Axes et projets de recherche

Les recherches au CERI sont conduites autour de cinq grands axes thématiques. Il n’y a pas étanchéité absolue entre les axes, certains chercheurs pouvant, en fonction de leurs intérêts de recherche, relever à titre principal d’un axe et à titre secondaire d’un deuxième. Chaque axe est copiloté par deux responsables.

Axe :

3 - L’Etat et ses recompositions

Pilotes : Elise Massicard et Hélène Thiollet

Membres à titre principal : Fariba Adelkhah, François Bafoil, Stéphanie Balme, Romain Bertand, Béatrice Hibou, Christophe Jaffrelot, Eberhard Kienle, Laurence Louër, Roland Marchal, Luis Martinez, Elise Massicard, Marie Mendras, Françoise Mengin, Nadège Ragaru, Jean-Louis Rocca, Jérôme Sgard, Hélène Thiollet, Eric Verdeil, Catherine Wihtol de Wenden

Membres à titre secondaire : Adam Baczko, Bayram Balci, Antonela Capelle-Pogacean, Guillaume Devin, Gilles Favarel-Garrigues, Laurent Fourchard, Christian Lequesne, Catherine Perron

L'axe, centré autour de l'Etat, de son historicité, de ses modes d'action et de son insertion dans le global, mène des travaux portant sur les sociologies historiques du politique, les trajectoires du capitalisme, la formation de l'Etat, les politiques publiques et l'articulation entre acteurs publics et privés dans les modes de régulations du monde social. Il se situe dans le prolongement de l'approche par la sociologie historique de l'Etat et de l'action publique, traditionnellement présente au sein du laboratoire. Les recherches actuelles portent sur les recompositions de l'Etat et plus généralement des formes de régulation politique dans un monde globalisé, et de leur circulation ; elles abordent également la transformation des processus de production de politiques publiques et leurs acteurs, notamment l'articulation des échelles de régulation du micro-local au global, et s'intéressent à l'analyse des situations autoritaires. Principalement inscrits dans la science politique notamment en sociologie politique et en politique comparée, ces travaux développent un dialogue avec les autres sciences sociales, notamment l'histoire et la sociologie. A travers des études de cas, ils contribuent à une sociologie critique, empiriquement ancrée et historicisée de la gouvernance globale contemporaine.

Débats théoriques sur l'Etat et la mondialisation à partir de cas dits " périphériques "

Alors que la sociologie de l'Etat, la sociohistoire des institutions et l'analyse des politiques publiques restent largement dominées par des cadres théoriques élaborés à partir de cas occidentaux, la réflexion sur l'Etat menée au CERI se nourrit essentiellement de terrains souvent considérés comme périphériques. Cependant, si les chercheurs sont spécialistes d'une aire géographique, avec des compétences spécifiques y ayant trait (linguistiques, familiarité avec le " terrain ", maîtrise de sources primaires), leurs travaux s'attachent à éclairer des interrogations générales, en décloisonnant des cas souvent étudiés isolément, pour mettre en lumière des " angles morts " d'approches théoriques souvent élaborées dans et pour l'Amérique du Nord et l'Europe. La prise en compte d'autres trajectoires historiques et d'autres configurations contribue à affiner les outils d'analyse et à faire saillir de nouveaux questionnements, voire de nouvelles propositions. L'ambition théorique commune privilégie l'approche par objet plutôt que par " pays " ou région : le périmètre de l'Etat, son enracinement social, sa revendication du monopole de la violence, les nouveaux types de situations autoritaires…

Etudier le politique à l'échelle globale (global politics) : circulations, niveaux de régulation

Les processus politiques sont saisis par les chercheurs de cet axe dans leur connexion à des phénomènes infra ou supra nationaux : ils relient des objets classiquement considérés comme " internationaux " (coopération internationale, diplomatie...) à des objets généralement considérés comme intérieurs (administrations, acteurs domestiques, politiques publiques). La sociohistoire de l'Etat est articulée aux relations internationales et à la sociologie des phénomènes transnationaux. Il s'agit d' " internationaliser " et de " transnationaliser " l'Etat tout en " sociologisant " les faits sociaux internationaux et transnationaux pour interroger la "politique globale " d'un point de vue empirique. Les chercheurs articulent les dimensions locales, nationales, transnationales et internationales pour étudier les reconfigurations des sociétés politiques dans et par leur rapport avec l'international (sanctions internationales, aide au développement, coopération, migrations, investissements). De nombreux travaux analysent les formes de circulation et d'appropriation de modèles internationaux dans des situations localisées, par objet ou secteur d'action publique.

Outils et méthodes : L'Etat et le global "par le haut et par le bas" : empiries, échelles et historicités

Les chercheurs de cet axe revendiquent une diversité de méthodes (archives, entretiens, observations, sources juridiques), dans le cadre d'un certain pragmatisme lié à des situations de sources disparates et changeantes (fermeture de terrains devenus inaccessibles), mais qui garantit également un réel pluralisme. L'articulation de différentes méthodes est courante sur l'économie politique de l'énergie ou sur l'histoire de longue durée, et peut aller jusqu'à des tentatives inédites de faire travailler ensemble approche ethnographique et méthodes quantitatives (mixed methods). Collectivement, les travaux de l'axe se sont attachés à saisir les processus dans leur historicité : la mobilisation de matériaux historiques permet en effet d'enchâsser diverses temporalités (impériales, coloniales, nationales, immédiates) et de faire émerger des configurations historiques singulières qui interrogent les ruptures politiques (coloniale/post coloniale ; impériale/nationale). Les chercheurs de l'axe partagent un fort ancrage empirique ; ils pratiquent une sociologie politique ancrée dans des faits souvent nouveaux ou peu étudiés (sociologie des pratiques quotidiennes, matérialité, action publique " au guichet "…).Ce faisant, ils contribuent au renouveau des travaux " par le bas ".

Principaux projets en cours :