Les Cahiers européens de Sciences Po

 

Les Cahiers européens de Sciences Po ont pour objectif de promouvoir le développement et la diffusion de la recherche sur l’intégration européenne et de contribuer au débat scientifique sur l’Europe.

Il s’agit d’offrir un espace de valorisation des recherches en cours sur les questions européennes menées à Sciences Po et au-delà. Les Cahiers européens permettent la diffusion des travaux des chercheur-e-s et professeur-e-s invités au Centre d'études européennes et de politique comparée de Sciences Po ou participants à ses activités. Leur ambition est également de faire connaître certains des meilleurs travaux des doctorant-e-s rattachés au Centre.

Les Cahiers européens accueillent des textes issus de toutes les disciplines pertinentes, en français ou en anglais, évalués par un comité de lecture pluridisciplinaire.Dans le but de mettre à la disposition de la communauté scientifique des recherches originales, les Cahiers européens sont conçus comme une catégorie intermédiaire de publication permettant aux chercheur-e-s de rendre accessibles des travaux d’intérêt et de qualité, qui pourront par la suite faire l’objet d’une publication conventionnelle (ouvrage, article dans une revue scientifique)

Les Cahiers européens de Sciences Po sont signés et référencés. Ils sont publiés et archivés sur le site internet du Centre d’études européennes. Les auteur-e-s conservent leurs droits sur les textes.

 

Les derniers numéros

Les enjeux européens dans la présidentielle française, Comptes-rendus :
- Accueil et intégration des réfugié.e.s et des migrant.e.s : une priorité pour l’Europe ? Les enjeux pour la France
- L’Union européenne entre austérité et relance : quelle voie suivre ?
Les Cahiers européens de Sciences Po n° 02/2017, Olivier Rozenberg

(FR) L’Europe d’aujourd’hui est confrontée à de très nombreuses crises. L’événement majeur que représente l’élection du/de la Président.e de la République française est donc déterminant non seulement pour la France mais plus largement pour l’ensemble de l’Europe. Les enjeux européens devaient par conséquent être présents durant cette campagne électorale. Afin d’aider les citoyen.ne.s à comprendre ces enjeux, un.e député.e européen.ne et un.e universitaire membre du Centre d’études européennes ont confronté leurs points de vue sur des problématiques européennes intéressant les citoyen.ne.s français.es appelé.e.s aux urnes en avril 2017.

 

The “Populist Moment”: Towards a “post-liberal” Europe?
Les Cahiers européens de Sciences Po n° 01/2017, Thierry Chopin

(EN) Nowadays, the increasing defiance of citizens of Western democracies towards political institutions and classes governing their national democracies centres around a “populist moment”, which can be regarded as a the symptom of a crisis of liberalism. If the rise of populisms finds its roots within specific national contexts, this phenomenon features some general characteristics - anti-elitism, anti-pluralism and anti-liberalism – that weakens liberal democracy, and more specifically, European democracies.

These trends must lead us to redefine liberalism in order to challenge the excesses and inadequacies of political and economic systems, by putting an emphasis on the limits of the State and the market, as well as on the respective limits of demands for security, freedom and identity.

To counter this “post-liberal” populism, the UE must take into account several aspirations expressed by its citizens: the need for community and identity through the issue of European borders, a response to the social question as well as a better protection regarding economic and security matters.

Therefore, a narrative on a “regalian Europe” is necessary. Such objective aims to strengthen the sovereignty of public authorities, be it at the national and European levels, to protect the physical and economic security of European citizens, while allowing the greatest possible space for individual liberty. Faced with this “populist moment”, it is that precise balance we need to redefine.

(FR) La défiance croissante des citoyens des démocraties occidentales à l’égard des institutions et du personnel politique se cristallise aujourd’hui autour d’un « moment populiste » qui peut être analysé comme le symptôme d’une crise du libéralisme. Si la montée des populismes s’explique par des facteurs nationaux spécifiques, ce phénomène présente cependant des caractéristiques générales – antiélitisme, anti-pluralisme démocratique et antilibéralisme – qui fragilisent les démocraties libérales et notamment celles des pays qui composent l’UE.  

Ces évolutions conduisent à repenser le libéralisme avec pour objectif la lutte contre les excès ou les insuffisances des systèmes politiques et économiques, en s’appuyant notamment sur une critique constructive des limites à la fois du marché et de l’Etat, ainsi que des exigences de sécurité, de liberté ou d’identité.

Pour contrer ce populisme « post-libéral », l’UE doit également prendre en compte un certain nombre d’aspirations exprimées par les citoyens : le besoin de communauté et d’identité à travers la question des frontières, la réponse à la question sociale ainsi que la protection en matière économique mais aussi en matière de sécurité.

Dans cette perspective, un discours sur l’ « Europe régalienne » semble nécessaire. Le but est de renforcer la souveraineté de la puissance publique, que celle-ci s’exerce au niveau national ou au niveau européen afin de protéger la sécurité des citoyens, leur sécurité physique mais aussi économique, tout en donnant le plus grand espace possible à la liberté individuelle. C’est cet équilibre que le « moment populiste » actuel conduit à repenser.


France in quest of a European narrative
Les Cahiers européens de Sciences Po n°04/2016, Olivier Rozenberg

(EN): For a long time France’s political leaders have justified France’s participation in European integration by presenting Europe as a condition to protect national power. The idea of “powerful Europe” seems increasingly ill adapted to the position France occupies in the European Union. However although erosion is slow, national political leaders are proving incapable of drawing up an alternative national narrative for both cultural and institutional reasons. To the anti-European credo of a triumphant Front National in the European elections of May 2014 we might add diffuse Euroscepticism amongst the government parties. 

 (FR) : Les dirigeants politiques français ont longtemps justifié la participation de la France à la construction européenne en faisant de l’Europe une condition de la préservation de la puissance nationale. Cette idée d’« Europe puissance » semble de moins en moins adaptée à la place occupée par la France dans l’Union européenne. Pour autant, en dépit de sa lente érosion, les dirigeants politiques nationaux se révèlent incapables de formuler un récit national alternatif pour des raisons tant culturelles qu’institutionnelles. Au credo antieuropéen d’un Front national victorieux lors des Européennes de 2014 s’ajoute ainsi un euroscepticisme diffus au sein des partis de gouvernement.



Concepts of Congruence and European’s evaluation of representation. A micro-level-analysis

Les Cahiers européens de Sciences Po n°03/2016, Mirjam Dageförde

(EN): The analysis of the relation between citizens and politics is mostly conducted from two different perspectives and disciplines: On the one hand, legislative scholars analyse legislative behaviour or evaluate representation in terms of responsiveness or congruence. On the other hand, public opinion research focuses mainly on analyses of political trust or satisfaction with democracy for assessing citizens’ perspective. To a minor degree, both disciplines are combined: In the last decades, legislative research neglected the perspective of citizens, and public opinion research referred only rarely to theories that concern representation at its core. This article aims at closing this research gap and addresses citizens’ evaluation of representation. It investigates the effects of congruence – as the main indicator for judging about the quality of representation – from a micro-perspective while referring to the underlying assumption: The higher the congruence, the better the quality of representation. It (1) develops new models for conceptualizing congruence on the micro-level, (2) analyses how citizens assess parliamentary representation in terms of perceived responsiveness and (3) explores how different concepts of congruence impact on it. The analysis is drawn for the EU countries. The results indicate that the distinct conceptualizations of congruence are of varying importance for explaining citizens’ representational judgments.

(FR) : L’analyse de la relation entre citoyens et politique est effectuée selon deux perspectives différentes. D’une part, la recherche sur la représentation analyse les attitudes et les comportements des représentants et évalue la représentation en termes de la congruence ou de capacité de réponse. D’autre part, la recherche sur l’opinion publique s’intéresse à la confiance dans la politique et la satisfaction avec la démocratie afin d’analyser la perspective des citoyens. Ainsi l’objectif de l’article est de faire dialoguer les théories sur la qualité de la représentation et l’étude de l’opinion publique.

Je soutiens que - en dépit des modèles d’évaluation « objectifs » - il est nécessaire d’analyser la qualité de la représentation politique d'un point de vue subjectif, c’est-à-dire dans la perception qu’en ont les citoyens. Dans la littérature encore relativement récente sur la congruence, l’article s’efforce de construire de nouveaux indicateurs de ce lien de représentation, en prenant en compte la diversité des intérêts représentés et la diversité des représentants. A cette fin, l’article procède à une discussion de l’approche théorique de la congruence. Jusqu’à maintenant, il y a des conceptions distinctes de la congruence idéologique au niveau macro, mais une conception unique au niveau individuel. Afin d’explorer les effets de la congruence idéologique entre les acteurs politiques et les citoyens, je développe des nouvelles conceptions au niveau micro qui tiennent en compte (a) de la distance entre des partis politiques et les citoyens, (b) de la force des partis et (c) de la structure de la compétition politique. Je teste ainsi l’hypothèse structurante de la théorie de la congruence : plus grande est la congruence, meilleure est la qualité de la représentation. Les résultats indiquent que des conceptions de la congruence au niveau micro ont une importance significative pour expliquer les jugements des citoyens sur la représentation politique.

 

The Crisis of European Union Studies seen from the US: EU Studies are ‘Widening’ and ‘Deepening’ even as EU Theories of Widening and Deepening are in crisis
Les Cahiers européens de Sciences Po n°02/2016, Vivien A. Schmidt

(EN): European Union studies has been in crisis in the US, as scholarly attention has shifted to other regions and US scholars have lost interest in ‘regional studies.’ The way out of the crisis, already in progress, is through the ‘normalization’ of EU studies, by the deepening of theoretical and empirical investigations of the EU in comparison with a widening range of regions and nation-states across issue areas, whether as a ‘state-like’ actor, as a regulatory, judicial, or policy actor, as a political or a political economic actor. The article illustrates by briefly highlighting recent books that cross the Atlantic divide.

(FR) : Les études européennes sont en crise aux Etats-Unis où l’attention des universitaires s’est tournée vers d’autres régions du monde quand elle ne s’est pas détournée de l’étude des aires géographiques en général. Une sortie de crise, déjà amorcée, passe par la normalisation des études européennes, par l’approfondissement de l’étude empirique et théorique de l’UE et par la comparaison avec un grand nombre de régions et d’Etats nations – que l’Europe soit analysée comme une sorte d’Etat, comme un acteur régulateur, politique, économique ou judicaire. L’article illustre ce propos en passant rapidement en revue des ouvrages récents et porteurs d’un rapprochement transatlantique.


European Economic Governance and Parliamentary Involvement: Some Shortcomings of the Article 13 Conference and a Solution
Les Cahiers européens de Sciences Po n° 01/2016, Diane Fromage

(EN): This paper is devoted to the analysis of the Interparliamentary Conference on Stability, Economic Coordination and Governance created in 2013. It first studies the conditions of its emergence and shows how some of the arrangements in place at that point, particularly in terms of closer cooperation among a limited number of national parliaments, did not last over time. Next, it demonstrates the existence of several factors that question the long-term effectiveness of this Conference, at least in terms of its contribution to more democratic accountability within the European Union. On this basis, the paper calls for the creation of a new, more institutionalized and strongly empowered arena for interparliamentary cooperation in the field of economic governance that would not, however, take the form of a second European parliamentary chamber.

(FR) : Cet article est dédié à l’analyse de la Conférence Interparlementaire sur la Stabilité, la Coordination Économique et la Gouvernance créée en 2013. Il étudie tout d’abord les conditions d’émergence de cette Conférence et démontre comment certains arrangements alors en place, par exemple quant à l’existence d’une coopération plus étroite entre un nombre réduit de parlements nationaux, n’ont pas perduré. Il s’agit ensuite de démontrer que l’efficience à long terme de cette Conférence, en tant que vecteur contribuant à une meilleure légitimité démocratique au sein de l’Union Européenne tout du moins, n’est en rien assurée. Partant de ce constat, cet article appelle donc plutôt à la création d’une nouvelle arène pour la coopération interparlementaire dans le domaine de la gouvernance économique, une arène qui serait nouvelle, davantage institutionnalisée et aurait davantage de pouvoirs mais ne prendrait toutefois pas la forme d’une second chambre européenne.

 

Les années précédentes

2015

Business as unusual: Credit rating agencies’ lobbying success during the EU financial crisis, GROSS, Vlad
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2015 (PDF, 300 Ko)

(EN): This study aims to explain the variation in lobbying success among the participants in the consultation on credit rating agencies' regulation in the European Commission. The independence and quality of credit ratings has long been questioned, not only because of the possible conflicts of interest in what is largely a "private business", but also because of the failure of the rating industry to anticipate the default of important financial enterprises. Prompted by the economic crisis that started in 2008, the regulatory framework on credit ratings was a new initiative in the financial sector. The empirical analysis shows that public interest groups were the winners in this process. Factors related to the policy context and the attitudes of key policy-makers had an important effect on determining the winners and the losers in this case.

(FR) : Cette étude cherche à expliquer l’influence des groupes d’intérêts dans le cas du règlement des agences de notation suite à la crise financière de 2008. L’Indépendance et la qualité des notations ont été toujours mis en question, non pas seulement à cause des multiples conflits d’intérêts dans un système qui est largement privé, mais aussi parce que l’industrie des agences de notation a failli à signaler le défaut de quelques grandes entreprises financières. Le règlement sur les agences de notation a été déclenché par la crise économique dans un contexte où l’activité de ces agences n’était pas auparavant règlementée. L’analyse empirique montre que les groupes d’intérêt représentant le public en général ont été les gagneurs du débat politique autour de cette question. Le contexte politique de la crise et le positionnement des acteurs politiques clé ont eu un effet très important sur le gagneur/perdant de cette réglementation au niveau de la Commission européenne.


La compétition entre l'Europe et ses États en matière de libre circulation : le cas des Bulgares et des Roumains, Sara Casella Colombeau, Tommaso Vitale
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2015 (PDF, 469 Ko)
FR : En Europe, le monopole de l’État sur le contrôle de la mobilité des personnes a été remis en question par le « centre politique » européen. Depuis le milieu des années 1990 et la mise en œuvre de la Convention Schengen, la libre circulation des personnes a été définie comme l’un des succès de la construction européenne. Suite au Traité d’Amsterdam, la Convention de Schengen a été intégrée dans les Traités et tous les nouveaux États membres sont automatiquement inclus dans l’espace Schengen. Depuis 2002 les citoyens bulgares et roumains peuvent circuler dans l’espace Schengen sans besoin de visa. Cependant, en 2007 lorsque la Bulgarie et la Roumanie ont intégré l’UE, certains États membres, au nombre desquels la France et l’Italie ont adopté une série de mesures temporaires limitant l’accès de ces citoyens à leur marché du travail. Cet article porte sur les mesures adoptées par les gouvernements français et italiens pour conserver le contrôle sur la mobilité des citoyens bulgares et roumains.
D’un point de vue théorique, nous nous inspirons de la perspective rokkanienne, et proposons de considérer qu’à chaque centre politique correspond un régime de circulation qui détermine un territoire pertinent de mobilité pour ses citoyens. La création d’un nouveau centre politique au niveau européen crée des tensions entre le régime de circulation national et le régime de circulation européen et entre les deux centres politiques. Nous mobilisons des données secondaires et l’analyse des règles et normes adoptées par les gouvernements italiens et français. Selon nos principaux résultats, la perte du monopole de l’État n’affaiblit pas les centres politiques nationaux, mais explique que les stratégies de démarcation soient un des enjeux de la sphère politique.

EN: The capacity of the State to control the mobility of people over its territory has been recently analysed as declining. In Europe, the European political centre has questioned the monopoly of the state over the control of mobility. Indeed, since the mid-1990s and the implementation of the Schengen Implementation Agreement, free movement of people has been defined as one of the key achievement of the EU integration. Following the Amsterdam Treaty, the Schengen agreements were acquired in the Treaty and every new member state was automatically included as part of the Schengen territory. Since 2002, Bulgarian and Rumanian citizens can circulate within the Schengen area without visa. However, in 2007 when Bulgaria and Rumania integrated the Union, some countries, including France and Italy, adopted a range of temporary measures limiting the access of these citizens to their national labour markets. This presentation will be devoted to the study of the regulation adopted by the French and Italian governments to regain control over the mobility of Bulgarian and Rumanian citizens.
Working in a Rokkanian theoretical framework, we propose to consider that each political centre defines a mobility regime that determines the relevant territory of mobility for its citizens. The building of a new political centre at the European level creates tensions between the national mobility regime and the European mobility regime and between two levels of political centres. We analyse the regulation adopted by the French and Italian governments and refer to secondary data as well.
Our main results show that the loss of state monopoly does not weak national political centres, but explains why demarcation strategies are one of the topics discussed in the political sphere.

 


Comparative Electoral Dynamics in the European Union in 2014 (CED-EU14): A Data User’s Guide, Nicolas Sauger, Renaud Dehousse & Florent Gougou
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2015 (PDF, 297 Ko)
EN: This paper describes a dataset collected after the European elections of 2014. A post-electoral survey has been conducted through Internet, in the days following the elections, in seven different countries, with national representative samples of 4 000 people in Austria, France, Germany, Italy, and Spain, and 1 000 people in Greece and Portugal. This paper introduces the questionnaire and codings used as well as elements about samples’ quality.

FR : Ce Cahier décrit un jeu de données collectées après les élections européennes de 2014. Un sondage post-électoral a été conduit dans les jours suivant les élections, par Internet, dans sept pays différents, avec des échantillons représentatifs nationaux de 4 000 en Autriche, en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, de 1 000 personnes en Grèce et au Portugal. Ce Cahier présente le questionnaire et les codages utilisés ainsi que des indications sur la qualité des échantillons.

 

The communitarisation of the Area of Freedom, Security and Justice: has institutional change triggered policy change?, Florian Trauner and Ariadna Ripoll Servent
Les Cahiers européens de Sciences Po n°01/2015 (PDF, 159 Ko)
EN: This article investigates whether institutional change—the gradual communitarisation of the Area of Freedom, Security and Justice (AFSJ)—has triggered policy change. A comparative view on the different AFSJ sub-policies nuances the widespread expectation that stronger involvement of the EU’s supranational institutions would lead to more liberal and harmonised EU policies. The rationale and core of most, although not all, AFSJ sub-policies have remained stable, regardless of altered decision-making rules. We argue that the existence or absence of a ‘settled’ policy core in a given AFSJ sub-policy and the level of conflict/unity inside each EU institution have been central scope conditions, enabling or constraining the choices of actors. If a policy core had been defined before institutional change took effect, certain EU institutions – notably, the Council as the dominant actor of the early intergovernmental cooperation – found it easier to co-opt or side-line competing actors with other preferences.

FR :Cet article examine dans quelle mesure les changements institutionnels – la communautarisation progressive de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (ELSJ) –peuvent entrainer des changements politiques. Une analyse comparative des différentes sous-politiques de l'ELSJ nuance l’idée reçue selon laquelle une forte implication des institutions supranationales de l'UE conduirait à des sous-politiques plus libérales et harmonisées. L’une des raisons principales expliquant ce phénomène est que les sous-politiques de l'ELSJ sont restées stables, indépendamment du changement de règles dans la prise de décision. Nous montrons ici que l'existence ou l'absence d’une base commune (policy core) aux sous-politiques de l’ELSJ et le niveau de conflit ou d'unité au sein de chaque institution de l'UE sont les conditions centrales permettant ou entravant les choix des acteurs. Si une base commune politique (policy core) a été définie avant l'entrée en vigueur des changements institutionnels, certaines institutions de l'UE – notamment le conseil de l'union européenne, acteur dominant de la coopération intergouvernementale – peuvent plus facilement coopter ou court-circuiter d’autres acteurs en compétition avec eux.

 

2014

The Politics of EU Trade Defence par FREUDLSPERGER, Christian
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2014 (PDF, 575 Ko)
Quand en juin 2013, dans l’affaire des panneaux solaires chinois, une majorité d’Etats-membres a fait le choix d’opposer des sanctions d’une manière non-contraignante, celle-ci est immédiatement devenue l’un des dossiers les plus médiatisés et politisés de l’histoire de la défense commerciale de l'UE. Cependant, six mois plus tard, le Conseil a néanmoins adopté des mesures définitives sous la forme d'un engagement sur le prix. Cet article soutient que, dans un cadre institutionnel et procédural qui est déjà marqué par un pouvoir discrétionnaire important de la Commission et par une surveillance limitée de la part des États membres, la division politique, propre au Conseil, entre les « Amis des instruments de la défense commerciale de l’UE », leurs adversaires et les Etats indécis explique pourquoi la grande majorité des propositions de la Commission en matière de mesures permanentes est finalement adoptée par les gouvernements européens .

 
Catherine Ashton’s five-year term: a difficult assessment par HOWORTH, Jolyon
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2014 (PDF, 370 Ko)
Le présent article se propose de revenir, de façon contrastée, sur le mandat de Catherine Ashton comme Haute-Représentante de l’UE (de 2009 à 2014). L’article examine la contribution d’Ashton sous quatre registres : En premier lieu, les circonstances de sa nomination et ses débuts résolument difficiles ; en second lieu, la création du Service Européen pour l'Action Extérieure (SEAE) et son évaluation intermédiaire ; en troisième lieu, les dernières années du mandat, qui ont vu Ashton se concentrer sur certains domaines d’action particuliers, parfois avec succès (Kosovo, Iran), parfois moins (Ukraine, PSDC) ; enfin, l’article reviendra sur la nature et le statut du poste même de HR/VP, avec la passation de pouvoir de la première récipiendaire à sa successeur. Cette fonction n’est-elle pas typiquement une « mission impossible » ?

 

Energy policy in the European Union: the power and limits of discourse par JEGEN, Maya
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2014 (PDF, 435 Ko)
Depuis les années 1990, la Commission européenne encourage la libéralisation des marchés d’électricité et de gaz, associe progressivement les politiques énergétique et climatique et réclame une voix commune dans les relations énergétiques avec les États tiers. Ce papier retrace la construction par la Commission d’un cadre « concurrence, soutenabilité, sécurité » devant lui permettra d’accroître sa marge de manœuvre dans un domaine politique traditionnellement considéré comme « national ». Pour comprendre l’efficacité de la stratégie discursive, j’analyse trois éléments : le cadrage de la Commission (idées), la situation énergétique des États membres (intérêts) et la présence d’un espace réglementaire commun (institutions). La manière dont ces trois éléments se combinent, se renforcent ou s’affaiblissent aide à comprendre jusqu’où la Commission a réussi à imposer son agenda. Comparant l’Allemagne, la France et la Pologne, le papier montre que la stratégie de la Commission a réussi dans la mesure où elle a modifié le discours des États membres. Toutefois, la mise en œuvre d’une politique énergétique européenne est inégale pour des raisons institutionnelles et économiques. Malgré la crise ukrainienne, les limites de la mise en œuvre demeurent frappantes dans les relations extérieures en matière d’énergie.
 

The constitutional conundrum of the European Union: Sources, features and outcomes par FABBRINI Sergio
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2014 (PDF, 436 Ko)
Le traité de Lisbonne repose sur plusieurs compromis constitutionnels : un compromis entre différentes conceptions de l’Union (supranationale et inter-gouvernementale) ; un compromis entre les États membres prenant part à la construction de l’union économique et monétaire (UEM) et ceux qui n’y participent pas ; enfin un compromis, au sein de l’UEM, entre une approche centralisée de la politique monétaire et des politiques économiques décentralisées. La crise de l’Euro a mis en question l’enchevêtrement de ces compromis constitutionnels. L’équilibre entre les conceptions supranationale et intergouvernementale a été brisé au profit de la première. Dans le même temps, l’adoption de nouveaux traités intergouvernementaux a consacré la divergence d’intérêts entre les Etats membres de l’UEM et les autres. Le choix d’une coordination entre gouvernements nationaux a conduit à une hiérarchisation des relations interétatiques au sein de la gouvernance économique. La « boîte noire » constitutionnelle ainsi générée a eu deux conséquences au sein de l’Union Européenne (UE) : le renouveau d’une différenciation interne à l’UE, et la formation d’organisations divergentes. La seule stratégie envisageable pourrait bien alors consister en une gestion au cas par cas de la fameuse « boîte noire ».

 

2013

The Politics of Delegation in the European Union par DEHOUSSE, Renaud
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2013 (PDF, 540 Ko)
La délégation des pouvoirs à des institutions supranationales, qui était une caractéristique principale de l’intégration européenne, est de plus en plus contestée par les leaders nationaux ainsi que par l’opinion publique. Cependant, les évolutions récentes tendent à montrer que dans les périodes de crise actuelles, cette technique est encore largement utilisée. Cet article vise à expliquer ce paradoxe apparent. Il propose une lecture des principes du principal-agent qui prennent en compte les spécificités du système de l’UE, telles que l’absence d’un lieu de pouvoir fort ou la grande méfiance qui règne entre les gouvernements nationaux. Il soutient que la concurrence entre un grand nombre de « principaux » peut donner lieu à terme à différents modèles de délégation.


Defense Retrenchment in Europe: The Advantages of a Collaborative Response to Relative Decline and Economic Crisis par BAGARELLA, Giacomo
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/201 (PDF, 300 Ko)
Contrairement à d’autres travaux universitaires qui mettent l’accent le relatif déclin militaire des grandes puissances régionales, cet article étudie la baisse des dépenses militaires de l’ensemble des puissances régionales dans un contexte de crise économique rapide. La théorie de l'action collective suggère que les acteurs qui cherchent à obtenir un bien commun peuvent parfois baisser leurs contributions collectives, cherchant à optimiser le facteur de sortie (ouput factor) pour éviter une perte dans le bien commun produit. Selon ce modèle, une baisse collective des dépenses n’a de meilleurs résultats que si les États mènent cette politique individuellement. Une étude de cas portant sur la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’talie au moment de la crise économique et financière européenne montre que les gouvernements nationaux et les acteurs en charge de planifier les dépenses de défense ont en effet cherché à minimiser les effets néfastes des réductions de dépenses par la recherche de partenariats en matière de défense, à la fois entre eux et avec d’autres États. Le résultat confirme l’hypothèse selon laquelle la baisse des dépenses militaires de l'État et la collaboration sont proportionnelles à l’impact de la crise sur chaque État. Le modèle développé dans cet article et ses résultats ont des implications cruciales pour les États qui envisagent ou qui mènent des politiques de réduction des dépenses.


From the Private to the Public and Back Again: The International Thought of David Mitrany, 1940-1949 par ROSENBOIM, Or
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2013 (PDF, 186 Ko)
Cet article propose une étude de la pensée internationale de David Mitrany pendant les années 1940. La Seconde Guerre mondiale a conduit un grand nombre d’acteurs à esquisser un nouvel ordre mondial qui garantirait la paix et la prospérité. David Mitrany, économiste influent et intellectuel engagé, a considéré que la coopération internationale privée pouvait être au fondement d'un nouvel ordre mondial. Il a développé la notion de « fonctionnalisme » pour explorer la diffusion de pratiques de la sphère privée à la sphère publique, et définir un nouvel espace politique mondial dans lequel les « frontières n’auraient plus aucun sens ». Dans un monde de plus en plus interconnecté, la sphère privée, qu’il s’agisse de l’entreprise ou de l'entrepreneuriat, offrait des modèles de coopération globale, et avait une fonction sociale unique dans l’émergence de l'État-providence. David Mitrany défendait cette idée non seulement en théorie mais aussi en tant que conseiller politique à la société internationale Unilever. Cet article analyse l'affirmation selon laquelle la diffusion des pratiques de collaboration de la sphère privée à la sphère publique allait révolutionner les relations internationales et pourrait devenir la base de l'unité européenne. Il étudie la théorie de David Mitrany sur la diffusion des concepts, des institutions et des pratiques comme les « droits humains », la « démocratie » et le « bien-être » depuis le privé vers le public et vice-versa. Enfin, l’article montre que la théorie originale du « fonctionnalisme » de David Mitrany peut aussi faire la lumière sur le rôle que les entreprises et les organismes privés peuvent jouer aujourd’hui dans l'amélioration de la coopération et de l'unité dans l'Union européenne.


Is the EU a Non-Compliance Community? Towards “compliance for credibility” and EU action for the protection of democracy in Europe par FALKNER, Gerda
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2013 (PDF, 817 Ko) 
Non-compliance with EU policies is multiform and has recently happened at an increasing number of different levels, with increasing frequency on at least some of them; often, with great visibility to a broad audience and in fields of very direct relevance for both voters and politicians. All of this has contributed to the politicization of the EU’s compliance problem, which was unknown in earlier phases of the integration process. This paper analyses the various forms of the EU’s compliance problem and outlines why we should bother with this issue: In a situation of increasingly centrifugal forces and great instability, a growing perception that the EU might be a “non-compliance community” could indeed be disastrous. The conclusion is that it is not “all-over compliance” but rather “credibility” which is indeed crucial, but both are intertwined. If the EU wants to safeguard its reputation, then the commitments it makes must be seen to be real, and urgent action is imperative.
Bold policy recommendations are made in the final section. Both rule-oriented prescriptions based on sanctions and value-oriented measures connected to relevant beliefs can be usefully employed. Some suggestions may seem outrageous in light of the longstanding ideas of democracy and the rule-of-law being located first and foremost in “sovereign nation states.” However, this may no longer be sufficient as national politics are ever more prone to instability and populism. The great potentials of the EU for collaboration and discourse should be turned into a resource to uphold and strengthen the rule-of-law in Europe.

 

2012

The political life of prediction The future as a space of scientific world governance in the Cold War era par ANDERSSON, Jenny and RINDZEVICIUTE, Eglė
Les cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2012 (PDF, 483 Ko)
This working paper explores the role of the future as a space of scientific exchange and dialogue in the Cold War period. We argue that in East and West the governance of the future were understood as both intellectual and technical problem that, importantly, challenged existing notions of the nature of liberal democratic and communist olitical regimes. Casting the future as a governable sphere led to the development of new forms of scientific governance which sought explicitly to depoliticize the future and turn it into a new transnational domain of technocratic politics. The paper focuses on the parallels and exchanges among American and Soviet futurologists. East-West collaboration was essential to the invention of the future as a governable technoscientific space, situated beyond political dispute.


The Point of No Return. Walter Hallstein and the EEC Commission between Institutional Ambitions and Political Constraints par MULLER, Henriette
Les Cahiers européens de Sciences Po, n°03/2012 (PDF, 544 Ko)
Walter Hallstein, the first EEC Commission president (1958-67), often goes unmentioned in academic discourse about the European Union’s founding fathers. Although he was a major force in helping to initiate and shape the European integration process at the legal, executive and academic level, his legacy appears both ambivalent and contradictory. This article explores central stages in Hallstein’s biography, as well as his intellectual convictions and institutional approaches to the European unification process. By use of examples, it assesses Hallstein’s political beliefs and actions with regard to the EEC’s political viability and support among its member states during his time as Commission president. Finally, it traces the politics of memory surrounding Hallstein while evaluating his contribution to the normative and institutional development of the European Union.


The French 2012 Presidential Election. A Europeanised Contest par DEHOUSSE, Renaud et TACEA, Angela
Les cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2012 (PDF, 502 Ko)
While Europe could be characterized as “invisible but omnipresent” during the 2002 Presidential election, this was not the case in 2012. From Nicolas Sarkozy and François Hollande to Marine Le Pen and Jean Luc Mélenchon, several declinations of Europe characterised the French electoral campaign. Based on TNS Sofres survey data and on discourse analysis, this article documents the Europeanization of the 2012 French presidential campaign. Even though it is too soon to say if the transformation of the electoral rule is a specific phenomenon arising from the crisis context or from a profound change in party completion, the election of François Hollande has clearly contributed to a change of course.


La place de la construction européenne dans la conquête puis la conservation du pouvoir par les socialistes français, 1966-1984 par KAHN, Sylvain
Les Cahiers européens de Sciences Po, n°01/2012 (PDF, 502 Ko)
Les travaux des historiens ont établit le fait que les socialistes, depuis 1945, ont construit l’Europe. François Mitterrand, qui mena la gauche unie à la victoire en 1981, en fut l’un des principaux soutiens avant d’en devenir l’un des principaux architectes et le couple qu’il forma avec Helmut Kohl est passé à la postérité historique.
Dans ce cadre, l’objectif de cet article est de développer l’hypothèse selon laquelle, tout attaché qu’il soit à l’intégration européenne, le nouveau Parti socialiste ne perçoit, ni n’adhère à, ni ne promeut, la radicale nouveauté qui en est la condition de possibilité et l’instrument, à savoir : la supranationalité et la mutualisation de la souveraineté.
Cependant, cet article souligne également à quel point les premières actions de la présidence de François Hollande en politique européenne s’inscrivent dans la continuité du choix de faire l’Europe, choix effectué depuis l’immédiat après guerre par les générations successives de socialistes français.
 

2011

Coalition Formation and Agenda Setting in EU Environmental Policy after the Enlargement par GARCIA PEREZ de LEON, Cesar
Les Cahiers européens de Sciences Po, n°05/2011 (PDF, 191 Ko)
L’élargissement à l’Est de l’Union européenne a fortement augmenté l’hétérogénéité de la configuration des préférences de ses Etats membres. Il était attendu que ce scénario réduise significativement la capacité du processus décisionnel à aboutir à des décisions. Cependant, la prise de décision au sein de l’UE a montré une capacité d’adaptation à l’arrivée de nouveaux membres remarquable. Cet article, qui se base sur un modèle mixte de négociation par coalition et de mise sur l’agenda permettant d’expliquer la formation des coalitions en situation d’hétérogénéité des préférences, défend l’idée selon laquelle cette adaptation est normale. Le modèle montre comment la formation de coalitions prend en compte la variation des préférences induite par les nouveaux membres dans des coalitions gagnantes en surplus en adoptant des compromis modéré et comment l’intervention du Parlement européen en tant qu’acteur supranational oriente la décision en direction d’une législation plus avancée. L’application de ce modèle au cas de la politique environnementale montre qu’il est probable que, dans une situation d’hétérogénéité des préférences liée au contexte de l’élargissement, le processus législatif européen produise un changement modéré, réduisant ainsi le risque d’impasse mais réduisant également dans le même temps la possibilité d’une législation plus intégrationniste.


Monnet for Nothing? France’s Mixed Europeanisation par ROZENBERG, Olivier
Les Cahiers européens de Sciences Po, n°04/2011 (PDF, 303 Ko)
Cette contribution s’efforce à la fois de saisir l’impact de l’Union européenne en France et de discuter la littérature fournie sur le sujet, qu’elle émane des études européennes, des études d’opinion, de l’analyse des politiques publiques ou de l’analyse institutionnelle. La relation de la France à l’UE est fondamentalement paradoxale comme l’indique le contraste entre l’engagement pro-européen de la plupart des élites françaises et l’expression régulière de réticences dans la société, à commencer par le rejet du projet de Traité constitutionnel par referendum en 2005. Cette contribution s’efforce de questionner ce paradoxe en faisant valoir la grande hétérogénéité des modes d’adaptation à l’UE. Alors que les politiques publiques et la législation sont de plus en plus européanisées, l’impact de l’Europe sur la vie politique et le système institutionnel national reste limité. De cette européanisation différenciée résulte une érosion progressive du récit pro-européen national. Peu à peu l’euroscepticisme progresse.


Integration and the Context of Law: Why the European Court of Justice is not a Political Actor par GRIMMEL, Andreas
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2011 (PDF, 537 Ko)
Ce qui caractérise l’UE aujourd’hui, c’est que ce n’est pas seulement un système de gouvernance multi-niveaux, mais aussi un système multi-contexte. La construction de l’Europe n’a pas seulement lieu à différents niveaux dans le cadre politique européen, exécuté et encouragée par différents groupes d’acteurs ou d’institutions. Au contraire, elle est aussi en cours dans des contextes sociaux différents et distincts – cadres fonctionnels, historiques et locaux de raisonnement et d'action – que la science politique seule ne peut pas analyser de façon satisfaisante grâce aux modèles classiques et généralisant. Le droit européen constitue un contexte de ce type et devrait être perçu comme une sphère autonome régie par une logique spécifique et une rationalité qui constituent un moteur en soi du processus d’intégration européenne. Par conséquent, la sphère juridique de l’Europe et les processus qui se déroulent à l’intérieur de ses limites doivent être soigneusement distinguée de la politique. Dans cette perspective, ce texte remet en cause l’idée selon laquelle la Cour de justice européenne serait un acteur politique et engagé en faveur d’une expansion juridique européenne. Ce n’est qu’en examinant et en analysant le contexte du droit européen comme un espace indépendant de raisonnement et d’action que le rôle de la haute cour de l’Europe dans le processus d’intégration pourra être correctement saisi.

 
Beyond Ideological Battles: A Strategic Analysis of Hedge Fund Regulation in Europe par WOLL, Cornelia
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2011 (PDF, 457 Ko)
La polémique autour de la directive européenne sur les fonds d’investissement alternatif (AIFM) est souvent citée comme exemple d’une bataille idéologique. D’un côté, on trouve les pays membre qui insistent sur une réglementation accrue des marchés financiers, en particulier la France, de l’autre côté, ceux qui souhaitent préserver le marché libre, notamment le Royaume Uni. Nous montrons les limites des récits qui s’intéressent uniquement aux paradigmes de la réglementation financière après la crise et insistons sur les intérêts économiques derrière les différentes positions. En revanche, les positions nationales ne doivent pas être comprises comme simple agrégat des positions de l’industrie financière d’un pays. Le succès de leur lobbying dépend en très grande partie de la compatibilité des demandes particulières avec la stratégie géopolitique du gouvernement.
L’objectif de l’article est ainsi de tracer les boucles de rétroaction entre les stratégies des gouvernements et le lobbying de l’industrie financière d’un pays, afin de proposer une analyse stratégique de la négociation intergouvernementale.


Who are the outsiders and what do they want ? Welfare state préférences in dualized societies par HÄUSERMANN, Silja, SCHWANDER, Hanna
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2011 (PDF, 742)
Cet article propose trois types d’apports à la littérature. Tout d’abord, il présente une nouvelle conceptualisation et une nouvelle mesure du statut d’outsider, basée sur la classe sociale et prenant en compte que la catégorie des outsiders est composée différemment dans différents pays en fonction des marchés du travail et des Etats providence. Ensuite, il défend théoriquement et démontre empiriquement l’idée selon laquelle cette mesure du statut d’outsider et d’insider basée sur la classe sociale a un pouvoir explicatif plus grand en ce qui concerne les préférences individuelles en matière de protection sociale que les mesures basées sur la position sur le marché du travail. Enfin, il démontre de façon empirique que le phénomène de dualisation, combiné au niveau de compétences, détermine les préférences des individus en ce qui concerne les différentes politiques sociales : les outsiders ont des préférences plus marquées pour la redistribution et pour l’investissement social que les insiders. Ces analyses s’appuient sur des données ISSP de niveau micro.


2010

Change and Continuity in European Governance par Laurie Boussaguet, Renaud Dehousse, Sophie Jacquot
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 06/2010 (PDF, 787 Ko)
Depuis le milieu des années 1990, la gouvernance européenne a profondément évolué, notamment dans le sens d’un abaissement du niveau de contrainte. Des termes comme flexibilité, coordination, surveillance par les pairs ou « soft law » sont devenus à la mode. Dans la lignée de ces  transformations, une littérature florissante sur les nouveaux modes de gouvernance (NMG) a émergé. Mais l’existence de « nouveaux » instruments de gouvernance est-elle nécessairement synonyme d’innovation ? Les NMG jouent-ils réellement un rôle central dans les modes d’action publique de l’UE ? Assiste-t-on vraiment à l’émergence d’un nouveau système de gouvernance au niveau européen ? Afin de répondre à ces questions, cette contribution revient tout d’abord sur le terme de gouvernance afin d’analyser pourquoi il est le plus pertinent pour décrire le fonctionnement du système politique de l’UE. Elle propose ensuite une typologie visant à identifier les tendances principales sur lesquelles s’appuient les NMG et s’interroge sur la « nouveauté » de leur caractère, avant d’analyser les formes plus traditionnelles d’action de l’UE et de montrer ainsi que l’« ancienne » gouvernance est loin d’avoir disparue.
Le système européen de gouvernance est ainsi un exemple intéressant de changement dans la continuité : l’« ancien » et le « nouveau » ne sont pas mutuellement exclusifs et l’explication de cette situation hybride est certainement à rechercher dans leur caractère contigu. Les NMG sont bien plus le résultat d’accentuation des spécificités du système d’origine que de pures innovations. Ces instruments, « anciens » et « nouveaux » ayant tous été conçus afin de répondre à un même besoin : offrir un cadre de coopération interétatique sans mener pour autant à un degré de centralisation non désiré. Ceci n’est pas sans analogie avec la métaphore du « gâteau marbré », évoquée au siècle dernier par Morton Grodzins afin de décrire la coexistence de plusieurs variétés de fédéralisme au sein du gouvernement américain. Les pures innovations sont rares dans le monde la gouvernance.
 

L’adoption du mandat d’arrêt européen. D’une instrumentalisation de l’agenda politique à une expertise opérationnelle de l’entraide pénale par Antoine Mégie
Les Cahiers européens de sciences Po, n° 05/2010 (PDF, 570 Ko)
Cette contribution a pour objet de démontrer l’importance d’analyser les professionnels du champ du pouvoir européen afin de comprendre l’orientation et le contenu des politiques européennes. L’intérêt de placer les policy experts au coeur de notre étude réside dans la possibilité d’interroger le niveau mezzo des processus de policy making en analysant les acteurs qui participent concrètement à la rédaction et à l’adoption des décisions européennes en tant que pourvoyeurs de solutions politiques et techniques. Ainsi après avoir retracé dans ses différentes étapes le processus décisionnel ayant abouti à l’adoption de la nouvelle procédure d’extradition européenne (le mandat d’arrêt européen), notre analyse se focalise spécifiquement sur les magistrats et hauts fonctionnaires des ministères nationaux de la Justice et des institutions européennes qui ont participé activement à la formulation et à l’adoption de cet instrument de coopération. Cette analyse sociologique des logiques d’actions individuelles et collectives des professionnels du niveau mezzo nous offre la possibilité de donner du sens au contenu même des politiques européennes et d’illustrer les questions d’expertise et de socialisation à l’échelle de l’UE.
 

Border guards as an “alien police”: Usages of the Schengen Agreement in France par Sara Casella Colombeau
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2010 (PDF, 138)
La création d’un Espace commun suivant l’intégration de l’Accord Schengen dans les « Acquis communautaires » lors du Traité d’Amsterdam en 1997, et les Traités et sommets suivants ont conduit les Etats membres de l’Union européenne à considérer le contrôle des frontières comme une question commune. On aurait pu penser que l’abaissement des frontières internes au sein de l’espace Schengen aurait menacé les corps des gardes-frontières au niveau national. Ce n’est pas le cas. Je montrerai dans cet article que, grâce à un changement dans le « modèle » des gardes-frontières français, leur pouvoir et leur influence a de fait augmenté dans la seconde partie des années 1990. En réponse à la peur de diminution drastique dans le personnel, les gardes-frontières français se sont mobilisés et ont défini un nouveau modèle de garde-frontière : la « police des étrangers » dont le but principal est de lutter contre l’immigration « illégale ».


Legitimizing Resistance to EU Integration: Social a Europeanized Normative Frame in the Conflict over the Bolkestein Directive par Amandine Crespy
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2010 (PDF, 316 Ko)
Cette contribution porte sur le conflit relatif à la proposition de directive Bolkestein pour la libéralisation des services dans l’Union européenne. Elle explique comment les partis politiques de gauche, les organisations syndicales et les associations altermondialistes ont pu peser sur le processus décisionnel européen. En se fondant aussi bien sur l’analyse des politiques publiques que sur l’étude des mouvements sociaux, le cadre d’analyse proposé mobilise des facteurs explicatifs de nature institutionnelle et discursive. L’identification des mécanismes causaux en jeu révèle que deux processus connexes ont permis, de manière cruciale, la légitimation de la contestation vis-à-vis des responsables politiques comme des opinions publiques : il s’agit de l’européanisation de la mobilisation liée au cadrage du débat en tant que conflit pour la défense de l’Europe sociale.


The Bounded Creativity of Domestic Appropriation par Sascha Zirra
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2010 (PDF, 619 Ko)
Ce papier a pour objectif de démêler les mécanismes de l’européanisation des niveaux nationaux en prenant en compte, en complément des apports de l’institutionnalisme historique, le rôle de l’action stratégique dans les réformes des politiques d’emploi nationales. Nous défendons l’idée selon laquelle l’appropriation créative constitue une stratégie centrale pour les acteurs sociaux cherchant à accroitre la pertinence et la légitimité de leurs projets de changement dans le cadre de secteurs institutionnalisés au niveau national. Cependant, leur créativité est institutionnellement cadrée. La comparaison des cas les plus similaires que sont la France, l’Allemagne et l’Italie nous permet de montrer que la structure des opportunités permettant de construire des connections institutionnelles et des coalitions dominantes au niveau national est un facteur important afin d’expliquer non seulement la portée mais aussi les mécanismes et les champs de l’européanisation nationale.


The Political and Security Committee: A Case Study in "Supra Inter-Governmentalism" par HOWORTH, Jolyon
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2010 (PDF, 155 Ko)
La spécificité de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), telle qu’elle a émergée jusqu’à aujourd’hui est complexe et porteuses de nombreuses implications. Elle repose sur la mobilisation (que ce soit en cas de gestion de crise internationale, de stabilisation régionale, de construction nationale ou de reconstruction après un conflit) d’un large éventail d’instruments : de la mise à disposition d’armement sophistiqué et de capacities de maintien de l’ordre à des techniques de gender mainstreaming ou à de l’assistance culturelle ; du déploiement de bataillons de reaction rapide et de moyens de transport aérien stratégique à celui de juges, de personnel pénitentiaire et d’experts en droits humains ; de la fourniture de resources en matière de renforcement des capacities de l’Etat à de l’expertise en termes de contrôle des frontiers. Dans ce cadre, le role de l’instrument essentiel d’élaboration de politiques qu’est le Comité politique et de sécurité (COPS) a été souligné par de nombreux travaux. 
Cette etude constitue la première analyse exhaustive du fonctionnement de ce comité. Son argument principal est que des processus de socialisation normative sont visibles dans le travail du COPS et ont permis, dans une large mesure, à une culture stratégique européenne d’imprimer sa marque sur un des projets principaux de la politique étrangère de l’Union européenne. Une culture supranationale est en train d’émerger d’un processus intergouvernemental. Le COPS est devenue, à un degree significatif, le scénariste de la PESD.

2009

Social Mechanisms in the Establishment of the European Economic and Monetary Union, par Alfio Cerami
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2009 (PDF, 138 Ko)
Cet article s’intéresse aux causes, aux processus de transformation et aux mécanismes sociaux qui ont menés à l’établissement de l’Union économique et monétaire européenne. Contrairement aux théories et approches plus généralement utilisées pour expliquer le changement institutionnel, il démontre que cet établissement n’a pas simplement été le produit des trajectoires historiques, du comportement rationnel des acteurs ou encore de la construction sociale des préférences économiques, mais plutôt, et probablement de façon plus centrale, a été le produit de prophéties auto-réalisatrices qui ont facilitées et accélérées le processus de changement institutionnel. En adoptant une perspective basé sur la sociologie de l’intégration européenne cet article analyse également le rôle de quatre forces cruciales qui, à l’origine d’une chaîne causale de mécanismes sociaux, ont facilité l’établissement de l’Union économique et monétaire européenne : la rationalité située, les institutions incarnées, la réflexivité et la double contingence.


Les "mondes de conformité" : typologie des Etats membres dans leur rapport au droit communautaire, par Emmanuelle Causse et Gerda Falkner
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2009 (PDF, 688 Ko) 
L’objectif de cet article est de présenter les résultats de deux recherches consécutives sur le respect des règles sociales européennes dans les quinze anciens Etats membres de l’Union européenne et dans un certain nombre de nouveaux Etats membres, et plus précisément plusieurs Etats de l’Europe Centrale et Orientale. Sur la base de ces recherches, une Typologie a été adoptée et quatre « mondes » ou groupes de pays ont été identifiés selon leur attitude face au droit Communautaire et la conformité de leurs procédures nationales avec les règles émanant des institutions européennes. Cette classification fondée sur les spécificités nationales et leurs explications a un double intérêt. Elle permet tout d’abord de comprendre quels sont, dans les différents Etats membres, les facteurs théoriques qui peuvent expliquer le respect ou le non-respect de la législation européenne. Elle peut également servir de base à l’établissement ou au renforcement des procédures destinées à améliorer la mise en oeuvre de la législation communautaire.
 

The Laval Case and the Future of Labour Relations in Sweden par Alban Davesne
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2009 (PDF, 205 Ko)
L’affaire Laval, liée à une série d’affaires de la CJCE (Viking, Rüffert), a été rendue célèbre à travers l’Europe comme étant un nouvel avatar des contradictions entre libertés économiques et droits sociaux. Mais la dimension européenne n’est qu’une partie de la controverse et cet article met en lumière les liens entre d’une part les débats européens sur les travailleurs détachés et d’autre part les enjeux qu’affronte le modèle suédois de relations industrielles. Au-delà de ses aspects juridiques, l’affaire Laval est un évènement politique majeur en Suède, puisqu’elle met en exergue et accentue les difficultés du système autonome de régulation du marché du travail par les partenaires sociaux. Elle offre en effet de nouvelles opportunités pour réformer les relations industrielles et les règlementations salariales, elles-mêmes qui sont autant menacées en Suède qu’admirées à l’étranger.


2008

European Money at Work : Contracting a European Identity ? par Rosa Sanchez Salgado
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2008 (PDF, 188 Ko)
Most literature on the interaction between European institutions and NGOs focuses on interest representation and lobbying. This article tackles a neglected aspect of this interaction: the effects of European funding opportunities on NGO's organizational structures and on their values and identity. EU influence on national political systems is usually analyzed as a process of Europeanization. Some analytical tools as the “misfit” model can indeed throw some light at the dynamics at work.
European funds alter the redistribution of resources among national NGOs, enabling in some cases a dynamics of growth and altering NGOs national landscapes. Specific requirements to obtain European funds can also modify norms about what is to be considered as “appropriate behaviour” launching a process of socialization. Empirical evidence is drawn from Humanitarian NGOs, which are those receiving more amounts of money from the EU. In order to grasp Europe's differential impact in different national contexts, we have analyzed NGOs from the United Kingdom, France and Spain.

 
Social Protection : Why the EU Needs to Deliver par Renaud Dehousse
Les Cahiers européens de Sciences-Po, n° 03/2008 (PDF, 838 Ko)

The European Employment Strategy and National Welfare States : Italy and France compared par Paolo Graziano, Università Bocconi di Milano
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2008 (PDF, 348 Ko)
The broad question that inspires the article is the following: why in consolidated national policy environments significant patterns of change in the field of employment have emerged over the past two decades? More specifically, how has the European Employment Strategy exercised pressures for change on national employment policies? The article is therefore focused on the evolution and interaction of EU and national employment policies. It provides some background information regarding employment and unemployment data over the years in the two countries and it illustrates the basic traits of the evolution of EU, Italian and French employment policy, showing how the two national policies have not converged over the past 15 years - notwithstanding common European pressures and domestic policy change. The final part of the article looks at the dynamics of policy change in the two countries and provides a tentative explanation for such different policy evolution, pointing out as a key explanatory factor the different national policy tradition, i.e. the welfare state model. European and National Employment Policies: Conceptual and Methodological Background.

 
The EU Council Presidency DIlemma: An Historical Institutionalist Interpretation par Ana Mar Fernandez, Centre d'études européennes
Les Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2008 (PDF, 110 Ko)
The aim of this article is to demonstrate the usefulness of taking into account the variable of EU institutional development when analysing the consequences of EU membership. Using an historical institutionalist perspective, the article examines the path of the Council Presidency since its origins and argues that five decades of institutional feedback have unexpectedly altered its nature. Originally conceived as an intergovernmental function, today the Presidency has become hybrid and increasingly identified with the Community interests. This process of institutional conversion has essentially limited the scope of action of the member states.

2007 

Le pouvoir de la norme, les formes inattendues de l'influence européenne par Zaki Laïdi, directeur de recherche au CEE
Cahiers européens de Sciences Po, n° 05/2007 (PDF, 107 Ko)

"L'EMPIRE CONTRE-ATTAQUE", Une autre vision de l'Union Européenne par Jean Leca
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2007 (PDF, 152 Ko)

Why is it so difficult to know if national pride leads the way to European identity or prevents it? par Sophie Duchesne et André-Paul Frognier
Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2007 (PDF, 234 Ko)
 
Les Préférences européennes et leur réception par Zaki Laïdi
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2007 (PDF, 152 Ko)

Europeanization, Enlargement and Social Policy in Central and Eastern Europe par Alfio Cerami, Centre d'études européennes
Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2007 (PDF, 273 Ko)
 

2006

Les "nostalgiques de la RDA": entre deuil impossible et poursuite d'une utopie par Marina Chauliac (CETSAH/Centre Marc Bloch)
Cahiers européens de Sciences Po, n° 06/2006 (PDF, 163 Ko)

Mutual transformation and the development of European policy spaces. The case of medicine licensing par Boris Hauray et Philippe Urfalino 
Cahiers européens de Sciences Po, n° 05/2006 (PDF, 233 Ko)

The Rise and Decline of the Asia-Europe Meeting (ASEM): Asymmetric Bilateralism and the Limitations of Interregionalism par David Camroux
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2006 (PDF, 237 Ko)

Les préférences de l'Europe dans le monde (1) par Zaki Laïdi 
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2006 (1) (PDF, 294 Ko)

Les préférences de l'Europe dans le monde (2) par Zaki Laïdi
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2006 (2) (PDF, 294 Ko)

Why Should Central and Eastern European Societies still be Considered as Democracies at Risk: An Analysis of Labour Structure and Preferences for One-Party System par Alfio Cerami
Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2006 (PDF, 349 Ko)

2005

Peut-on prendre la puissance européenne au sérieux? par Zaki Laïdi
Cahiers européens de Sciences Po, n° 05/2005 (PDF, 263 Ko)

Le traité établissant une Constitution pour l'Europe: une étape dans la dynamique constitutionnelle européenne par Eric L'Helgoualch
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2005 (PDF, 276 Ko)
 
The Constitutional Legitimacy of the EU Committees par Mario Savino, Ph.D. researcher, Administrative Law, Universita di Roma "La Sapienza"
Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2005 (PDF, 305 Ko)

The Making of a Transnational Constitution: An Institutionalist Perspective on the European Convention par Renaud Dehousse et Florence Deloche Gaudez
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2005 (PDF, 287 Ko)


Que reste-t-il de la Constitution économique européenne après la constitutionalisation de l'Europe - Une rétrospective mélancolique par Christian Joerges
Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2005 (PDF, 382 Ko)
 


2004


From a Guaranteed Labour Market to the "Flexible Worker" Model? par Paolo Graziano
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2004 (PDF, 328 Ko)

Le secrétariat de la convention européenne: un acteur influent par Florence Deloche-Gaudez
Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2004 (PDF, 388 Ko)

The Importance of Being Nice: An Institutionalist Analysis of French Preferences on the Future of Europe par Nicolas Jabko
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2004 (PDF, 242 Ko) 

Why Am I? That is the question. Norm contestation, reinforcement and coexistence, and the creation of CFSP par Stephanie Claudia Hoffman, Cornell University
Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2004 (PDF, 367 Ko)

 

2003

Gouvernance contre souverainisme. Les origines et les conséquences du conflit euro-américain par Zaki Laïdi
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2003 (PDF, 261 Ko)

The Open Method of Coordination: A New Policy Paradigm? par Renaud Dehousse
Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2003 (PDF, 348 Ko)

Bringing Politics Back In: Rethinking the Role of Economic Interest Groups in European Integration par Emiliano Grossman
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2003 (PDF, 112 Ko)
 
How to Choose the European Executive: A Counterfactual Analysis, 1979-1999 par Simon Hix, Abdul Noury et Gérard Roland
Cahiers européens de Sciences Po, n°01/2003 (PDF, 130Ko)
 


2002

Europe and the Crisis of Democracy par Notre Europe, Sciences Po (Paris) et European University Institute (Florence) (Séminaire)
Cahiers européens de Sciences Po, n° 06/2002 (PDF, 242 Ko)

La réforme de la gestion de l'aide extérieure de l'Union européenne par Roland Pierre Sourd
Cahiers européens de Sciences Po, n° 05/2002 (PDF, 186 Ko) 

"Civil Society" in European Institutional Discourses par Stijn Smismans
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2002 (PDF, 116 Ko)
 
Types of Multi-Level Governance par Liesbet Hooghe et Gary Marks
Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2002 (PDF, 160 Ko)

The Challenge of Labor Mobility in an Enlarged European Union (1) par Pascal Delisle
Cahiers européens de Sciences Po, n°02/2002 (1) (PDF, 647 Ko)
 
The Challenge of Labor Mobility in an Enlarged European Union (2) par Pascal Delisle
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2002 (2) (PDF, 647 Ko)

Legitimate Diversity: The New Challenge of European Integration par Fritz Scharpf
Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2002 (PDF, 179 Ko)
 

2001

Globalisation des marchés et précaution: le principe de précaution et le droit alimentaire de l'Union Européenne par Ellen Vos
Cahiers européens de Sciences Po, n° 05/2001 (PDF, 145 Ko) 

Ideas, Interests and Institutional Change: The European Commission Debates the Delegation Problem par Giandomenico Majone
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2001 (PDF, 91 Ko)

Germany's Power and the Weakening of States in a Globalized World: Deconstructing a Paradox par Anne-Marie Le Gloannec
Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2001 (PDF, 131 Ko)
 
Le chantier institutionnel européen après Nice par Jean-Louis Quermonne
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2001 (PF, 647 Ko)

Le Legitimacy of European Governance: the Need for a Process-Based Approach
Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2001 (PDF, 163 Ko)


2000

The National Co-ordination of EU Policy: Must Europeanisation Mean Convergence? par Hussein Kassin, 
Cahiers européens de Sciences Po, n° 05/2000 (PDF, 268 Ko)

The Development of National, Subnational and European Identities in European Countries par Elisabeth Dupoirier, Béatrice Roy et Marie Lecerf
Cahiers européens de Sciences Po, n° 04/2000 (PDF, 262 Ko)

L'Elargissement de l'Union Européenne: A qui, quand, avec quelles réformes préalables? par Françoise de la Serre
Cahiers européens de Sciences Po, n° 03/2000 (PDF, 344 Ko)

L'intégration européenne vue par l'approche cognitive et normative des politiques publiques par Yves Surel
Cahiers européens de Sciences Po, n° 02/2000 (PDF, 375 Ko)

Quis custodes custodiet? La Banque centrale européenne, entre indépendance et responsabilité par Paul Magnette
Cahiers européens de Sciences Po, n° 01/2000 (PDF, 522 Ko)