"Il manque un débat de fond pour savoir ce qui est acceptable pour un candidat"

La présidentielle vue par nos étudiants internationaux
  • Lukas Hochscheidt in Paris ©Sciences PoLukas Hochscheidt in Paris ©Sciences Po

“Renouvellement”, “éthique”, “système”... jusqu'au second tour de la présidentielle, les étudiants internationaux du Collège universitaire (le 1er cycle de Sciences Po) prennent la parole dans Paris Match sur un mot qui compte pour eux en politique. Lukas Hochscheidt, 19 ans, étudiant allemand en double diplôme avec la Freie Universität Berlin sur le campus de Nancy a choisi de commenter le mot “éthique”. Il nous explique pourquoi.

#LePoidsdesMotsParis Match a analysé plus d'un million de mots prononcés par les prétendants à l’Elysée, et propose un moteur de recherche et des analyses sur "ce que les candidats disent". C'est dans le cadre de ce projet que les étudiants internationaux de Sciences Po apportent, chaque semaine, un regard extérieur sur la campagne. 

Quel regard portez-vous sur la campagne présidentielle française ?

Lukas Hochscheidt :

Pour un Allemand, la campagne présidentielle est une expérience assez étrange : les scandales et les révélations des semaines passées auraient eu des conséquences très différentes en Allemagne. M. Fillon, par exemple, aurait certainement dû démissionner après sa mise en examen ; de même pour Marine Le Pen qui refuse de suivre sa convocation au commissariat. Les Allemands sont, à travers leur histoire, très attachés à l'intégrité morale de leurs représentants ; un candidat à la chancellerie engagé dans une affaire judiciaire, c'est complètement inconcevable !

Pourquoi avoir choisi le mot éthique ?

L. H. :

Parce que je crois que la question de l'éthique n'est pas assez posée à l'égard de toutes les affaires qui se sont produites depuis le début de la campagne. Les candidats concernés essaient de culpabiliser la justice et les médias, les analystes renvoient souvent vers la présomption d'innocence et beaucoup d'électeurs estiment que, de toute façon, ils sont "tous pourris" à la tête de l'État. Ce qui manque, c'est un débat de fond autour de la question de savoir ce qui est acceptable ou pas si l'on se présente aux élections présidentielles. Personnellement, je crois qu'un prétendant à la présidence devrait être doublement irréprochable : juridiquement et moralement. Un casier judiciaire vierge ne suffit pas pour remplir les deux critères.

Que vous apporte à titre personnel mais aussi dans le cadre de vos études cette collaboration avec un média ?

L. H. : 

C'était la première fois que je participais à un tel projet et je suis très content de l'avoir fait : le suivi de mon projet de rédaction de la part de Paris Match m'a beaucoup aidé à mettre en valeur mes idées pour rédiger un article cohérent et intéressant. Même si mon projet professionnel ne m’oriente pas vers le journalisme, les médias sont un acteur très important de la vie publique auquel j'aurai certainement affaire un jour, peu importe dans quel domaine je travaillerai. Cette collaboration m'a permis de découvrir le travail journalistique d'un autre point de vue, et je vais en garder un très bon souvenir.

Pour aller plus loin

Tout savoir sur le projet "Le poids des mots"

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