Explorer quelques comparaisons – présidentielles 2017, 1er tour, 3/3

Sixième article profitant de l’actualité électorale pour distiller quelques tuyaux cartographiques. Après avoir précédemment considéré les fructueuses déformations que proposent les cartogrammes, revenons à des représentations plus traditionnelles afin d’expérimenter quelques pistes dans Khartis. On propose maintenant de dépasser la seule visualisation brute des résultats d’un candidat en opérant quelques calculs et combinaisons simples.

D’abord, toujours rappeler le niveau

Avant de calculer et de représenter des évolutions, il est opportun d’indiquer au préalable un ordre de grandeur ou un niveau. On peut prendre l’image bien connue du PIB : avant de comparer la « croissance » entre pays, il vaut mieux montrer les volumes respectifs. Il en est de même en géographie électorale : un candidat peut voir son score multiplié par 10 d’une élection à l’autre, si, au niveau national, il ne rassemble que quelques centaines de milliers de voix, son score restera inférieur à un candidat qui stagne à plusieurs millions de voix.

L’évolution dans le temps : ratio ou solde ?

L’option de comparer deux cartes, en échelle commune, à des dates différentes est souvent efficace mais les changements sont parfois subtils et deviennent invisibles par la seule comparaison de deux images. Il faut donc aller au delà et calculer ; ce que quelques opérations simples dans un tableur permettent généralement. Continuer la lecture de Explorer quelques comparaisons – présidentielles 2017, 1er tour, 3/3

Visualiser le résultat des candidats – présidentielles 2017, 1er tour, 1/3

Après trois premiers articles à la fois méthodologiques, appliqués et historiques (sur le maillage territorial, les résultats de 2012 et l’abstention), ce quatrième billet poursuit avec la même approche sur les résultats du premier tour de la présidentielle de 2012.

Trois graphiques en forme de résultat

On conserve la proposition formulée dans l’article précédent en considérant comme base 100 le nombre d’inscrits, et non celui des votants, ce qui permet d’incorporer l’abstention. Rappelons que les individus inscrits mais qui ne sont pas allés voter – les « abstentionnistes » donc – sont plus nombreux que les voix recueillies par le candidat arrivé en tête, Emmanuel Macron.

De manière assez classique, le résultat au niveau national peut être visualisé sous forme d’un diagramme en barres. Si le traitement paraît simple, il faut rester vigilant au tri (l’ordre des barres). L’efficacité de l’image finale en dépend.

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L’abstention, 1965-2012 – en attendant le premier tour, 3/3

L’abstention est régulièrement citée par les spécialistes comme un des “premiers partis de France”. Dans ce troisième article, après avoir abordé le maillage territorial du vote puis les résultats de 2012, nous explorons la notion d’abstention. Dans ce dernier article de la séquence d’avant le premier tour (2017), davantage graphique et moins littéraire, nous pointons la question de la délimitation de l’abstention puis ses dimensions historiques et géographiques.

Imbrication des individus et des comportements

Resituons l’abstention au sein des comportement électoraux en partant de la population initiale, les individus qui ont le droit de voter.

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Retour sur les résultats de 2012 – en attendant le premier tour, 2/3

Après avoir introduit les unités géographiques électorales que sont les circonscriptions législatives, abordons les deux familles classiques de visualisations des données à partir des résultats de la présidentielle de 2012. Khartis permet ces représentations.

Récupérer les données

Elles sont notamment diffusées par le CDSP de Sciences Po. On peut les télécharger sur la plateforme data.gouv, dans un format csv, puis les utiliser telles quelles dans Khartis.

On peut aussi ouvrir l’appli et charger le projet correspondant dans lequel les données sont précédemment chargées et une visualisation déjà proposée :

>> projet khartis

Types de données/visualisation

À l’issue du dépouillement du vote, les données obtenues sont brutes : ce sont des nombres de voix. Par calcul, ils sont ensuite transformés en ratio en les divisant par le nombre de votes exprimés et deviennent alors des parts (exprimées en % des votants). Dans le tableau, ces deux types de données correspondent aux colonnes intitulées “voix” et “%”.

Pour les visualiser, les nombres sont idéalement montrés par des points proportionnels (la taille varie) alors que les parts le sont plutôt par des dégradés de couleur (la valeur varie). Continuer la lecture de Retour sur les résultats de 2012 – en attendant le premier tour, 2/3

Le maillage territorial du vote – en attendant le premier tour, 1/3

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’Atelier de cartographie de Sciences Po propose de brefs articles autour de la dimension cartographique de ce sujet. Cela permet d’éclairer certains points méthodologiques, de proposer des données et des fonds de cartes ainsi que de suggérer des usages immédiats avec Khartis.

Le premier article porte sur le matériel préalable à toute cartographie électorale : les unités géographiques du vote. Elles sont importantes puisqu’elles conditionnent la structure du fond de carte et des données.

 

Bureaux, circonscriptions, départements et nation

Le résultat de l’élection présidentielle s’applique au niveau national, le territoire français constituant alors l’unique circonscription. À des fins d’analyse, on peut avantageusement jouer avec les échelles dont les différents niveaux “s’emboîtent” géographiquement. Les voix ne sont comptabilisées qu’à l’échelon le plus fin, celui des bureaux de vote. Le résultat national résulte donc d’une vaste somme des étages inférieurs.


>> fichier original en svg (circonscriptions et départements).

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On parle de nous …

Le magazine Décryptagéo, observateur singulier et attentif de l’actualité de l’information géographique sous toutes ses formes, a relayé les travaux de l’Atelier à deux occasions, en février :

+  Dans le numéro 184 du Mag, le reportage « La carte ça sert d’abord à faire la guerre » (accès réservé aux abonnés) revient sur les cartes que la CIA diffusées à l’occasion de ses 75 ans. Quatre géographes, dont Benoît Martin, proposent un regard croisé. Ils abordent notamment les différents usages cartographiques de la CIA, quelques épisodes de la guerre froide décryptés à travers des exemples de cartes ou encore le style graphique propre à l’agence américaine.

+ L’article « Cartographie pour les nuls : place aux labos ! » (accès aussi réservé aux abonnés) recense deux applications de cartographie, en ligne et gratuites, récemment lancées : d’une part Khartis, conçu par l’Atelier de cartographie de concert avec le Médialab de Sciences Po et développé par Apyx et, d’autre part Magrit, développé par l’UMS RIATE. Les deux « produits plein d’avenir » s’avèrent complémentaires. Le premier insiste sur l’ergonomie et la facilité d’utilisation, tout en proposant des paramétrages puissants (géocodage, choix des projections, réglage fin des visualisations, etc.) alors que le second, qui s’adresse davantage à des utilisateurs expérimentés, propose un large choix de représentations dont certaines habituellement réservés à des logiciels plus ardus (lissages, carroyages, flux, anamorphoses, etc.).

Khartis, application de cartographie thématique

L’Atelier de cartographie de Sciences Po présente une première version de Khartis, une application en ligne de cartographie thématique.

Créez une carte thématique en 3 étapes :
1. Importez vos données à partir d’un simple copier-coller depuis votre tableur.
2. Explorez vos données avec 4 types de visualisations simples et éprouvées.
3. Ajustez l’habillage de votre carte et exportez enfin votre image.

Ses atouts : un géoréférencement automatique des données, un choix de 9 projections paramétrables, une manipulation qui laisse la part à l’exploration des données et enfin une exportation de l’image possible dans 2 formats standards (svg et png).

Khartis est un projet open source. Le code et la documentation sont disponibles sur GitHub.
Il n’est pas indispensable d’être développeur pour contribuer au projet, vous pouvez voter, soumettre des idées en ligne, ou aussi nous écrire à carto[at]sciencespo.fr.

L’application est disponible à cette adresse : sciencespo.fr/cartographie/khartis.

Alors lancez-vous et n’hésitez-pas à nous retourner des bugs à corriger !

Photo :
guteksk7/Shutterstock