Les différents exercices de cartes en Espace mondial

Cette section décrit brièvement la nature et les attentes des trois principaux exercices cartographiques en Espace mondial.
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La synthèse “Lire et faire des cartes” propose aussi des informations utiles.

Commenter une carte

À l’examen final, le commentaire de carte compte pour 5 points (sur 20) de la note. Le document à commenter est lié au thème de la dissertation. Le texte à rédiger est court, moins de deux pages.

En s’appuyant sur ses connaissances et en étudiant soigneusement la carte, l’étudiant doit confirmer, compléter, nuancer ou réfuter le message que véhicule la carte. Pour cela, il faut interpréter la géographie du (des) phénomène(s) représenté(s) mais également prendre en compte l’auteur du document, les sources et les traitements graphiques qu’il a décidé d’utiliser. Il est aussi attendu de vous une distance critique qui vous permet de suggérer des améliorations ou de proposer des documents complémentaires en expliquant en quoi ils sont pertinents. À l’examen, ces documents complémentaires sont décrits ; en conférence de méthode, ils peuvent être joints. Continuer la lecture de Les différents exercices de cartes en Espace mondial

Type de cartes en Espace mondial

Cette section caractérise le type de cartes utilisées ou à réaliser en Espace mondial.
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En Espace mondial, les cartes s’apparentent :

• aux cartes dites “de synthèse”, car elles combinent plusieurs informations pour montrer la pluralité d’une question et elles résument les grandes tendances de votre sujet ;

• aux cartes dites “géopolitiques” en représentant les acteurs, leurs interactions et les territoires concernés ;

• dans une moindre mesure aux “croquis géographiques” de classe terminale de lycée en France, à deux différences près : a. aucun concept n’est utilisé sans être explicité ou déconstruit (“triade”, “dorsale européenne”, etc.) et, b. la légende ne nécessite pas une structure aussi lourde (parties, sous-parties voire sous-sous-parties). En Espace mondial, la géographie (la carte) prime sur la nomenclature (la légende).

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Rechercher des informations pour cartographier en Espace mondial

Cette section indique le type d’informations à rassembler et quelques ressources disponibles pour faire des cartes en Espace mondial.
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Que chercher ?

Des informations générales – Avant de rechercher des informations à cartographier il faut d’abord définir le sujet (termes, périmètre, etc.) de la même manière que pour un exposé ou une dissertation. Il est donc utile de faire une recherche documentaire classique (ouvrages, presse, dictionnaires, reportages, etc.).

Des données factuelles et statistiques – Collecter des données brutes auprès des acteurs qui les produisent permet de les choisir finement (indicateur, unité, période, etc.) en fonction de ce que l’on veut montrer. La plupart des bases de données en ligne sont bien référencées, permettent d’explorer/télécharger des séries voire de faire des cartes automatiques. Voir à ce sujet le kit méthodologique dédié du Collège universitaire. Continuer la lecture de Rechercher des informations pour cartographier en Espace mondial

Réaliser une carte en Espace mondial

Cette section explique les étapes pour réaliser des cartes en Espace mondial.
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Choisir un fond de carte

Cadrage – Il convient de le choisir avec soin : un cadrage resserré permet une meilleure précision géographique mais exclu des zones du sujet. Le cadrage oriente directement les informations représentées et donc la réponse au sujet. Par exemple, “la puissance chinoise” traitée à une échelle asiatique suggère que sa portée est régionale alors qu’un cadrage mondial propose une influence mondiale.

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Un exemple de sujet de carte en Espace mondial

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Sujet : “faim et mondialisation”.

Cet exemple sert à illustrer la mise en oeuvre des étapes méthodologiques précédemment expliquées. Dès lors, cette carte ne constitue pas “la” carte idéale répondant à ce sujet : d’autres informations ou d’autres représentations auraient pu être choisies.

 

– ENGLISH VERSION –

AN EXAMPLE OF MAP SUBJECT
IN
ESPACE MONDIAL

Subject: “hunger and globalization”.

This example illustrates the implementation of the methodological steps previously explained. Therefore, this map doesn’t provide “the” unique ideal map answering this subject: other information or other visualizations could have been chosen.

Communication sur les bases de données des migrations et leurs visualisations

La visualisation des migrations propose des défis stimulants et sans-cesse renouvelés. L’Atelier de cartographie y accorde d’ailleurs une place prééminente en se frottant régulièrement à l’exercice.

Le 3e congrès international OBSERVARE (Observatório de relações exteriores, de l’Université autonome de Lisbonne) s’est déroulé du 17 au 19 mai 2017 sur le site distingué de la Fundação Calouste Gulbenkian. L’événement avait pour thème Au delà des frontières : individus, espaces, idées. Il alternait des sessions plénières – on retiendra notamment l’intervention salutaire de Saskia Sassen, “The Rise of Extractive Logics: Who Owns the City?” – avec de nombreuses sessions thématiques.

Dans la veine de ses recherches en cours mêlant relations internationales, sociologie des quantifications et traductions (carto)graphiques, Benoît Martin a pu présenter quelques premières pistes sur le thème des migrations internationales . L’approche hybride consiste à comparer les bases des données existantes, à en présenter plusieurs mises en cartes, puis à identifier les principaux défis que les traitements soulèvent.

Documents et liens :
– Le diaporama de la communication (en portugais).
– Des informations sur le congrès :  en anglais ou en portugais.
– Le lieu, délicieux : la Fundação Calouste Gulbenkian (musée, bibliothèque, jardin, salle de spectacle, etc.).

Photo : entrée du musée (bâtiment de la collection classique)
Crédit : Benoît Martin

Lire et faire des cartes

Cette section s’inscrit dans les savoir-faire méthodologiques du collège universitaire. Voir aussi les autres ressources “lire, analyser et produire des textes, données et images“. 

Une version composée avec les illustrations est disponible dans une présentation (pdf).

Nous vivons dans un monde d’images dont le volume et la diffusion sont en croissance rapide (révolution internet/réseaux sociaux, montée du big data, applications plus accessibles, etc.)

Par « traitement graphique des données » on entend l’ensemble des opérations qui transforment des informations « lues » (textes, nombres) en images « vues » (cartes, diagrammes, schémas).

Ces traitements ne sont pas l’exclusivité d’une discipline (la géographie), ni d’une profession (les cartographes), comme en témoigne l’essor du datajournalisme et des dataviz.

Ces visualisations sont une interprétation de la réalité. Elles résultent d’une série de choix, opérés par leur auteur et qu’il faut connaître.

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Recherche et usage des statistiques sur l’international et le mondial

Cette section s’inscrit dans les savoir-faire méthodologiques du collège universitaire. Voir aussi les autres ressources “lire, analyser et produire des textes, données et images“. 

Remarques préalables

• Les « données » (tableaux de statistiques, data, big data) font aujourd’hui partie des outils d’analyse des chercheurs en sciences sociales (saisir une réalité sociale par des chiffres), des experts et des concepteurs de politiques publiques (gouverner en s’appuyant sur les données). Facilement accessibles elles sont également utilisées pour l’information, la communication et la vulgarisation auprès du grand public.

• Face à cette prolifération d’accès et d’usage, il est nécessaire d’être vigilant et de mettre en place de bons réflexes d’analyse critique. En effet, ces données ne sont pas la réalité et n’ont que l’apparence de la neutralité. Il s’agit de constructions complexes, issues de chaînes de production parfois longues et qui impliquent des auteurs variés.

• Les données sur l’international sont majoritairement construites par agrégation de statistiques nationales, rares sont celles qui ont été initiées à un niveau international (comme l’IDH du PNUD- créé en 1990). Si les Organisations internationales – avec les contraintes liées à leur fonctionnement interétatique) restent les principales productrices de données, bien que les ONG construisent des indicateurs pour défendre leur cause, et les centres de recherche et think tanks développent leur expertise en s’appuyant sur des indicateurs qu’ils construisent. Ces auteurs/acteurs statistiques peuvent coopérer ou être en concurrence. Dans tous les cas, ces données « inter-nationales » peinent encore à rendre compte de façon fine des enjeux véritablement mondiaux et transnationaux.

• Les choix de définitions, d’unités de mesure, de méthodes d’homogénéisation, de pondérations, d’agrégation, de construction de modèles statistiques… doivent donc être analysés avec précision en amont de l’utilisation des données. Il s’agit alors de les considérer à la lumière de leurs auteurs, du contexte de leur conception, de leur production et de leurs usages (institutionnel, politique, idéologique et technique).

• Au cours des 3 années de formation au Collège universitaire, les données quantitatives sur l’international se rencontrent dans trois types de situations :
– chercher et traiter des données quantitatives pour démontrer/vérifier/illustrer,
– trouver des données quantitatives au cours de lectures de tous types,
– construire un tableau avec ses propres données.

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Explorer quelques comparaisons – présidentielles 2017, 1er tour, 3/3

Sixième article profitant de l’actualité électorale pour distiller quelques tuyaux cartographiques. Après avoir précédemment considéré les fructueuses déformations que proposent les cartogrammes, revenons à des représentations plus traditionnelles afin d’expérimenter quelques pistes dans Khartis. On propose maintenant de dépasser la seule visualisation brute des résultats d’un candidat en opérant quelques calculs et combinaisons simples.

D’abord, toujours rappeler le niveau

Avant de calculer et de représenter des évolutions, il est opportun d’indiquer au préalable un ordre de grandeur ou un niveau. On peut prendre l’image bien connue du PIB : avant de comparer la “croissance” entre pays, il vaut mieux montrer les volumes respectifs. Il en est de même en géographie électorale : un candidat peut voir son score multiplié par 10 d’une élection à l’autre, si, au niveau national, il ne rassemble que quelques centaines de milliers de voix, son score restera inférieur à un candidat qui stagne à plusieurs millions de voix.

L’évolution dans le temps : ratio ou solde ?

L’option de comparer deux cartes, en échelle commune, à des dates différentes est souvent efficace mais les changements sont parfois subtils et deviennent invisibles par la seule comparaison de deux images. Il faut donc aller au delà et calculer ; ce que quelques opérations simples dans un tableur permettent généralement. Continuer la lecture de Explorer quelques comparaisons – présidentielles 2017, 1er tour, 3/3

La “forme” des cartes – présidentielles 2017, 1er tour, 2/3

Après avoir envisagé quelques options de tris du résultat national du premier tour, revenons dans ce cinquième article sur la “forme” des cartes. On distingue là celles qui utilisent un fond de carte euclidien classique des cartogrammes, ces images déformées – voire difformes selon les cas. Elles s’avèrent très intéressantes pour montrer des résultats électoraux.

Déformer selon les données

On observe une production grandissante des cartogrammes depuis les années 2000, notamment grâce aux travaux féconds de Jacques Lévy, grand promoteur de ces images. Plusieurs logiciels et applications proposent désormais de telles représentations, la référence (libre) demeure Scapetoad.

Sur la forme, les cartogrammes sont spectaculaires : les unités géographiques se voient “gonflées” ou “dégonflées” en fonction des données. Les valeurs fortes donnent l’impression de régions obèses, prêtes à éclater, quand d’autres apparaissent décharnées.

Ce qui compte, c’est donc la proportionnalité des entités géographiques elles-mêmes (la taille varie). Voici une première planche qui montre une géographie des communes françaises selon le nombre de voix obtenues par les quatre premiers candidats et l’abstention, au premier tour de la présidentielle de 2017. Continuer la lecture de La “forme” des cartes – présidentielles 2017, 1er tour, 2/3