Les Études du CERI

 

Les études du CERI

La particularité des Études du CERI est de proposer des analyses qui peuvent tout autant éclairer les non spécialistes que servir de référence aux chercheurs. Quel qu’en soit le thème – un enjeu global majeur ou une évolution spécifique au « local » – chaque volume obéit aux règles d’une publication scientifique à comité de lecture, la double évaluation anonyme par les pairs étant appliquée lors de la sélection des textes. Autre trait significatif de cette collection, chaque livraison est le fruit d’une enquête de terrain réalisée par l’auteur.

En plus des monographies, la collection offre deux publications collectives à périodicité annuelle, consacrées l’une à l’Amérique latine, l’autre à l’Eurasie. Tous les volumes parus depuis 1995 sont disponibles en libre accès sur ce site.

Rédactrice en chef : Judith Burko, judith.burko@sciencespo.fr, tél. +33158717004

Bayram Balci

Le rêve arabe de la Turquie brisé par la crise syrienne
N°188
Novembre 2012
Syrie, Turquie, Les études du CERI

Pour des raisons aussi bien idéologiques que pragmatiques, le gouvernement AKP arrivé au pouvoir en novembre 2002 a progressivement engagé la Turquie dans une ambitieuse politique de rapprochement avec le monde musulman, plus particulièrement arabe. Servi par une économie en plein essor et une politique étrangère volontariste, ce rapprochement était d’autant plus bénéfique pour la Turquie que les « printemps arabes » ont favorisé l’arrivée au pouvoir de formations politiques idéologiquement proches de l’AKP. Il est alors apparu que la Turquie était en train de devenir un modèle pour le nouveau monde arabe. Or l’éclatement de la crise en Syrie, alors même que ce pays avait une place centrale dans la politique arabe d’Ankara, et l’incapacité du gouvernement turc à demeurer neutre dans ce dossier semblent bien être en train de mettre fin au rêve arabe de la Turquie. Son enlisement dans le conflit syrien aggrave ses relations avec nombre de ses voisins et l’oblige à se rapprocher de ses alliés traditionnels occidentaux, dont elle voulait s’éloigner pour être plus autonome sur la scène régionale et internationale.

Comment citer ce volume :

Bayram Balci

, Le rêve arabe de la Turquie brisé par la crise syrienne / Les Études du CERI, N°188, Novembre 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
La relation Pakistan – Etats-Unis : un patron et son client au bord de la rupture ?
N°187
Septembre 2012
Amérique du Nord, Asie du Sud, Conflits/guerres, Etat, États-Unis, Paix/maintien de la paix, Pakistan, Politique extérieure, Politiques de sécurité, Règlement des conflits, Terrorisme, Les études du CERI

Aux termes de la relation clientéliste nouée par les Etats-Unis et le Pakistan dans les années 1950, les premiers utilisaient le second dans leurs efforts pour contenir le communisme en Asie et le second utilisait le premier pour se renforcer face à l’Inde. Cette relation a connu son point d’orgue lors de la guerre contre les Soviétiques en Afghanistan. Washington a cherché à rejouer cette partition après le 11 septembre 2001 – à une réserve près une fois G. W. Bush remplacé par Obama, celui-ci ayant exprimé le souhait d’émanciper le partenariat américano-pakistanais de l’agenda sécuritaire auquel le Pentagone et l’armée pakistanaise donnaient la priorité. Obama s’est heurté au manque de pouvoir de ses interlocuteurs pakistanais, pourtant démocratiquement élus, et à la persistance de la priorité sécuritaire à Washington – dont témoigne la répartition de l’aide américaine. Même les questions de sécurité n’ont pas permis une vraie collaboration entre les deux pays. Tout d’abord, le rapprochement entre Washington et New Delhi a indisposé le Pakistan. Ensuite, Islamabad a protégé les talibans en lutte contre l’Otan. Enfin, Obama a pris des libertés avec la souveraineté pakistanaise (des frappes de drones au raid contre Ben Laden). Cette divergence d’intérêt n’annonce toutefois pas nécessairement de rupture.

Comment citer ce volume : Christophe Jaffrelot, La relation Pakistan – Etats-Unis : un patron et son client au bord de la rupture ? / Les Études du CERI, N°187, Septembre 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Evelyne Ritaine

La fabrique politique d’une frontière européenne en Méditerranée. Le « jeu du mistigri » entre les Etats et l’Union
N°186
Juillet 2012
Afrique du Nord, Balkans, Espagne, Etat, Europe occidentale, Frontières, Grèce, Italie, Malte, Migrations, Politiques de sécurité, Régulation, Union européenne, Les études du CERI

La construction politique de la frontière extérieure de l’UE en Méditerranée, envisagée du point de vue des Etats de l’Europe du Sud (Espagne, Italie, Grèce, Malte), montre l’importance de la charge politico-symbolique du contrôle de la frontière pour ces Etats. Elle détermine en grande partie les modalités des contrôles mis en place, et les intrications entre décisions nationales et décisions européennes. La mise à l’agenda de cette question fait apparaître une version méditerranéenne des frontières extérieures de l’UE, largement déterminée par les conditions d’intégration des différents pays méditerranéens dans l’espace Schengen. Ce nouveau régime frontalier révèle des jeux politiques complexes, tant cette frontière méditerranéenne est saturée par des échanges politiques qui en construisent une vision sécuritaire. Considéré comme un produit de ces différents processus et tensions, l’actuel dispositif de contrôle apparaît bien moins planifié et légal-rationnel qu’erratique et travaillé par des tensions permanentes, entre tactiques internes, stratégies étatiques et tentatives de communautarisation.

Comment citer ce volume :

Evelyne Ritaine

, La fabrique politique d’une frontière européenne en Méditerranée. Le « jeu du mistigri » entre les Etats et l’Union / Les Études du CERI, N°186, Juillet 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Les enjeux des réformes des politiques de l'emploi dans les monarchies du Golfe
N°185
Mai 2012
Arabie saoudite, Bahreïn, Economie politique, Émirats arabes unis, Etat, Identités, Koweït, Mobilisations collectives, Multinationales/entreprises, Oman, ONG/société civile, Politiques sociales, Proche et Moyen-Orient, Qatar, Les études du CERI

Dans les années 2000, les monarchies du Golfe ont entrepris de réformer leur modèle social, basé sur la redistribution très généreuse des dividendes des hydrocarbures. L'un des principaux dispositifs de cette politique de redistribution était l'emploi public garanti. Depuis les années 1990, l'apparition du chômage de masse indique que les politiques traditionnelles de l'emploi sont devenues dysfonctionnelles, générant des tensions sociales qui se sont notamment exprimées à la faveur du « printemps arabe ». L'enjeu des réformes en cours est d'aménager une transition des nationaux vers le salariat dans le secteur privé, largement dominé par les travailleurs expatriés. Cette perspective fait l'objet de fortes résistances de la part des hommes d'affaires et entrepreneurs locaux. Habitués à une main-d'oeuvre expatriée bon marché, ils refusent notamment l'augmentation du coût du travail qu'impliquent les réformes. Les dynasties royales sont dès lors confrontées à la nécessité de faire des arbitrages entre les intérêts du secteur privé, souvent étroitement imbriqués aux leurs, et le mécontentement de la jeunesse, principale catégorie touchée par le chômage et actrice des protestations qui, en 2011, ont touché le Bahreïn, l'Arabie saoudite et Oman.

Comment citer ce volume : Laurence Louer, Les enjeux des réformes des politiques de l'emploi dans les monarchies du Golfe / Les Études du CERI, N°185, Mai 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Selling the Future in DC. Marketing Stability for International Security
N°184
Février 2012
Amérique du Nord, Conflits/guerres, Etat, États-Unis, Expertise, Politiques de défense, Prospective, Sécurité internationale, Terrorisme, Les études du CERI

Les experts en matière de sécurité sont régulièrement sollicités pour donner leur avis sur le futur de la politique internationale. A Washington, le petit monde des think tanks est un véritable « marché du futur ». Son homogénéité culturelle et sociale est très forte, la diversité des idées qui s'y expriment très réduite. Dans ce marché des idées, le spectre de futurs possibles est dès lors très étroit. On note trois caractéristiques principales de cette énonciation du futur. Premièrement, pour des raisons épistémiques et politiques, le futur est linéaire, et ainsi conforte la stabilité et la continuité des décisions politiques. Deuxièmement, ces savoirs de l'expertise sont fortement enracinés dans un « groupthink », une pensée collective entravée par des biais qui s'auto-entretiennent et qui conduisent à lisser fortement prédictions et scénarios. Troisièmement, c'est là un paradoxe, les anticipations de la sécurité internationale contribuent à créer un effet de surprise. Par des effets de tunnel, l'attention des praticiens de la sécurité tout comme celle du public se concentre sur des points focaux, les empêchant de voir les inévitables ruptures avec les trajectoires linéaires émerger et se réaliser.

Comment citer ce volume : Ariel Colonomos, Selling the Future in DC. Marketing Stability for International Security / Les Études du CERI, N°184, Février 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Isabelle Rousseau

Les compagnies pétrolières latino-américaines peuvent-elles s'affranchir de l'héritage de la nationalisation ?
N°183
Janvier 2012
Amérique latine et Caraïbes, Economie politique, Energies/ressources naturelles, Etat, Mexique, Multinationales/entreprises, Venezuela, Les études du CERI

Créées à différents moments au cours du XXe siècle, les compagnies nationales pétrolières latino-américaines ont chacune suivi leur propre évolution. Les deux principales sociétés – Petróleos de México (Pemex) et Petróleos de Venezuela (PDVSA) – illustrent de façon exemplaire la richesse de ces trajectoires organisationnelles et industrielles. De multiples facteurs – dont l'importance des gisements en terre – sont à l'origine de cette hétérogénéité. Néanmoins, le rôle de l'Etat au moment de la nationalisation demeure crucial. Ce fut à ce moment-là que se définirent les relations entre le propriétaire des ressources en terre, l'opérateur public, le régulateur et le ministère des Finances, sans oublier les différents opérateurs internationaux. Ce processus a laissé de profondes empreintes dans le tissu institutionnel (path dependency) et dessiné les possibilités et/ou les limites de la future dynamique entrepreneuriale. Sans jamais devenir un véritable carcan, ce chemin institutionnel continue aujourd'hui encore d'imprégner largement la culture de ces entreprises. Les réformes récentes qui ont tenté de remodeler Pemex et PDVSA en sont la preuve.

Comment citer ce volume :

Isabelle Rousseau

, Les compagnies pétrolières latino-américaines peuvent-elles s'affranchir de l'héritage de la nationalisation ? / Les Études du CERI, N°183, Janvier 2012, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 2)
N°182
Décembre 2011
Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 2) / Les Études du CERI, N°182, Décembre 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 1)
N°181
Décembre 2011
Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Economie politique, Estonie, Europe centrale et orientale, Gouvernance, Hongrie, Intégration régionale, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Marchés/finances, Monténégro, Pologne, République tchèque, Roumanie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Pour sa quinzième édition (le premier volume est paru en 1997 !), le Tableau de Bord fait peau neuve et ouvre ses pages à des pays qu'il ignorait jusqu'à présent : signe des temps, alors que les pays d'Europe centrale et orientale sont tous intégrés dans l'Europe ou se préparent à l'être, c'est aux contrées plus orientales qu'il nous revient d'ouvrir nos pages. Cette innovation modifie la typologie et le format des chapitres dont nos lecteurs sont familiers. Le nouveau Tableau de bord consacre en effet un premier volume à l'Europe centrale, balkanique et balte et continue de suivre l'évolution des pays qui faisaient l'essentiel des précédentes éditions, regroupés dans des ensembles à dimension régionale : les pays de l'Europe centrale (incluant la Slovénie) sont traités ensemble, de même que les Etats baltes et les pays des Balkans ayant rejoint l'Union européenne (Bulgarie et Roumanie). Un quatrième chapitre est consacré aux « Balkans occidentaux », et traite non seulement de la Croatie et de la Serbie, mais aussi – et c'est une autre innovation importante – de tous les pays de cette région jusqu'alors non présentés dans ces pages, à savoir l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine et le Monténégro. Le Kosovo, pour lequel on ne dispose pas de statistiques appropriées pour ce travail, n'y figure pas. Le deuxième volume est consacré aux pays de l'ex-Union soviétique, regroupés sous le vocable d'Eurasie. On y trouve ainsi la Russie et l'Ukraine, comme dans les précédentes éditions, et les autres Etats regroupés en quatre chapitres : le Bélarus et la Moldavie, les trois pays du Caucase du Sud, le Kazakhstan, isolé en raison de la dimension de son économie, et les quatre autres pays de l'Asie centrale. Cette nouvelle structure entraîne également, on le comprendra, des modifications dans la présentation des tableaux d'indicateurs.

Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale et d'Eurasie 2011 (Volume 1) / Les Études du CERI, N°181, Décembre 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Amérique latine. Political Outlook 2011
N°179
-180
Décembre 2011
Comment citer ce volume :

Observatoire Politique de l'Amérique latine et des Caraïbes de Sciences Po

, Amérique latine. Political Outlook 2011 / Les Études du CERI, N°179-180, Décembre 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Boris Samuel

Trajectoire technocratique et instabilité politique en Mauritanie, 2003-2011
N°178
Octobre 2011
Afrique de l'Ouest, Economie politique, Etat, Marchés/finances, Mauritanie, Ordre politique, Les études du CERI

En 2004, le gouvernement mauritanien avouait que les statistiques macroéconomiques et financières nationales étaient falsifiées depuis plus de dix ans. Cet épisode levait un coin du voile sur les pratiques frauduleuses de l'ère Taya, renversé en 2005. Mais il montrait aussi que les procédures formelles de la gestion économique de ce « bon élève » s'étaient jusque-là enchevêtrées aux pratiques de captation, dans une véritable « anarchie bureaucratique ». A partir de 2005, alors que la transition démocratique devait remettre de l'ordre dans la gestion publique, les réformes, souvent motivées par l'amélioration de l'image du régime, restèrent ambivalentes. Puis, après les élections de 2007, sur fond de scandales financiers, le gouvernement a développé une orientation technocratique qui l'a éloigné des Mauritaniens et nourri le sentiment de vacuité du pouvoir. Un nouveau coup d'Etat eut lieu à l'été 2008. Le « mouvement rectificatif » du général Abdel Aziz, s'abritant derrière un discours populiste et moralisateur de lutte contre la gabegie, favorise désormais une gestion discrétionnaire des ressources et un contrôle étroit, voire autoritaire, des finances publiques, renforcé par la rente de légitimation que lui fournit la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Comment citer ce volume :

Boris Samuel

, Trajectoire technocratique et instabilité politique en Mauritanie, 2003-2011 / Les Études du CERI, N°178, Octobre 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Rémi Bourguignon, Solène Hazouard, Martine Le Boulaire

Les entreprises françaises et allemandes en Chine : des pratiques de management contrastées dans un contexte en mutation
N°176
-177
Septembre 2011
Asie du Nord-Est, Chine, Démocratisation, Economie politique, Mondialisation, Multinationales/entreprises, Politiques sociales, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Ce rapport constitue le troisième volet1 d’une série d’études consacrées à l’implantation des entreprises occidentales en Chine, un pays qui représente un environnement des affaires atypique, entre exploit et danger. Son rythme de croissance effréné et ses équilibres sociaux, son contexte politique et social apparaissent comme autant de défis. Pour les entreprises occidentales, notamment, il n’est pas possible de s’en remettre à un transfert pur et simple des pratiques managériales. Le présent rapport s’efforce d’enrichir et de compléter les observations antérieures par la prise en compte d’une dimension comparative. Cinq nouvelles entreprises seront spécifiquement étudiées, deux d’origine française et trois d’origine allemande, portant ainsi notre panel global à près de trente cas d’entreprises.

Comment citer ce volume : Jean-Louis Rocca

Rémi Bourguignon, Solène Hazouard, Martine Le Boulaire

, Les entreprises françaises et allemandes en Chine : des pratiques de management contrastées dans un contexte en mutation / Les Études du CERI, N°176-177, Septembre 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
L'Etat face au défi maoïste en Inde
N°175
Juin 2011
Asie du Sud, Conflits/guerres, Etat, Inde, Pauvreté, Terrorisme, Vie politique/systèmes politiques, Violence, Les études du CERI

Le mouvement maoïste s'est développé en Inde à partir de la fin des années 1960 à la faveur du recentrage du Communist Party of India (Marxist) qui lui a ouvert un espace politique en abandonnant le combat révolutionnaire. Les maoïstes, également appelés naxalistes, ont été victimes au début des années 1970 d'un factionnalisme intense et d'une répression sévère qui a conduit les militants à se replier sur la zone tribale de l'Andhra Pradesh et du Bihar, les deux poches de résistance du mouvement dans les années 1980. Cette stratégie explique non seulement la transformation de la sociologie du maoïsme indien (qui, d'abord porté par des élites intellectuelles est devenu plus plébéien) mais aussi son retour en force à partir des années 1990. Cette décennie marquée par la libéralisation économique voit en effet la mise en valeur agressive des ressources minières de la zone tribale en question au mépris des droits de ses habitants. L'essor du maoïsme dans les années 2000 s'explique toutefois aussi par un retour à l'unité, sous l'égide du Communist Party of India (Maoist) créé en 2004. Face à ce phénomène qui touche maintenant la moitié des Etats indiens, le gouvernement de New Delhi tend à opter de nouveau pour la répression alors que les maoïstes se veulent les défenseurs d'un Etat de droit plus juste.

Comment citer ce volume : Christophe Jaffrelot, L'Etat face au défi maoïste en Inde / Les Études du CERI, N°175, Juin 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Shira Havkin

La réforme des checkpoints israéliens : externalisation, marchandisation et redéploiement de l'Etat
N°174
Mai 2011
Etat, Frontières, Israël, Palestine, Politiques de sécurité, Privatisation, Proche et Moyen-Orient, Violence, Les études du CERI

Depuis 2006, les checkpoints situés le long des limites de la Cisjordanie et de la bande de Gaza ont été réaménagés et équipés d'une nouvelle plateforme technologique. Leur gestion a également été déléguée à des entreprises de sécurité privées. Les initiateurs de ces réformes ont évoqué une « citoyennisation » des « passages » et justifié leur démarche au nom d'une rationalité économique, organisationnelle et humanitaire. L'étude détaillée des modalités concrètes d'externalisation et de marchandisation de la gestion des checkpoints israéliens permet d'établir des liens entre évolutions internes de la société israélienne, au niveau des rapports entre Etat, marché et société, et transformations actuelles du dispositif de l'occupation. Il semble que l'on soit en présence non pas d'un retrait de l'Etat face aux forces du marché, dans ce qui est imaginé comme un jeu à somme nulle, mais d'un redéploiement dans un contexte néolibéral, qui renvoie à des formules locales et particulières de chevauchement entre public et privé, national et international, sphère étatique et sphère d'une société dite civile.

Comment citer ce volume :

Shira Havkin

, La réforme des checkpoints israéliens : externalisation, marchandisation et redéploiement de l'Etat / Les Études du CERI, N°174, Mai 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Keiko Sakurai

Les madrasas chiites afghanes à l’aune iranienne : anthropologie d’une dépendance religieuse
N°173
Janvier 2011
Les études du CERI

En tant qu’institutions sociales, les madrasas doivent être analysées dans leur rapport au changement social, économique et politique, et dans leur relation de complémentarité avec l’enseignement public dont elles reproduisent l’organisation bureaucratique. Dans le cas de l’Afghanistan, elles sont en particulier indissociables de la guerre et de ses conséquences, telles que l’émigration et la recomposition des appartenances ethnoconfessionnelles. Financées et gérées par la diaspora, elles permettent à la minorité chiite, notamment hazara, de renégocier sa place dans l’Etat central et de contrebalancer la domination pachtoune. Elles participent également à la scolarisation des jeunes filles ou d’élèves issus de milieux défavorisés. La dépendance de l’enseignement religieux chiite afghan par rapport au clergé iranien constitue de ce double point de vue une ressource organisationnelle, théologique, financière et symbolique. Mais elle va de pair avec un processus de réinvention du modèle iranien et d’autonomisation par rapport à celui-ci qui devrait conduire, dans l’esprit des autorités religieuses, à l’émergence d’un chiisme national afghan dont Kaboul ambitionne d’être la capitale spirituelle. L’interaction asymétrique irano-afghane illustre la pertinence de la notion de « dépendance religieuse ».

Comment citer ce volume : Fariba Adelkhah

Keiko Sakurai

, Les madrasas chiites afghanes à l’aune iranienne : anthropologie d’une dépendance religieuse / Les Études du CERI, N°173, Janvier 2011, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2010 (volume 2)
N°172
Décembre 2010
Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2010 (volume 2) / Les Études du CERI, N°172, Décembre 2010, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].