Soutenance de thèse

d'Émilien Fargues
le 03 déc .2019 - Salle Lavau
  • Emilien FarguesEmilien Fargues

Sujet de thèse : Exclu.e.s de la naturalisation : Analyse des frontières de la “communauté nationale” en France et au Royaume-Uni

Jury :

M. Matteo Gianni, Professeur associé en science politique, Université de Genève (rapporteur)
Mme Myriam Hachimi-Alaoui, Maîtresse de conférences en sociologie, Université Le Havre-Normandie
M. Christian Joppke, Professor of Sociology, Universität Bern (rapporteur)
Mme Janie Pélabay, Chargée de recherche, FNSP-CEVIPOF (co-directrice de thèse)
M. Daniel Sabbagh, Directeur de recherche, FNSP-CERI
Mme Réjane Sénac, Directrice de recherche, CNRS-CEVIPOF (co-directrice de thèse)

Résumé:
L’introduction ou la reconfiguration de différents instruments dans les politiques d’immigration des États européens, depuis la fin des années 1990, suscite une controverse théorique vis-à-vis des formes de solidarité (politico-juridique, morale, ethnoculturelle…) que ces États présupposent entre membres de la « communauté nationale ». À travers la mise en place de tests de citoyenneté, de cérémonies de naturalisation, etc., l’hypothèse d’une affirmation de conceptions plus « épaisses » du lien de citoyenneté – c’est-à-dire moins ouvertes à l’expression d’une pluralité d’identités individuelles et/ou collectives au sein de la « communauté nationale » – se trouve au centre de la discussion. Cette thèse s’inscrit dans cette controverse en se focalisant sur les justifications de l’exclusion de la naturalisation en France et au Royaume-Uni, telles qu’elles se révèlent dans la mise en œuvre des conditions juridiques permettant de la refuser ou de la retirer. Pour déterminer le degré d’épaisseur du lien de citoyenneté dans chacun des deux pays ainsi que son évolution dans la période récente, l’analyse mobilise différentes théories (libérale, républicaine, communataurienne et libertarienne) et prête attention aux héritages institutionnels des politiques considérées. S’intéressant à la fois aux discours publics concernant l’intégration dans la « communauté nationale » et aux pratiques administratives où celle-ci se négocie quotidiennement, elle nuance fortement l’idée d’une divergence historique entre la France et le Royaume-Uni du point de vue de l’épaisseur conférée au lien de citoyenneté, et complexifie celle de leur convergence récente dans des conceptions plus épaisses.