Résultats du baromètre 360 sur les médecines alternatives et complémentaires

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Homéopathie & médecines alternatives et complémentaires : les patients et les médecins sont à front renvers

Les principaux enseignements du sondage présentés le 31 janvier 2019

I) Perceptions des médecines alternatives et complémentaires (MAC) et de l’homéopathie : patients et médecins sont à front renversé, les premiers y croient et les utilisent, les seconds… pas du tout (surtout sur l’homéopathie)

• Les Français sont convaincus des bienfaits des MAC (à 68%, vs 56% des médecins) et de l’homéopathie (72% vs 33% des médecins). Plus d’un Français sur deux a recours à l’homéopathie et un sur trois aux autres médecines alternatives. En cas de déremboursement de l’homéopathie, 6 Français sur 10 continueraient à en prendre, 1 sur 5 ne prendrait plus aucun médicament et seul 1 sur 6 la remplacerait pas un médicament conventionnel.

• Les médecins sous-estiment totalement cet usage de l’homéopathie : ils estiment en moyenne qu’1/4 de leurs patients y a recours, alors qu’ils sont deux fois plus nombreux. Seul 1 soignant sur trois (et 1 médecin sur 4) a déjà recommandé de l’homéopathie à un patient … et encore, une fois sur deux (51%) les médecins recommandent de l’homéopathie à leurs patients sans vraiment croire à son efficacité.

II) Pourquoi le rapport aux « MAC » et surtout à l’homéopathie est-il si différent chez les patients et leurs médecins et soignants ?

• Méconnaissance ? Français et soignants sont convaincus que la formation des professionnels de santé est trop axée sur les médicaments conventionnels, et deux-tiers des professionnels de santé (65%) disent n’avoir jamais suivi de formation(s) sur l’homéopathie et les MAC. Une méconnaissance également du côté des Français qui sont 56% à ne pas savoir précisément comment est « fabriquée » l’homéopathie.

• Des « MAC » jugées plus naturelles (90%) et moins nocives pour l’organisme (88%) par les Français.

• Si les Français et soignants s’accordent pour juger que l’homéopathie est naturelle et facile à se procurer … en revanche, les Français la jugent « utile » et ne la voient pas comme un simple effet placebo alors que les soignants sont persuadés du contraire (surtout les médecins).

• Nos concitoyens sont tout de même 3 sur 10 à avoir déjà refusé un traitement prescrit par leur médecin au profit d’homéopathie ou « MAC » … là encore, les pros de santé sous-estiment largement la part de leurs patients capables de le faire (rapport de 1 à 3).

• Duel d’image entre allopathie et homéopathie : les Français jugent l’allopathie plus rassurante (63%), plus scientifique (86%) et surtout plus efficace pour soigner les maladies graves (90%)… mais une large majorité pense que l’homéopathie l’est davantage pour soigner les maladies bénignes (63%) et qu’elle est en même temps moins nocive sur la santé à long terme (81%). Les médecins – eux – sont systématiquement convaincus des bénéfices de l’allopathie sur l’homéopathie.

III) Quid d’internet et des réseaux sociaux ? Internet, et le développement du numérique sont-ils des véhicules utiles ou, au contraire, des vecteurs de propagation de comportements néfastes ?

• Français (60%), soignants (70%) et médecins (69%) sont persuadés du rôle néfaste que jouent Internet/les réseaux sociaux sur la santé en véhiculant de fausses informations. Nos concitoyens sont aussi 1 sur 2 à le penser concernant plus spécifiquement l’homéopathie et MAC. Mais ils voient aussi du positif : 67% estiment qu’il est facile de trouver sur Internet des renseignements fiables sur les médecines alternatives et complémentaires.

• Consulter Internet est fréquent pour recueillir des avis/conseils pour soigner une affection, près d’un Français sur deux le fait déjà. Nombreux sont aussi les Français (37%) qui consultent Internet spécifiquement pour rechercher des solutions homéopathiques ou « MAC » à leurs problèmes de santé.

•Tous les acteurs – Français (70%), professionnels de santé (83%) et médecins (86%) – auraient une totale confiance dans les informations que pourrait communiquer un site internet officiel labelisé par l’Etat en matière de santé, et tous souhaiteraient que de tels sites officiels puissent « noter » ce qui est reconnu scientifiquement et ce qui ne l’est pas : 77% des Français et 83% des médecins y seraient favorables.

Consultez le sondage en détail ici (PDF 1,33 Mo)

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