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Censure et cinéma
un tour du monde
Religion

Bibliographie
illustrée

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Baromètre

Cotation de l'USCCB (Etats-Unis)

Irréversible
(G. Noé, 2002, France) :
[not rated]

Pirates of the Caribbean
(G. Verbinski, 2003, Etats-Unis) :
AII (pour adultes et adolescents)

Der Untergang
(O. Hirschbiegel, 2004, Allemagne) :
AIII (pour adultes)

The Da Vinci Code
(R. Howard, 2006, Etats-Unis) :
O (moralement choquant)

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Liens

Vatican : Instruction de la Sacrée congrégation des religieux concernant l'apostolat par le film (1953)

SIGNIS Association catholique mondiale pour la communication

7e conférence annuelle Europa Cinémas (Paris, 2002)
"Cinéma et jeune public : éducation, protection et censure"

CANADA

Campbell, Michel M.
Religion et cinéma

COLOMBIE

Castillo, Orielly Simanca
La censura católica al cine en Medellín (1936-1955) : una perspectiva de la Iglesia frente a los medios de comunicación

ETATS-UNIS

United States Conference of Catholic Bishops : Office for Film and Broadcasting

  • DVD censurés

CleanFlicks : movies you can trust

The battle between CleanFlicks and the directors Guild of America

  • Critiques de films

The CAP movie ministry

Christian spotlight on entertainment

  • Histoire

Heins, Marjorie
The Miracle : Film Censorship and the Entanglement of Church and State

FRANCE

Jean Benoît-Lévy (site officiel)

Roelens, Nathalie
Deux croix censurées : la connotation religieuse dans l’affiche de cinéma

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Chronologie

1909
Un décret du cardinal Respighi, évêque de Rome, interdit aux prêtres l’entrée des salles.

1911
France : le cardinal Coullié, archevêque de Lyon, participe à une manifestation contre le cinéma.

1913
Pie XI interdit les projections dans les églises et les contenus religieux dans les films
Ouverture au Vatican du cinéma pontifical réservé aux membres du clergé

1926
Milan : création du Consortium des usagers pour la cinématographie éducative (CUCE) qui classe les films projetés dans les salles catholiques

1927
Prov. du Québec : par lettre pastorale, interdiction est faite aux catholiques d’aller au cinéma le dimanche ; après l'incendie du Laurier-Palace, les enfants sont interdits dans les salles.

1928
Création de l'Office catholique international du cinéma (OCIC)
URSS : loi visant à interdire certains films aux –16 ans

1930
Hollywood : "Code Hays" rédigé par le catholique M. Quigley et le père jésuite D. Lord

1933
Etats-Unis : fondation de la Catholic Legion of Decency (CLOD)

1934
Etats-Unis : la CLOD devient la National Legion of Decency (NLOD)
France : la Centrale catholique du cinema (CCC) cote les films
Italie : le Centro cattolico cinematografico cote les films

1936
Encyclique "Vigilanti Cura" de Pie XI
Brésil : un service de l’Action catholique cote les films

1939
Le Code de la famille établit en droit français le principe de la protection morale de la jeunesse

1947
Etats-Unis : fondation par des organisations juives du Motion Picture Project

1954
Vatican : création d’une commission permanente chargée des problèmes du cinéma, de la radio et de la télévision en rapport avec la foi et la morale

1957
Encyclique "Miranda Prorsus" de Pie XII

1959
La CCC devient l’Office catholique français du cinéma (OCFC)

1965
Etats-Unis : la NLOD devient le National Catholic Office of Motion Pictures

1967
Prov. du Québec : les enfants sont autorisés dans les salles
Hollywood : dissolution du Jewish Advisory Committee

1971
France : les Eglises catholique et protestante critiquent la cotation de la MPAA

1972
Paris : l’OCFC assouplit sa cotation morale des films (la mention "à ne pas voir" est supprimée)

1980
L’OCIC devient l’Organisation catholique internationale du cinéma et de l’audiovisuel

1982
France : l'OCFC devient Chrétiens-Médias

 

L'influence pernicieuse du cinéma, en particulier sur le jeune public, est dénoncée dès les années 1900. Le cinéma à ses débuts n'est qu'un divertissement populaire, de qualité médiocre. De plus, la promiscuité des salles obscures inquiète les autorités catholiques : le mauvais exemple n’est pas que sur l’écran, il est aussi dans la salle. Les études menées par le Payne Fund aux Etats-Unis confirmeront au début des années 1930 que les films influencent le comportement des enfants.

L’intervention de l’Etat est réclamée, pour protéger les citoyens et surtout leurs enfants. Pour s’en défendre, les professionnels se réunissent en associations (la Ligue du cinématographe fondée à Paris en 1917) ou sont contraints d’accepter un code de bonne conduite, comme aux Etats-Unis le Code Hays, rédigé par des religieux et adopté bon gré mal gré par Hollywood après les scandales de mœurs des années 1920.

Garantir la moralité des films, tel est l'objectif. Pour désarmer les censeurs, on tente de changer l’image du cinéma, qui deviendrait le vecteur, non plus de la dépravation, mais de l’éducation et de l’élévation du public. Industrie et Eglise rivalisent d'actions :
- amélioration de la qualité des productions (la société Le Film d’Art, née en 1908) ;
- cinéma éducatif (dont Jean Benoît-Lévy est un des pionniers en France) ;
- films produits par l’Eglise et diffusés dans un réseau de salles catholiques ("Pastor Angelicus" de R. Marcellini, sur la vie de Pie XII, produit en 1942 par le Centre cinématographique catholique italien).

La censure des films restera cependant le principal mode d'intervention des autorités religieuses. Dans certains pays (Irlande, Nouvelle-Zélande, Canada…), la censure a été exercée officiellement par des religieux. Ailleurs, des ecclésiastiques ont fait partie des commissions de censure ou ont pris sur eux de l’exercer, comme le curé du film de G. Tornatore, "Cinema paradiso" (1988, Italie).

L'organisation de la censure religieuse se fait dans les années 1930, avec la création de structures nationales spécialisées dans l’attribution de cotes morales aux films nationaux et importés.

La National Legion of Decency est fondée aux Etats-Unis en 1933. A ses débuts, elle signale juste aux fidèles les films à proscrire (C, condemned, de 1933 à 1978). A partir de 1968, son successeur, le National Catholic Office for Motion Pictures, attribuera des cotes souvent beaucoup plus sévères que celles de la MPAA.
En 1936, dans l’encyclique "Vigilanti Cura", Pie XI salue "l’œuvre splendide de l’épiscopat américain". D’autres Centres cinématographiques catholiques nationaux se créent (dont bien sûr en Italie), qui coteront et, le cas échéant, condamneront les films.

Cotes morales attribuées en France en 1950 par la Centrale catholique du cinéma :
- 3 (enfants même non accompagnés)
- 3bis (familles)
- 4 (adultes)
- 4a (adultes avertis)
- 4bis (à déconseiller)
- 5 (à proscrire : par discipline chrétienne, il est demandé de s'abstenir de voir ce film).

Du milieu éducatif émaneront aussi quelques cas de classifications. La Ligue de l'enseignement crée en 1933 l'UFOCEL, Union française des offices du cinéma éducateur laïque. L'UFOCEL projette des films en milieu scolaire et rédige à l'intention des enseignants des fiches d'information qui portent entre autres sur la valeur morale des films.

Les films à sujet religieux motivent bien sûr une censure religieuse particulièrement attentive. L’opposition de l’Eglise à ces films est à la fois bénéfique (publicité) et handicapante (manifestations parfois violentes). Quelques unes des plus importantes controverses récentes autour de films censurés ou menacés de censure sont d’origine religieuse : "La dernière tentation du Christ" de M. Scorcese, "Das Gespenst" de H. Achtenbusch (1983) en Allemagne et Autriche, "La Passion du Christ" de M. Gibson (2004).

La censure religieuse, comme les autres, évolue cependant avec le temps. En 1995, la liste des "grands films", établie par le Vatican pour le centenaire du cinéma, comprenait notamment "Intolerance" de D.W. Griffith (1916) et "La passion de Jeanne d’Arc" de C.T. Dreyer (1927), deux films en leur temps censurés pour raisons religieuses.

Cotes attribuées aujourd'hui aux Etats-Unis par l’USCCB (United States Conference of Catholic Bishops) :
- AI (general patronage)
- AII (adults and adolescents)
- AIII (adults)
- L (limited adult audience)
- O (morally offensive).

Sur la censure religieuse musulmane, voir Afrique, Asie et Moyen-Orient.
Sur le film "La Religieuse", voir France.

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Bibliothèque de Sciences Po