Sara Casella Colombeau

Docteure en science politique, qualifiée dans les sections 04 et 19
Chercheure post-doctorante

EHESS – Institut Convergences Migrations

Sara Casella Colombeau a soutenu en 2013 à Sciences Po une thèse consacrée à l’histoire de la police aux frontières en France depuis les années 1950 et à ses transformations lors de la création de l’espace Schengen.

Sara Casella Colombeau a ensuite occupé plusieurs postes de chercheure postdoctorante à l’Université de Montréal, au sein du Centre international de criminologie comparée ; à Aix-Marseille-Université, dans le cadre du LabexMed, accueillie par le Lames (Laboratoire Européen de Sociologie); puis à l’Université d’Édimbourg (dans le cadre du projet de recherche “Seing illegal immigrants : State Monitoring and Political Rationality”).

Sara Casella Colombeau est actuellement chercheuse postdoctorante à l’Institut Convergences Migrations, coordinatrice scientifique du département POLICY/Politique.

Sara Casella Colombeau travaille actuellement sur un projet de recherche comparatif, intitulé « Seeing Illegal Immigrants » et codirigé par Christina Boswell (Professeure -  Université d’Édimbourg) et Emile Chabal (Chancellor's Fellow in History - Université d’Édimbourg). Ce projet a pour objectif de rendre compte des logiques de surveillance et de contrôle des étrangers en situation irrégulière dans trois États : le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, en concentrant les analyses sur deux périodes, les années 1970 et 1990. Si la littérature a déjà mis en lumière la construction de l’immigration comme un problème à cette époque, peu de travaux se sont penchés sur l’émergence d’une problématisation de la « clandestinité » ou de l’« irrégularité » des étrangers. Cette question est explorée notamment en lien avec l’émergence d’une législation sur le travail clandestin dans les années 1990, avec l’apparition du critère de la régularité dans l’accès à la protection sociale.

Intérêts de recherche

  • action publique, analyse multiniveaux, changement institutionnel, sociologie de l’administration, sociologie historique de l’État
  • politique migratoire, contrôle frontalier
  • construction européenne, interaction entre niveaux
  • sociologie de la déviance, police, frontières et contrôle frontalier, criminalisation de l’immigration et des mobilités, fichage et technologie de la traçabilité
  • sociologie des acteurs de la mise en œuvre, sociologie des professions

Projets de recherche menés dans le cadre de cette association au CEE

Sara Casella Colombeauété impliquée à partir du début de sa thèse dans la coordination d’un groupe de travail « Nation, Europe, Monde » (NEM) avec Florence Haegel et Bruno Palier. Il s’agissait de rassembler les membres du laboratoire, quel que soit leur statut et d’adopter un cadre théorique commun afin de faire dialoguer les travaux de sociologie de l’action publique et de sociologie politique. C’est le cadre théorique néo-rokkaniens (Bartolini, Ferrera, Manow, Caramani, Kriesi, etc.) qui a paru le plus adéquat. Ces auteurs étudient la construction européenne grâce à un modèle théorique, élaboré par Stein Rokkan pour comprendre les transformations des État-nations.

Ces réflexions ont également porté sur les effets des crises politiques récentes. Sara a ainsi développé une analyse de la réponse des institutions européennes et des États membres face à la « crise migratoire » de 2015-2016 lors d’une présentation au séminaire général du centre en janvier 2017. Les échecs en matière de répartition des demandeurs d’asile sur le territoire européen pourrait masquer un renforcement important du « centre politique » européen en matière de contrôle migratoire, perceptible par le renforcement d’agence existante (nouveau règlement de Frontex), par la mise en place de nouveaux instruments de tri des migrants (ouverture des hotspots en Grèce et en Italie), et par la mise en œuvre effective de mesures anciennes, la prise d’empreintes des étrangers franchissant irrégulièrement les frontières de l’UE, condition indispensable à la répartition des demandeurs d’asile sur le territoire européen, au titre du règlement Dublin.

Dans ce cadre Sara Casella Colombeau a également contribué à un working paper, co-rédigé avec Tommaso Vitale, portant sur les restrictions à la circulation des Bulgares et des Roumains sur le territoire européen. Cette collaboration a été l’occasion d’approfondir des réflexions élaborées dans sa thèse sur les modalités de la définition d’une libre circulation des personnes au niveau européen et sa compréhension des interactions et parfois contradictions entre la régulation de la circulation des individus par les centres politiques nationaux (les États membres) ou européen (UE). Il s’agit d’analyser les formes de limitation à la mobilité de ces ressortissants européens par la France et l’Italie via une restriction à l’accès au marché du travail.

Au-delà de ce projet, Sara Casella Colombeau a récemment été recrutée comme chercheuse postdoctorante et coordinatrice scientifique du département Policy de l’Institut Convergences migrations auquel le centre d’études européennes de Sciences Politique est étroitement associé et au sein duquel sont impliqués plusieurs membres du laboratoire.

Pour en savoir plus

sara.casella.colombeau@gmail.com

Les publications de Sara Casella Colombeau sont sur Academia et Research Gate

 

 

	

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