Axes et projets de recherche

Les recherches au CERI sont conduites autour de cinq grands axes thématiques. Il n’y a pas étanchéité absolue entre les axes, certains chercheurs pouvant, en fonction de leurs intérêts de recherche, relever à titre principal d’un axe et à titre secondaire d’un deuxième. Chaque axe est copiloté par deux responsables.

Axe :

5 - Identités et politique

Pilotes :  Laurent Bonnefoy et Daniel Sabbagh


Membres à titre principal : Bayram Balci, Richard Banégas, Laurent Bonnefoy, Antonela Capelle-Pogacean, Alain Dieckhoff, Juliette Galonnier, Riva Kastoryano, Denis Lacorne, Stéphane Lacroix, Hélène Le Bail, Nadia Marzouki, Catherine Perron, Karoline Postel-Vinay, Nadège Ragaru, David Recondo, Kathy Rousselet, Daniel Sabbagh, Astrid von Busekist

Membres à titre secondaire : Fariba Adelkhah, Jean-Philippe Béjà, Romain Bertrand, Jean-Pierre Filiu, Christophe Jaffrelot, Laurence Louër, Jacques Rupnik, Jacques Semelin, Catherine Wihtol de Wenden

Cet axe réunit des chercheurs qui prennent pour objet la formation et l'expression des diverses identités collectives (nationales, culturelles, ethniques, religieuses, diasporiques, " raciales "…) qui entrent en jeu dans la sphère politique au sens le plus large du terme. Les travaux en question s'inscrivent généralement dans une perspective constructiviste et mobilisent des méthodes variées (ethnographie, entretiens qualitatifs, recours aux archives, analyses quantitatives...) sur un grand nombre de terrains. L'axe se subdivise en quatre composantes principales.

Assignations et institutionnalisations identitaires

Dans le prolongement des multiples travaux sur la formation des États, plusieurs chercheurs ont pris pour objet les processus étatiques d'assignation et d'institutionnalisation identitaires (avec des travaux sur l'instrumentalisation des documents d'identification à des fins d'inclusion, d'exclusion ou de contrôle des individus ; sur les régimes de contrôle des frontières et aux politiques de visa en Europe, dans une perspective néo-foucaldienne ; sur les les ressorts de l'ethnicisation de la société afghane…). Leurs travaux démontrent la centralité des acteurs étatiques dans les processus d'assignation, de cristallisation et de rigidification identitaires sur des terrains par ailleurs fortement contrastés.

Déterminants, modalités et limites de la politisation du religieux

Ici, les recherches entreprises se consacrent aux recompositions des identités religieuses et à leur reconstruction par une variété d'acteurs et entrepreneurs : les transformations de l'islam en Asie centrale et dans le Caucase depuis la disparition de l'Union soviétique, les origines historiques, l'organisation transnationale et les stratégies politiques des mouvements islamistes sunnites et chiites dans le monde arabe, les ressorts de la marginalisation des musulmans dans les villes indiennes, le poids croissant du facteur religieux dans le jeu politique israélien, le rôle de l'Église orthodoxe dans la reviviscence du patriotisme et le processus de " désécularisation " en Russie... Les publications sur en sont issues soulignent la fluidité des constructions identitaires dans des contextes de crise et/ou de conflit et insistent sur la capacité de mobilisation renouvelée des acteurs religieux et sur l'implication des États dans ces constructions identitaires.

Historicité, formes et apories du " multiculturalisme "

Les travaux engagés dans ce sous-axe participent d'une entreprise d'historicisation et de désagrégation du multiculturalisme. Il s'agit notamment des recherches sur le poids du " vote ethnique ", qu'elles relativisent, dans les pays d'Europe orientale post-communiste, sur l'effacement tendanciel de la caste au profit de la classe parmi les déterminants du comportement électoral en Inde, sur les raisons et usages du rejet du multiculturalisme en Europe orientale, sur l'institutionnalisation des identités ethniques en Mexique. D'autres travaux mobilisent la distinction analytique entre identité raciale et identités culturelles ou observent les processus de construction des identités collectives et leur articulation avec diverses logiques territoriales et institutionnelles.

Politiques mémorielles

Dans une perspective résolument interdisciplinaire, certains chercheurs du CERI ont pris pour objet les politiques mémorielles concernant les violences de masse dans des contextes variés : controverses mémorielles relatives à divers épisodes de la Seconde guerre mondiale dans les pays européens, rôle des récits dans la politique internationale, en s'attachant notamment aux multiples héritages de l'occupation japonaise en Asie…

Principaux projets en cours :