NEM - Nations, Europe, Monde

Project

Projet collectif du Centre d'études européennes et de politique comparée


Le projet de recherche NEM a été initié en 2011. Il a pris la forme d’un séminaire qui s’est déroulé en 2011-2012 (PDF, 17Ko).

À partir de la fin de l’année 2014, le processus d’écriture en vue de la publication d’un ouvrage collectif s’est précisé. Deux journée d’études ont été organisées les 8 et 9 janvier 2015 (PDF, 58Ko) . Nous sommes désormais engagés dans un processus de relecture des premières versions des chapitres proposés.

Le projet de recherche « NEM », prend appui sur deux acquis principaux du travail réalisé autour des questions européennes au sein de l’équipe de recherche du CEE :
Premièrement, l’importance de travailler sur les effets paradoxaux du processus d’intégration, en particulier le fait que ce processus tend à mener à une dilution du projet européen : dilution par les formes de re-nationalisation produites par la construction européenne ; dilution par le fait que l’Union européenne devient un niveau comme les autres ; dilution de l’espace européen dans la globalisation.

Par conséquent, un des effets principaux que nous souhaitons explorer dans le cadre de ce projet est celui des résistances multiples du national. Cette notion de résistances fait référence tant à la persistance du niveau national qu’à son hybridation et permet d’interroger les thèses du dépassement du national, mais aussi de souligner que les phénomènes de résistance ou de retour du national ne sont pas que de simples retours en arrière : l’intégration européenne a nécessairement produit des effets.

Deuxièmement, le choix de prendre pour objet de référence la Nation plutôt que l’État, qui permet de croiser de façon plus transversale nos différentes réflexions.

Se pencher sur la notion de Nation permet de travailler ensemble, mais également de disposer de références communes (Rokkan, Bartolini, Anderson, etc.). Ce sont ces références communes qui nous permettent de dégager trois grandes entrées, qui sont aussi des thèmes-frontières, afin d’organiser notre réflexion de façon véritablement transversale.

1. Dialectique ouverture/clôture ?

Dans quelle mesure les transformations du niveau national liées au processus d’intégration européenne et de construction d’un espace de libre circulation (ouverture) conduisent à des phénomènes de crispation et à la réaffirmation des frontières qu’elles soient économiques, politiques ou identitaires (clôture) ?
On pense notamment aux questions de migration de patriotisme économique, de protectionnisme, de crispations nationales, de populisme, de renouveau des politiques symboliques liées à la participation à la communauté nationale.

2. Multiplication, interactions, interpénétration, hybridation des échelles

Au-delà d’une vision mécaniciste de l’intégration européenne, quelles sont les modalités des jeux d’échelle entre les différents niveaux de gouvernement, de représentation, de légitimation et d’identification au national ?
Les thèmes suivant pourraient par exemple être abordés : les usages nationaux de l’Europe, les liens entre les différentes transformations de la dimension politics (parti politique, élections, personnel politique, représentation, etc.) au niveau local, national et européen ; la construction et le traitement des problèmes publics au différents niveau de gouvernement ; la place du national dans les institutions supranationales ; les cadres nationaux de perception de l’Europe ; la redéfinition des formes de légitimité ;etc.

3. Identification, construction de communautés, socialisation

Comment se transforment les processus d’identification (professionnelle, individuelle, collective) liée à l’intégration européenne ? Quelles transformations des pratiques (professionnelles, de mobilisation, etc.) ? Quelles conséquences sur la construction et l’identification à une communauté politique ?
On pense notamment aux thématiques suivantes : Socialisation des élites, socialisation politique ; liens entre identité nationale et identité européenne ; communauté politique / de politique publique / épistémique ; politique de formation citoyenne ; politique liée à la construction d’une identité commune ; émergence de cadres cognitifs communs.
A travers l’exploration commune de ces 3 grands axes, un des objectifs sous-jacent sera de porter une attention particulière aux dynamiques et processus qui sont au cœur de ce que nous voulons comprendre dans le projet « NEM » : les différentes formes de résistances du national, que cette résistance soit active, passive, indirecte ou que l’on observe aussi des formes d’acceptation, de résignation ou de participation active à l’intégration européenne et/ou à la globalisation.

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