L’abstention, 1965-2012 – en attendant le premier tour, 3/3

L’abstention est régulièrement citée par les spécialistes comme un des “premiers partis de France”. Dans ce troisième article, après avoir abordé le maillage territorial du vote puis les résultats de 2012, nous explorons la notion d’abstention. Dans ce dernier article de la séquence d’avant le premier tour (2017), davantage graphique et moins littéraire, nous pointons la question de la délimitation de l’abstention puis ses dimensions historiques et géographiques.

Imbrication des individus et des comportements

Resituons l’abstention au sein des comportement électoraux en partant de la population initiale, les individus qui ont le droit de voter.

Ce premier graphique amène des questions importantes en matière d’unités. Si les voix accordées aux candidats sont souvent exprimées en % des votes exprimés (la base 100 équivaut aux 35,9 millions, soit carré gris du diagramme précédent), l’abstention est généralement rapportée au nombre d’inscrits sur les listes électorales (100 % correspond alors aux 46 millions). Il est donc impératif de ne pas comparer les % des voix pour les candidats à celui de l’abstention, les bases 100 ne renvoient pas aux mêmes populations.

En revanche, il est possible de comparer les nombres absolus. Et dès lors que l’on intégre l’abstention, les non inscrits et les votes blancs et nuls, la physionomie du classement issue du premier tour de 2012 change considérablement :

L’abstention aux présidentielles depuis 1965

Ces deux dimensions de l’abstention (la magnitude et la part) peuvent être visualisées en mobilisant des objets graphiques propres. On peut alors remarquer que malgré un taux d’abstention au premier tour de 2002 supérieur de 8 points à celui de 2012, le nombre d’abstentionnistes est plus important lors de cette dernière élection.

La géographie de l’abstention en 2012

Carte de l'absention au 1er tour de la présidentielle de 2012

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