitation du tabac représente, de loin, le « bon comportement » de prévention le plus souvent adopté par les français … il est aussi celui perçu comme ayant le plus fort impact sur la santé. Les trois-quarts des français ont eu recours à des consultations préventives (le plus souvent pour dépister des cancers).
  3. Mais ces moyennes flatteuses masquent en réalité d’immenses disparités en termes générationnels : plus on est âgé et plus on est informé et sensibilisé au sujet et plus on met en pratique ces connaissances pour avoir les bons comportements.
  4. Et surtout ces moyennes masquent des disparités bien moins « acceptables » ou compréhensibles en termes sociologiques : plus on est aisé et éduqué et plus on est sensibilisé au sujet… plus on est « pauvre » et peu éduqué et moins on connait et met en pratique une bonne prévention-santé

 

III – La place de la prévention-santé dans la politique de santé aujourd’hui

  1. Selon les français, la prévention-santé est aujourd’hui à sa juste place dans les politiques de santé publique dans notre pays
  2. Le ministère de la santé est d’ailleurs totalement légitimé par les français : de tous les acteurs institutionnels, il est celui qui est jugé le plus efficace pour promouvoir la prévention-santé.
  3. En revanche, le plan national de prévention santé présenté par Agnès Buzyn est encore largement méconnu par les Français mais aussi par les médecins.
  4. La même méconnaissance touche le « service sanitaire » encore très largement méconnu, non seulement des Français (ce qui se comprend), mais aussi des médecins (ce qui est plus gênant) 

 

IV – Comment développer la prévention santé à l’avenir ?

  1. D’abord en misant sur la formation et ensuite en faisant confiance au développement de la santé connectée.
  2. D’ailleurs, la santé connectée sous ses formes « grand public » est déjà largement répandue et impacte la prévention-santé de nos concitoyens – plus de 6 Français sur 10 en utilisent – mais, malheureusement, les médecins n’accompagnent pas encore ce mouvement.
  3. Mais plus que tout, pour améliorer vraiment la prévention-santé, les Français comme les médecins pensent qu’il faut revoir le modèle économique et toute la politique tarifaire actuelle en apportant une rémunération complémentaire aux soignants pour débloquer du temps à la prévention.

Consultez le sondage en détail ici (PDF 1,15Mo)

31 janvier 2019 - Principaux enseignements du Baromètre santé 360 "Homéopathie & médecines alternatives et complémentaires : les patients et les médecins sont à front renvers"

– Perceptions des médecines alternatives et complémentaires (MAC) et de l’homéopathie : patients et médecins sont à front renversé, les premiers y croient et les utilisent, les seconds… pas du tout (surtout sur l’homéopathie) 

1. Les Français sont convaincus des bienfaits des MAC (à 68%, vs 56% des médecins) et de l’homéopathie (72% vs 33% des médecins). Plus d’un Français sur deux a recours à l’homéopathie et un sur trois aux autres médecines alternatives. En cas de déremboursement de l’homéopathie, 6 Français sur 10 continueraient à en prendre, 1 sur 5 ne prendrait plus aucun médicament et seul 1 sur 6 la remplacerait pas un médicament conventionnel.

2. Les médecins sous-estiment totalement cet usage de l’homéopathie : ils estiment en moyenne qu’1/4 de leurs patients y a recours, alors qu’ils sont deux fois plus nombreux. Seul 1 soignant sur trois (et 1 médecin sur 4) a déjà recommandé de l’homéopathie à un patient … et encore, une fois sur deux (51%) les médecins recommandent de l’homéopathie à leurs patients sans vraiment croire à son efficacité.

II – Pourquoi le rapport aux « MAC » et surtout à l’homéopathie est-il si différent chez les patients et leurs médecins et soignants ? 

1. Méconnaissance ? Français et soignants sont convaincus que la formation des professionnels de santé est trop axée sur les médicaments conventionnels, et deux-tiers des professionnels de santé (65%) disent n’avoir jamais suivi de formation(s) sur l’homéopathie et les MAC. Une méconnaissance également du côté des Français qui sont 56% à ne pas savoir précisément comment est « fabriquée » l’homéopathie.

2. Des « MAC » jugées plus naturelles (90%) et moins nocives pour l’organisme (88%) par les Français.

3. Si les Français et soignants s’accordent pour juger que l’homéopathie est naturelle et facile à se procurer … en revanche, les Français la jugent « utile » et ne la voient pas comme un simple effet placebo alors que les soignants sont persuadés du contraire (surtout les médecins).

4. Nos concitoyens sont tout de même 3 sur 10 à avoir déjà refusé un traitement prescrit par leur médecin au profit d’homéopathie ou « MAC » … là encore, les pros de santé sous-estiment largement la part de leurs patients capables de le faire (rapport de 1 à 3).

5. Duel d’image entre allopathie et homéopathie : les Français jugent l’allopathie plus rassurante (63%), plus scientifique (86%) et surtout plus efficace pour soigner les maladies graves (90%)… mais une large majorité pense que l’homéopathie l’est davantage pour soigner les maladies bénignes (63%) et qu’elle est en même temps moins nocive sur la santé à long terme (81%). Les médecins – eux – sont systématiquement convaincus des bénéfices de l’allopathie sur l’homéopathie.

III –  Quid d’internet et des réseaux sociaux ? Internet, et le développement du numérique sont-ils des véhicules utiles ou, au contraire, des vecteurs de propagation de comportements néfastes ?

1. Français (60%), soignants (70%) et médecins (69%) sont persuadés du rôle néfaste que jouent Internet/les réseaux sociaux sur la santé en véhiculant de fausses informations. Nos concitoyens sont aussi 1 sur 2 à le penser concernant plus spécifiquement l’homéopathie et MAC. Mais ils voient aussi du positif : 67% estiment qu’il est facile de trouver sur Internet des renseignements fiables sur les médecines alternatives et complémentaires.

2. Consulter Internet est fréquent pour recueillir des avis/conseils pour soigner une affection, près d’un Français sur deux le fait déjà. Nombreux sont aussi les Français (37%) qui consultent Internet spécifiquement pour rechercher des solutions homéopathiques ou « MAC » à leurs problèmes de santé.

3.Tous les acteurs – Français (70%), professionnels de santé (83%) et médecins (86%) – auraient une totale confiance dans les informations que pourrait communiquer un site internet officiel labelisé par l’Etat en matière de santé, et tous souhaiteraient que de tels sites officiels puissent « noter » ce qui est reconnu scientifiquement et ce qui ne l’est pas : 77% des Français et 83% des médecins y seraient favorables.

Consultez le sondage en détail ici (PDF 1,33 Mo)

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